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Soit nn un entier naturel non nul et pp un entier tel que 0≤p≤n0 \leq p \leq n.

On considère une suite de matrices (Ak)k∈N(A_k)_{k \in \mathbb{N}} de Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}) convergeant vers une matrice A∈Mn(C)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}).

On suppose que, pour tout entier k∈Nk \in \mathbb{N}, on a rg⁡(Ak)=p\operatorname{rg}(A_k) = p.

Montrer que le rang de la matrice limite AA vérifie l'inégalité :

rg⁡(A)≤p\operatorname{rg}(A) \leq p

1.

Utiliser la caractérisation du rang par les mineurs : une matrice est de rang inférieur ou égal à pp si et seulement si tous ses mineurs d'ordre p+1p+1 sont nuls.

2.

Un mineur est une fonction polynomiale des coefficients de la matrice, ce qui assure sa continuité.

Idées clés

•

Caractérisation du rang par l'annulation des mineurs.

•

Continuité des applications "mineurs" (fonctions polynomiales des coefficients).

•

Stabilité du passage à la limite pour les égalités larges.

Résolution.

Soit M∈Mn(C)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}). Rappelons qu'un mineur d'ordre rr de MM est le déterminant d'une sous-matrice carrée de taille r×rr \times r obtenue en conservant rr lignes et rr colonnes de MM.

D'après le cours sur le rang, on dispose de la caractérisation suivante :

rg⁡(M)≤p  ⟺  tous les mineurs d’ordre p+1 de M sont nuls\operatorname{rg}(M) \leq p \iff \text{tous les mineurs d'ordre } p+1 \text{ de } M \text{ sont nuls}

Soit σ=(i1,…,ip+1)\sigma = (i_1, \dots, i_{p+1}) un choix de p+1p+1 indices de lignes et τ=(j1,…,jp+1)\tau = (j_1, \dots, j_{p+1}) un choix de p+1p+1 indices de colonnes.

On note Δσ,τ(M)\Delta_{\sigma, \tau}(M) le mineur correspondant de la matrice MM.

L'application Δσ,τ:Mn(C)→C\Delta_{\sigma, \tau} : \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) \to \mathbb{C} est une fonction polynomiale des coefficients de la matrice.

En tant que telle, elle est continue sur Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}) muni de sa topologie d'espace vectoriel normé de dimension finie.

Par hypothèse, pour tout k∈Nk \in \mathbb{N}, on a rg⁡(Ak)=p\operatorname{rg}(A_k) = p, ce qui implique en particulier :

rg⁡(Ak)≤p\operatorname{rg}(A_k) \leq p

Ainsi, pour tout couple d'extractions (σ,τ)(\sigma, \tau) de taille p+1p+1, on a :

∀k∈N,Δσ,τ(Ak)=0\forall k \in \mathbb{N},   \Delta_{\sigma, \tau}(A_k) = 0

Puisque la suite (Ak)k∈N(A_k)_{k \in \mathbb{N}} converge vers AA et que l'application Δσ,τ\Delta_{\sigma, \tau} est continue, on peut passer à la limite dans l'égalité précédente :

Δσ,τ(A)=lim⁡k→+∞Δσ,τ(Ak)=0\Delta_{\sigma, \tau}(A) = \lim_{k \to +\infty} \Delta_{\sigma, \tau}(A_k) = 0

Ce raisonnement étant valable pour tous les mineurs d'ordre p+1p+1 de la matrice AA, on en déduit, par la caractérisation rappelée au début, que :

rg⁡(A)≤p\boxed{\operatorname{rg}(A) \leq p}

Le rang n'est pas une application continue ! On ne peut pas écrire lim⁡rg⁡(Ak)=rg⁡(lim⁡Ak)\lim \operatorname{rg}(A_k) = \operatorname{rg}(\lim A_k). L'exercice montre d'ailleurs que le rang peut "chuter" à la limite, mais jamais augmenter.