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Soit dNd \in \mathbb{N}^* et GG un sous-groupe fini de GLd(C)GL_d(\mathbb{C}). On s'intéresse à l'ensemble des traces des matrices de GG privées de l'identité, défini par :

X={tr(g)gG{Id}}X = \{ \operatorname{tr}(g) \mid g \in G \setminus \{I_d\} \}

  1. Montrer que tout élément gGg \in G est une matrice diagonalisable dont les valeurs propres sont des racines de l'unité.
  2. Pour gGg \in G, exprimer la trace de gg en fonction de ses valeurs propres. En déduire que pour tout gGg \in G, on a l'inégalité tr(g)d|\operatorname{tr}(g)| \leq d.
  3. Déterminer les éléments gGg \in G tels que tr(g)=d\operatorname{tr}(g) = d.
  4. Conclure que le produit suivant est non nul :
    xX(xd)0\prod_{x \in X} (x - d) \neq 0

1.

Utiliser le fait que dans un groupe fini, tout élément est d'ordre fini pour trouver un polynôme annulateur simple.

2.

Se souvenir qu'une matrice diagonalisable dont toutes les valeurs propres sont égales à 11 est l'identité.

3.

Utiliser le cas d'égalité de l'inégalité triangulaire pour les nombres complexes : zi=zi|\sum z_i| = \sum |z_i| si et seulement si les ziz_i sont positivement colinéaires.

Idées clés

Lien entre ordre fini et diagonalisabilité via les polynômes annulateurs.

Propriétés géométriques des racines de l'unité dans le plan complexe.

Caractérisation de la matrice identité parmi les matrices diagonalisables.

Résolution.

  1. Soit gGg \in G. Puisque le groupe GG est fini de cardinal n=card(G)n = \text{card}(G), l'ordre de gg est fini et divise nn (par le théorème de Lagrange ou en considérant la suite des puissances de gg qui finit par boucler). Il existe donc un entier kNk \in \mathbb{N}^* tel que gk=Idg^k = I_d. Le polynôme P(X)=Xk1P(X) = X^k - 1 est donc un polynôme annulateur de gg. Ce polynôme PP est scindé à racines simples sur C\mathbb{C} (les racines sont les racines kk-ièmes de l'unité). D'après le cours sur la réduction, une matrice possédant un polynôme annulateur scindé à racines simples est diagonalisable.
    • Conclusion intermédiaire :
    Toute matrice gG est diagonalisable et ses valeurs propres sont dans U\boxed{ \text{Toute matrice } g \in G \text{ est diagonalisable et ses valeurs propres sont dans } \mathbb{U} }

  2. Soit gGg \in G. Notons λ1,,λd\lambda_1, \dots, \lambda_d ses valeurs propres (comptées avec multiplicité). Comme vu précédemment, chaque λj\lambda_j est une racine de l'unité, donc λj=1|\lambda_j| = 1. La trace étant la somme des valeurs propres, on a :
    tr(g)=j=1dλj\operatorname{tr}(g) = \sum_{j=1}^d \lambda_j
    Par l'inégalité triangulaire classique sur C\mathbb{C} :
    tr(g)=j=1dλjj=1dλj=j=1d1=d|\operatorname{tr}(g)| = \left| \sum_{j=1}^d \lambda_j \right| \leq \sum_{j=1}^d |\lambda_j| = \sum_{j=1}^d 1 = d
    On obtient bien :
    gG,tr(g)d\boxed{ \forall g \in G,   |\operatorname{tr}(g)| \leq d }

  3. Supposons que tr(g)=d\operatorname{tr}(g) = d. D'après la question précédente, cela implique que j=1dλj=d\sum_{j=1}^d \lambda_j = d. Comme λj=1|\lambda_j| = 1, le cas d'égalité de l'inégalité triangulaire pour les sommes de nombres complexes impose que tous les termes soient positivement colinéaires. Il existe donc αR+\alpha \in \mathbb{R}_+ tel que pour tout j{1,,d}j \in \{1, \dots, d\}, λj=α1\lambda_j = \alpha \cdot 1. Puisque λj=1|\lambda_j| = 1, on a nécessairement α=1\alpha = 1. Ainsi, λ1=λ2==λd=1\lambda_1 = \lambda_2 = \dots = \lambda_d = 1. Comme gg est diagonalisable, il existe PGLd(C)P \in GL_d(\mathbb{C}) telle que :
    g=Pdiag(1,,1)P1=PIdP1=Idg = P \operatorname{diag}(1, \dots, 1) P^{-1} = P I_d P^{-1} = I_d
    Réciproquement, tr(Id)=d\operatorname{tr}(I_d) = d.
    • Caractérisation :
    tr(g)=d    g=Id\boxed{ \operatorname{tr}(g) = d \iff g = I_d }

  4. L'ensemble XX est défini par les traces des éléments de GG distincts de l'identité :
    X={tr(g)gG,gId}X = \{ \operatorname{tr}(g) \mid g \in G, g \neq I_d \}
    D'après l'équivalence démontrée à la question 3, si gIdg \neq I_d, alors sa trace ne peut pas être égale à dd. Par conséquent :
    xX,xd    xd0\forall x \in X,   x \neq d \implies x - d \neq 0
    Le produit de facteurs tous non nuls est non nul. On en déduit :
    xX(xd)0\boxed{ \prod_{x \in X} (x - d) \neq 0 }

L'erreur classique serait d'oublier l'argument de diagonalisabilité. Une matrice non diagonalisable pourrait avoir toutes ses valeurs propres égales à 1 (matrice unipotente) sans être l'identité. Cependant, dans un groupe fini, la diagonalisabilité est automatique sur C\mathbb{C}.