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Soit nn et pp deux entiers naturels non nuls. On considère un ensemble G={A1,A2,…,Ap}\mathcal{G} = \{A_1, A_2, \ldots, A_p\} constitué de pp matrices distinctes de GLn(R)\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}).

On suppose que G\mathcal{G} est stable par le produit matriciel.

On pose S=∑k=1pAkS = \sum_{k=1}^p A_k.

  1. Justifier que G\mathcal{G} est un sous-groupe de GLn(R)\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}).
  2. Établir que pour tout j∈{1,…,p}j \in \{1, \ldots, p\}, on a AjS=SA_j S = S.
  3. En déduire que la matrice M=1pSM = \frac{1}{p} S est une matrice de projecteur.
  4. Démontrer alors que Tr⁡(S)∈N\operatorname{Tr}(S) \in \mathbb{N} et que Tr⁡(S)≡0(modp)\operatorname{Tr}(S) \equiv 0 \pmod p.

1.

Pour la question 1, utiliser le fait qu'une partie finie d'un groupe stable par la loi de composition interne est un sous-groupe si ses éléments sont inversibles.

2.

Pour la question 2, considérer l'application ϕj:A↦AjA\phi_j : A \mapsto A_j A et montrer qu'il s'agit d'une permutation de G\mathcal{G}.

3.

Pour la question 3, calculer S2S^2 en utilisant le résultat précédent.

4.

Pour la question 4, utiliser le lien entre la trace d'un projecteur et son rang.

Idées clés

•

Utilisation de l'invariance par translation dans un groupe fini.

•

Caractérisation algébrique des projecteurs (P2=PP^2=P).

•

Propriété de la trace d'un projecteur : Tr⁡(P)=rg⁡(P)\operatorname{Tr}(P) = \operatorname{rg}(P).

Résolution.

  1. G\mathcal{G} est un sous-ensemble fini de GLn(R)\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}). Par hypothèse, G\mathcal{G} est stable par multiplication. Pour tout A∈GA \in \mathcal{G}, l'application X↦AXX \mapsto AX est une injection de G\mathcal{G} dans lui-même (par inversibilité de AA dans GLn(R)\mathrm{GL}_n(\mathbb{R})). Comme G\mathcal{G} est fini, c'est une bijection. Ainsi, il existe Ak∈GA_k \in \mathcal{G} tel que AAk=AAA_k = A. En multipliant par A−1A^{-1} à gauche, on en déduit que In=Ak∈GI_n = A_k \in \mathcal{G}. De même, il existe Aj∈GA_j \in \mathcal{G} tel que AAj=InAA_j = I_n, donc A−1∈GA^{-1} \in \mathcal{G}.
    G est un sous-groupe de GLn(R)\boxed{\mathcal{G} \text{ est un sous-groupe de } \mathrm{GL}_n(\mathbb{R})}

  2. Soit j∈{1,…,p}j \in \{1, \ldots, p\}. L'application ϕj:G→G\phi_j : \mathcal{G} \to \mathcal{G} définie par ϕj(A)=AjA\phi_j(A) = A_j A est une permutation de l'ensemble fini G\mathcal{G}. En effet, elle est injective par inversibilité de AjA_j, et donc surjective par finitude. On peut alors réindexer la somme définissant SS :
    AjS=Aj∑k=1pAk=∑k=1pAjAkA_j S = A_j \sum_{k=1}^p A_k = \sum_{k=1}^p A_j A_k
    Comme l'application k↦σ(k)k \mapsto \sigma(k) telle que AjAk=Aσ(k)A_j A_k = A_{\sigma(k)} est une permutation de {1,…,p}\{1, \ldots, p\}, on a :
    ∑k=1pAjAk=∑i=1pAi=S\sum_{k=1}^p A_j A_k = \sum_{i=1}^p A_i = S
    D'où le résultat :
    ∀j∈{1,…,p},AjS=S\boxed{\forall j \in \{1, \ldots, p\},   A_j S = S}

  3. Calculons S2S^2 en utilisant la linéarité à gauche :
    S2=(∑j=1pAj)S=∑j=1p(AjS)S^2 = \left( \sum_{j=1}^p A_j \right) S = \sum_{j=1}^p (A_j S)
    D'après la question précédente, chaque terme AjSA_j S est égal à SS. On somme pp fois la matrice SS :
    S2=∑j=1pS=pSS^2 = \sum_{j=1}^p S = p S
    En divisant par p2p^2, on obtient :
    1p2S2=1pS  ⟺  (1pS)2=1pS\frac{1}{p^2} S^2 = \frac{1}{p} S \iff \left(\frac{1}{p}S\right)^2 = \frac{1}{p}S
    M=1pS est la matrice d’un projecteur\boxed{M = \frac{1}{p}S \text{ est la matrice d'un projecteur}}

  4. On sait que la trace d'une matrice de projecteur est égale à son rang. Soit r=rg⁡(M)r = \operatorname{rg}(M). Comme MM est une matrice de taille nn, son rang rr est un entier compris entre 00 et nn.
    Tr⁡(M)=r∈{0,1,…,n}\operatorname{Tr}(M) = r \in \{0, 1, \ldots, n\}
    Par linéarité de la trace, on a Tr⁡(M)=1pTr⁡(S)\operatorname{Tr}(M) = \frac{1}{p} \operatorname{Tr}(S). On en déduit l'expression de la trace de SS :
    Tr⁡(S)=p⋅r\operatorname{Tr}(S) = p \cdot r
    Puisque rr est un entier naturel, il est immédiat que Tr⁡(S)\operatorname{Tr}(S) est un entier naturel. De plus, l'égalité Tr⁡(S)=pr\operatorname{Tr}(S) = pr montre que Tr⁡(S)\operatorname{Tr}(S) est un multiple de pp.
    Tr⁡(S)∈NetTr⁡(S)≡0(modp)\boxed{\operatorname{Tr}(S) \in \mathbb{N}   \text{et}   \operatorname{Tr}(S) \equiv 0 \pmod p}

Attention à ne pas supposer que les AiA_i commutent entre elles. Le raisonnement par permutation de l'indice de sommation permet d'éviter cette hypothèse inutile.