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_n(\mathbb{R})$}

Déterminer l'ensemble des entiers naturels n∈N∗n \in \mathbb{N}^* pour lesquels le groupe linéaire GLn(R)\mathrm{GL}_{n}(\mathbb{R}) admet un sous-groupe isomorphe au groupe des racines quatrièmes de l'unité U4\mathbb{U}_{4}.

1.

Traduire l'existence d'un tel sous-groupe par l'existence d'une matrice A∈GLn(R)A \in \mathrm{GL}_n(\mathbb{R}) dont l'ordre dans le groupe est exactement 4.

2.

Utiliser les propriétés des polynômes annulateurs et le fait que les valeurs propres complexes d'une matrice réelle sont liées par la conjugaison.

3.

Examiner séparément le cas n=1n=1 avant de généraliser pour n≥2n \ge 2 par une construction par blocs.

Idées clés

•

Un sous-groupe de GLn(R)\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}) est isomorphe à U4\mathbb{U}_4 si et seulement s'il est engendré par une matrice AA telle que A4=InA^4 = I_n et A2≠InA^2 \neq I_n.

•

Pour une matrice réelle, si λ∈C\lambda \in \mathbb{C} est une valeur propre, alors λˉ\bar{\lambda} est aussi valeur propre avec la même multiplicité.

Résolution.

Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^*. L'existence d'un sous-groupe GG de GLn(R)\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}) isomorphe à U4\mathbb{U}_4 équivaut à l'existence d'un élément A∈GA \in G d'ordre 4 dans le groupe GLn(R)\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}).

En effet, U4\mathbb{U}_4 est un groupe cyclique d'ordre 4 engendré par ii. Si ϕ:U4→G\phi : \mathbb{U}_4 \to G est un isomorphisme, alors A=ϕ(i)A = \phi(i) vérifie :

A4=ϕ(i4)=ϕ(1)=InA^4 = \phi(i^4) = \phi(1) = I_n

et pour tout k∈{1,2,3}k \in \{1, 2, 3\}, Ak=ϕ(ik)≠InA^k = \phi(i^k) \neq I_n car ϕ\phi est injective.

1. Analyse du cas n=1n=1.

Dans ce cas, GL1(R)\mathrm{GL}_1(\mathbb{R}) est isomorphe au groupe (R∗,×)(\mathbb{R}^*, \times). Les éléments de (R∗,×)(\mathbb{R}^*, \times) ayant un ordre fini sont les racines de l'unité réelles.

Or, les seules racines réelles de l'unité sont 11 (d'ordre 1) et −1-1 (d'ordre 2). Il n'existe donc pas d'élément d'ordre 4 dans R∗\mathbb{R}^*.

Ainsi, la condition n'est pas remplie pour n=1n=1.

2. Condition nécessaire sur les valeurs propres pour n≥2n \ge 2.

Soit A∈GLn(R)A \in \mathrm{GL}_n(\mathbb{R}) une matrice d'ordre 4. Le polynôme P(X)=X4−1=(X−1)(X+1)(X2+1)P(X) = X^4 - 1 = (X-1)(X+1)(X^2+1) est un polynôme annulateur de AA.

Les valeurs propres complexes de AA appartiennent donc à l'ensemble des racines de PP :

SpC(A)⊂{1,−1,i,−i}\mathrm{Sp}_{\mathbb{C}}(A) \subset \{1, -1, i, -i\}

Comme AA est une matrice à coefficients réels, son polynôme caractéristique est à coefficients réels. Par conséquent, si ii est valeur propre de AA, alors iˉ=−i\bar{i} = -i est également valeur propre de AA avec la même multiplicité.

Si ii n'était pas valeur propre de AA, alors −i-i ne le serait pas non plus. Les valeurs propres de AA seraient alors incluses dans {1,−1}\{1, -1\}.

Dans ce cas, le polynôme (X−1)(X+1)=X2−1(X-1)(X+1) = X^2 - 1 serait un polynôme annulateur de AA car AA est diagonalisable sur C\mathbb{C} (étant annulée par un polynôme scindé à racines simples).

On aurait alors A2=InA^2 = I_n, ce qui contredit le fait que AA est d'ordre 4. On en déduit que ii et −i-i sont nécessairement valeurs propres de AA.

Puisque les valeurs propres non réelles apparaissent par paires, la dimension nn de l'espace doit permettre d'héberger au moins une telle paire. Ceci impose :

n≥2n \ge 2

3. Synthèse et construction pour n≥2n \ge 2.

Supposons n≥2n \ge 2. Nous pouvons construire une matrice de rotation d'angle π/2\pi/2. Considérons la matrice par blocs :

J=(0−110)J = \begin{pmatrix} 0 & -1
1 & 0 \end{pmatrix}

Un calcul direct donne :

J2=−I2,J3=(01−10),J4=I2J^2 = -I_2,   J^3 = \begin{pmatrix} 0 & 1
-1 & 0 \end{pmatrix},   J^4 = I_2

La matrice JJ est donc d'ordre 4 dans GL2(R)\mathrm{GL}_2(\mathbb{R}). Pour n>2n > 2, il suffit de considérer la matrice définie par blocs :

A=(J00In−2)A = \begin{pmatrix} J & 0
0 & I_{n-2} \end{pmatrix}

Cette matrice AA appartient à GLn(R)\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}) et son ordre est le plus petit commun multiple des ordres des blocs diagonaux. L'ordre de JJ est 4 et l'ordre de In−2I_{n-2} est 1.

Ordre(A)=ppcm(4,1)=4\text{Ordre}(A) = \text{ppcm}(4, 1) = 4

Le sous-groupe G=⟨A⟩={In,A,A2,A3}G = \langle A \rangle = \{I_n, A, A^2, A^3\} est alors un sous-groupe de GLn(R)\mathrm{GL}_n(\mathbb{R}) isomorphe à U4\mathbb{U}_4.

Conclusion :

n≥2\boxed{ n \ge 2 }

Ne pas oublier de justifier pourquoi ii et −i-i doivent avoir la même multiplicité en tant que racines du polynôme caractéristique. C'est ce qui impose que nn soit au moins 2.