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On considère, pour tout couple de réels (a,b)∈R2(a, b) \in \mathbb{R}^2, la matrice suivante :

A=(a2ababb2aba2b2ababb2a2abb2ababa2)A = \begin{pmatrix} a^{2} & a b & a b & b^{2}
a b & a^{2} & b^{2} & a b
a b & b^{2} & a^{2} & a b
b^{2} & a b & a b & a^{2} \end{pmatrix}

L'objectif est de déterminer et de représenter graphiquement l'ensemble des couples (a,b)(a, b) tels que la suite de matrices (Am)m∈N(A^m)_{m \in \mathbb{N}} converge vers la matrice nulle.

1.

Remarquer que la matrice possède une structure de blocs de type (M1M2M2M1)\begin{pmatrix} M_1 & M_2
M_2 & M_1 \end{pmatrix}
avec M1,M2∈M2(R)M_1, M_2 \in \mathcal{M}_2(\mathbb{R}).

2.

Utiliser un changement de base par blocs pour réduire la matrice AA.

3.

Se ramener à l'étude du rayon spectral ρ(A)\rho(A) de la matrice AA. On rappelle qu'une matrice A∈Mn(R)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) vérifie Am→0A^m \to 0 si et seulement si toutes ses valeurs propres complexes sont de module strictement inférieur à 11.

4.

Pour la représentation graphique, simplifier les conditions obtenues sur aa et bb sous forme d'inégalités classiques.

Idées clés

•

Réduction par blocs d'une matrice symétrique par blocs.

•

Lien entre convergence de AmA^m et spectre Sp(A)\text{Sp}(A).

•

Condition sur le rayon spectral : ρ(A)<1\rho(A) < 1.

1. Réduction de la matrice AA.

On observe que la matrice AA peut s'écrire sous la forme :

A=(M1M2M2M1)avecM1=(a2ababa2) et M2=(abb2b2ab)A = \begin{pmatrix} M_1 & M_2
M_2 & M_1 \end{pmatrix}   \text{avec}   M_1 = \begin{pmatrix} a^2 & ab
ab & a^2 \end{pmatrix} \text{ et } M_2 = \begin{pmatrix} ab & b^2
b^2 & ab \end{pmatrix}

Introduisons la matrice de passage par blocs :

P=(I2I2−I2I2)P = \begin{pmatrix} I_2 & I_2
-I_2 & I_2 \end{pmatrix}

Par un calcul par blocs classique, on vérifie que AA est semblable à une matrice diagonale par blocs :

P−1AP=(M1−M200M1+M2)P^{-1} A P = \begin{pmatrix} M_1 - M_2 & 0
0 & M_1 + M_2 \end{pmatrix}

Ainsi, le spectre de AA est la réunion des spectres de M1−M2M_1 - M_2 et M1+M2M_1 + M_2.

2. Calcul des valeurs propres.

Explicitons les matrices de taille 2 :

M1+M2=(a2+abab+b2ab+b2a2+ab)=(a+b)(abba)M_1 + M_2 = \begin{pmatrix} a^2+ab & ab+b^2
ab+b^2 & a^2+ab \end{pmatrix} = (a+b) \begin{pmatrix} a & b
b & a \end{pmatrix}

M1−M2=(a2−abab−b2ab−b2a2−ab)=(a−b)(a−b−ba)M_1 - M_2 = \begin{pmatrix} a^2-ab & ab-b^2
ab-b^2 & a^2-ab \end{pmatrix} = (a-b) \begin{pmatrix} a & -b
-b & a \end{pmatrix}

Les valeurs propres d'une matrice de type (xyyx)\begin{pmatrix} x & y
y & x \end{pmatrix}
sont x+yx+y et x−yx-y. On en déduit les valeurs propres de M1+M2M_1+M_2 :

  • λ1=(a+b)(a+b)=(a+b)2\lambda_1 = (a+b)(a+b) = (a+b)^2
  • λ2=(a+b)(a−b)=a2−b2\lambda_2 = (a+b)(a-b) = a^2 - b^2

De même pour M1−M2M_1 - M_2 :

  • λ3=(a−b)(a−b)=(a−b)2\lambda_3 = (a-b)(a-b) = (a-b)^2
  • λ4=(a−b)(a+b)=a2−b2\lambda_4 = (a-b)(a+b) = a^2 - b^2

Le spectre de AA est donc :

Sp(A)={(a+b)2,(a−b)2,a2−b2}\boxed{\text{Sp}(A) = \{ (a+b)^2, (a-b)^2, a^2 - b^2 \}}

3. Condition de convergence.

La suite (Am)m∈N(A^m)_{m \in \mathbb{N}} converge vers 00 si et seulement si toutes les valeurs propres de AA sont de module strictement inférieur à 11. Ceci équivaut à :

max⁡((a+b)2,(a−b)2,∣a2−b2∣)<1\max \left( (a+b)^2, (a-b)^2, |a^2 - b^2| \right) < 1

Comme ∣a2−b2∣=∣a+b∣⋅∣a−b∣|a^2 - b^2| = |a+b| \cdot |a-b|, si (a+b)2<1(a+b)^2 < 1 et (a−b)2<1(a-b)^2 < 1, alors ∣a+b∣<1|a+b| < 1 et ∣a−b∣<1|a-b| < 1, ce qui implique automatiquement ∣a2−b2∣<1|a^2 - b^2| < 1. Le système de conditions se réduit donc à :

{∣a+b∣<1∣a−b∣<1\begin{cases} |a+b| < 1
|a-b| < 1 \end{cases}

4. Synthèse et représentation géométrique.

Les inégalités précédentes définissent l'intersection de deux bandes du plan :

  • −1<a+b<1-1 < a+b < 1 : zone située entre les droites b=−a−1b = -a-1 et b=−a+1b = -a+1.
  • −1<a−b<1-1 < a-b < 1 : zone située entre les droites b=a−1b = a-1 et b=a+1b = a+1.

Cette intersection est l'intérieur du carré de sommets (1,0),(0,1),(−1,0),(0,−1)(1,0), (0,1), (-1,0), (0,-1). Une caractérisation plus simple de cet ensemble est :

∣a∣+∣b∣<1\boxed{ |a| + |b| < 1 }

L'ensemble cherché est donc la boule unité ouverte pour la norme L1L^1 dans R2\mathbb{R}^2.

Ne pas oublier que la condition Am→0A^m \to 0 porte sur le rayon spectral (toutes les valeurs propres). Il ne suffit pas de vérifier une seule valeur propre. Ici, la structure de la matrice permet de regrouper les conditions.