Soit un groupe fini de cardinal . Soit un corps commutatif quelconque.
Démontrer qu'il existe un entier naturel non nul tel que le groupe soit isomorphe à un sous-groupe du groupe linéaire .
Commencer par établir le théorème de Cayley : tout groupe fini d'ordre est isomorphe à un sous-groupe du groupe symétrique .
Associer à chaque permutation une matrice de permutation dans .
Construire un morphisme injectif de dans en composant ces deux résultats.
Utilisation de l'action de groupe par translation à gauche.
Construction de l'application de représentation par les matrices de permutation.
Vérification des propriétés de morphisme et d'injectivité.
Résolution.
Étape 1 : Immersion de dans le groupe symétrique.
Soit le cardinal du groupe . Notons l'ensemble de ses éléments.
Pour chaque élément , on définit l'application de translation à gauche par :
L'application est une bijection de dans . En effet, si , alors , et par simplification à gauche par , on obtient .
Comme est fini, cette injectivité implique la bijectivité.
L'application induit donc une permutation des indices de l'ensemble . On définit tel que :
Considérons l'application définie par .
C'est un morphisme de groupes car pour tous :
D'autre part, . Par identification, on a , soit :
est injectif car si , alors pour tout , donc . Ainsi, est isomorphe à , qui est un sous-groupe de .
Étape 2 : Immersion de _n dans .}
Soit la base canonique de . Pour toute permutation , on définit l'endomorphisme par :
Soit l'application qui à associe la matrice de dans la base canonique.
Cette application est un morphisme de groupes. En effet :
On en déduit que , et donc au niveau matriciel :
De plus, si , alors pour tout , donc pour tout , d'où . L'application est donc un morphisme injectif.
Étape 3 : Conclusion.
Considérons l'application composée .
En tant que composée de morphismes injectifs, est un morphisme injectif.
D'après le premier théorème d'isomorphisme (ou simplement par la définition d'un morphisme injectif), est isomorphe à son image par .
Or, l'image est un sous-groupe de .
On a donc montré l'existence de tel que :
Attention à ne pas confondre la matrice de permutation (définie par ) avec la matrice dont le coefficient est . Une erreur d'inversion mènerait à un antimorphisme () si l'on n'y prend pas garde.