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Soit KK un corps de caractéristique nulle et GG un sous-groupe fini de GLn(K)\mathrm{GL}_{n}(K).

On considère la matrice PP définie par la moyenne des éléments de GG :

P=1card⁡(G)∑M∈GMP = \frac{1}{\operatorname{card}(G)} \sum_{M \in G} M

  1. Démontrer que PP est la matrice d'un projecteur de Mn,1(K)\mathrm{M}_{n, 1}(K).
  2. On note F={X∈Mn,1(K)∣∀M∈G,MX=X}F = \left\{X \in \mathrm{M}_{n, 1}(K) \mid \forall M \in G, MX=X\right\} l'ensemble des vecteurs fixés par tous les éléments de GG. Montrer que F=im⁡(P)F = \operatorname{im}(P).
  3. En déduire une expression de la dimension de FF en fonction des traces des matrices appartenant à GG.

1.

Pour la question 1, calculez P2P^2 en utilisant le fait que, pour tout A∈GA \in G, l'application M↦AMM \mapsto AM est une permutation du groupe GG.

2.

Pour la question 2, procédez par double inclusion en utilisant la définition d'un projecteur (im⁡P=ker⁡(P−I)\operatorname{im} P = \ker(P - I)).

3.

Pour la question 3, utilisez la relation fondamentale entre le rang d'un projecteur et sa trace.

Idées clés

•

Invariance par translation dans un groupe fini.

•

Lien entre trace et rang pour un projecteur.

•

Caractérisation de l'image d'un projecteur par l'ensemble de ses points fixes.

Résolution.

  1. Calculons le carré de la matrice PP :
    P2=(1∣G∣∑M∈GM)(1∣G∣∑N∈GN)P^2 = \left( \frac{1}{|G|} \sum_{M \in G} M \right) \left( \frac{1}{|G|} \sum_{N \in G} N \right)

    Par linéarité du produit matriciel, nous obtenons :

    P2=1∣G∣2∑M∈G∑N∈GMNP^2 = \frac{1}{|G|^2} \sum_{M \in G} \sum_{N \in G} MN

    Fixons un élément MM quelconque dans GG. L'application ϕM:G→G\phi_M : G \to G définie par ϕM(N)=MN\phi_M(N) = MN est une bijection (c'est la translation à gauche par MM). Par conséquent, lorsque NN parcourt GG, le produit MNMN parcourt également tous les éléments de GG exactement une fois. On en déduit l'égalité des sommes :

    ∑N∈GMN=∑S∈GS\sum_{N \in G} MN = \sum_{S \in G} S

    En réinjectant ce résultat dans l'expression de P2P^2, il vient :

    P2=1∣G∣2∑M∈G(∑S∈GS)P^2 = \frac{1}{|G|^2} \sum_{M \in G} \left( \sum_{S \in G} S \right)

    Comme la somme intérieure ne dépend plus de MM, nous sommons ∣G∣|G| fois le même terme :

    P2=1∣G∣2×∣G∣×(∑S∈GS)=1∣G∣∑S∈GSP^2 = \frac{1}{|G|^2} \times |G| \times \left( \sum_{S \in G} S \right) = \frac{1}{|G|} \sum_{S \in G} S

    On conclut immédiatement :

    P2=P\boxed{ P^2 = P }
    La matrice PP est donc bien la matrice d'un projecteur.

  2. Montrons l'égalité F=im⁡(P)F = \operatorname{im}(P) par double inclusion. Rappelons que pour un projecteur PP, on a im⁡(P)={X∈Mn,1(K)∣PX=X}\operatorname{im}(P) = \{X \in \mathrm{M}_{n, 1}(K) \mid PX = X\}.

    Inclusion F⊂im⁡(P)F \subset \operatorname{im(P) :} Soit X∈FX \in F. Par définition de FF, pour tout M∈GM \in G, on a MX=XMX = X. En sommant sur tous les éléments de GG :

    ∑M∈GMX=∑M∈GX=∣G∣⋅X\sum_{M \in G} MX = \sum_{M \in G} X = |G| \cdot X
    En divisant par ∣G∣|G|, on obtient PX=XPX = X, ce qui prouve que X∈im⁡(P)X \in \operatorname{im}(P).

    Inclusion im⁡(P)⊂F\operatorname{im(P) \subset F :} Soit X∈im⁡(P)X \in \operatorname{im}(P), alors PX=XPX = X. Soit NN un élément quelconque de GG. Calculons NXNX :

    NX=N(PX)=N(1∣G∣∑M∈GMX)=1∣G∣∑M∈G(NM)XNX = N(PX) = N \left( \frac{1}{|G|} \sum_{M \in G} MX \right) = \frac{1}{|G|} \sum_{M \in G} (NM)X
    Comme précédemment, l'application M↦NMM \mapsto NM est une permutation de GG. Ainsi, ∑M∈G(NM)X=∑S∈GSX=∣G∣⋅PX\sum_{M \in G} (NM)X = \sum_{S \in G} SX = |G| \cdot PX. On en déduit :
    NX=1∣G∣∣G∣PX=PX=XNX = \frac{1}{|G|} |G| PX = PX = X
    Ceci étant vrai pour tout N∈GN \in G, on a bien X∈FX \in F. On a donc démontré l'égalité :
    F=im⁡(P)\boxed{ F = \operatorname{im}(P) }

  3. Nous savons qu'en dimension finie, le rang d'un projecteur est égal à sa trace. Comme F=im⁡(P)F = \operatorname{im}(P), on a dim⁡F=rg⁡(P)\dim F = \operatorname{rg}(P). Calculons la trace de PP par linéarité :
    tr⁡(P)=tr⁡(1∣G∣∑M∈GM)=1∣G∣∑M∈Gtr⁡(M)\operatorname{tr}(P) = \operatorname{tr}\left( \frac{1}{|G|} \sum_{M \in G} M \right) = \frac{1}{|G|} \sum_{M \in G} \operatorname{tr}(M)
    D'où le résultat final :
    dim⁡F=1card⁡(G)∑M∈Gtr⁡(M)\boxed{ \dim F = \frac{1}{\operatorname{card}(G)} \sum_{M \in G} \operatorname{tr}(M) }

L'erreur classique consiste à oublier de justifier que M↦NMM \mapsto NM est une permutation de GG. Sans cet argument, le passage de la somme sur MNMN à la somme sur GG n'est pas rigoureux.