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Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et GG un sous-groupe de GLn(C)\mathrm{GL}_n(\mathbb{C}).

On suppose que le groupe GG est de cardinal fini.

Démontrer que tout élément MM appartenant à GG est une matrice diagonalisable de Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}).

1.

Utiliser le fait que dans un groupe fini, tout élément est d'ordre fini.

2.

Exploiter un polynôme annulateur classique pour les matrices de torsion (matrices MM telles que Mk=InM^k = I_n).

3.

Se ramener au critère de diagonalisation portant sur les racines d'un polynôme annulateur.

Idées clés

•

Utilisation de l'ordre d'un élément dans un groupe fini.

•

Critère de diagonalisabilité : existence d'un polynôme annulateur scindé à racines simples.

Résolution.

Soit MM un élément quelconque du groupe GG. Puisque GG est un groupe fini, l'ensemble des puissances de MM, à savoir {Mk,k∈N}\{M^k, k \in \mathbb{N}\}, est inclus dans GG et est donc lui-même fini.

Il existe alors deux entiers distincts pp et qq, avec par exemple 0≤p<q0 \leq p < q, tels que :

Mp=MqM^p = M^q

Comme M∈GLn(C)M \in \mathrm{GL}_n(\mathbb{C}), la matrice MM est inversible. En multipliant par (M−1)p(M^{-1})^p, on en déduit :

Mq−p=InM^{q-p} = I_n

Notons k=q−pk = q-p l'entier strictement positif ainsi obtenu. La matrice MM est annulée par le polynôme :

P(X)=Xk−1\boxed{P(X) = X^k - 1}

Cherchons les racines de ce polynôme dans C\mathbb{C} et étudions leur multiplicité. Les racines de PP sont les racines kk-ièmes de l'unité, données par :

S={exp⁡(2iπjk),j∈{0,…,k−1}}\mathcal{S} = \left\{ \exp\left(\frac{2i\pi j}{k}\right),   j \in \{0, \dots, k-1\} \right\}

On observe que le polynôme dérivé est P′(X)=kXk−1P'(X) = k X^{k-1}. Les racines de P′P' sont uniquement {0}\{0\}.

Comme 00 n'est pas racine de PP, le polynôme PP et son dérivé P′P' n'ont aucune racine commune. Ainsi, toutes les racines de PP dans C\mathbb{C} sont simples.

Le polynôme PP est donc scindé sur C\mathbb{C} et ne possède que des racines simples.

D'après le cours sur la réduction, une matrice est diagonalisable sur un corps K\mathbb{K} si et seulement s'il existe un polynôme annulateur scindé sur K\mathbb{K} à racines simples.

On en conclut que la matrice MM est diagonalisable dans Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}).

∀M∈G,M est diagonalisable\boxed{ \forall M \in G,   M \text{ est diagonalisable} }

Attention à ne pas oublier de préciser que le corps de base est C\mathbb{C}. Sur R\mathbb{R}, une matrice d'un sous-groupe fini n'est pas nécessairement diagonalisable (penser aux matrices de rotation d'angle θ≠0[π]\theta \neq 0 [\pi]).