Soient et deux matrices appartenant à .
On émet les deux hypothèses suivantes :
Démontrer que l'on a nécessairement la relation : .
Traduire l'égalité matricielle en une propriété sur les colonnes de la matrice .
Pour un vecteur appartenant au noyau de , exprimer le vecteur en utilisant la formule du binôme de Newton sur l'identité .
Utiliser l'hypothèse de bornitude pour analyser le comportement asymptotique de la suite .
Lien entre croissance polynomiale des puissances et stabilité des noyaux.
Utilisation de la formule du binôme pour les endomorphismes.
Argument par l'absurde ou par analyse de la norme pour la convergence.
Résolution.
Considérons un vecteur quelconque.
L'hypothèse signifie que pour chaque vecteur colonne (pour ) de la matrice , nous avons :
Soit une telle colonne. Posons .
D'après l'égalité précédente, nous avons :
Nous souhaitons montrer que . Pour cela, exprimons pour tout entier naturel .
Remarquons que les matrices et commutent. Nous pouvons donc appliquer la formule du binôme de Newton :
Appliquons cette identité au vecteur . Comme pour tout , la somme se simplifie considérablement :
On obtient ainsi l'expression fondamentale suivante :
Par hypothèse, la suite de matrices est bornée dans .
Il existe donc une constante telle que pour tout , (où est une norme subordonnée sur ).
On en déduit que pour tout entier :
La suite de vecteurs est donc également bornée dans .
D'après l'expression , si le vecteur était non nul, nous aurions par l'inégalité triangulaire inversée :
Or, si , alors et le membre de droite tend vers quand tend vers l'infini.
Cela contredit le fait que la suite est bornée.
Par conséquent, on a nécessairement :
Comme pour chaque colonne de , on conclut que chaque colonne de la matrice est nulle.
On a donc bien démontré que :
Attention à ne pas affirmer trop vite que "si est bornée, alors est diagonalisable". C'est faux en général (penser à l'identité). La propriété correcte est que les valeurs propres de module doivent être des racines simples du polynôme minimal. L'exercice démontre précisément un cas particulier de ce résultat (pour la valeur propre 1).