Soient un corps fini de cardinal et un -espace vectoriel de dimension finie .
On considère un endomorphisme .
Montrer que est diagonalizable si, et seulement si, .
Pour le sens direct, utiliser le fait que tout élément d'un corps fini de cardinal vérifie l'égalité .
Pour la réciproque, considérer le polynôme et étudier ses racines dans .
Propriété fondamentale des corps finis : tout élément de est racine de .
Critère de diagonalisabilité : un endomorphisme est diagonalizable si et seulement s'il admet un polynôme annulateur scindé à racines simples.
Résolution.
Supposons dans un premier temps que est diagonalizable.
Il existe alors une base de constituée de vecteurs propres de .
Notons la valeur propre associée au vecteur pour chaque .
D'après le cours sur les corps finis (petit théorème de Fermat généralisé), tout élément de satisfait l'équation :
On en déduit que pour tout :
Comme les endomorphismes et coïncident sur une base de , ils sont égaux.
Réciproquement, supposons que .
L'endomorphisme est annulé par le polynôme suivant :
Cherchons les racines de ce polynôme dans .
Le groupe multiplicatif est un groupe d'ordre .
Par le théorème de Lagrange, pour tout , on a , ce qui implique .
L'élément vérifie également . Ainsi, tous les éléments du corps sont des racines de .
Comme est de degré et qu'il possède racines distinctes dans (tous les éléments du corps), il est scindé sur et ses racines sont simples.
Le polynôme est un polynôme annulateur de , scindé sur et à racines simples.
D'après le critère de diagonalisabilité du cours :
Ne pas oublier de mentionner que les racines sont simples. Si le polynôme avait des racines multiples, l'endomorphisme pourrait être seulement trigonalisable. Ici, le fait qu'il y ait racines distinctes pour un polynôme de degré garantit la simplicité.