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Soit GG un sous-groupe fini du groupe spécial linéaire SL2(Z)\mathrm{SL}_{2}(\mathbb{Z}), constitué de matrices à coefficients entiers de déterminant 11.

  1. Démontrer que le groupe GG est cyclique.
  2. Déterminer l'ensemble des ordres possibles pour un tel groupe GG.

1.

Pour la question 1, construire un produit scalaire sur R2\mathbb{R}^2 invariant par les éléments de GG en utilisant une méthode de moyenne. En déduire que GG est conjugué à un sous-groupe de SO2(R)\mathrm{SO}_2(\mathbb{R}).

2.

Pour la question 2, utiliser le fait que la trace d'une matrice de SL2(Z)\mathrm{SL}_2(\mathbb{Z}) est un entier et la relier à l'angle de la rotation associée dans SO2(R)\mathrm{SO}_2(\mathbb{R}).

Idées clés

•

Méthode de la moyenne (moyenne de Reynolds) pour construire une forme quadratique invariante.

•

Conjugaison dans le groupe orthogonal On(R)O_n(\mathbb{R}) via la réduction des formes quadratiques.

•

Classification des sous-groupes finis du groupe des rotations du plan.

•

Contrainte d'arithmétique sur la trace : Tr(M)∈Z\mathrm{Tr}(M) \in \mathbb{Z}.

Résolution.

  1. Montrons que GG est cyclique.

    Soit q0q_0 la forme quadratique euclidienne usuelle sur R2\mathbb{R}^2 définie par q0(x)=∥x∥2q_0(x) = \|x\|^2. On définit une nouvelle forme QQ sur R2\mathbb{R}^2 en effectuant la moyenne de q0q_0 sur le groupe fini GG :

    Q(x)=∑M∈G∥Mx∥2Q(x) = \sum_{M \in G} \|Mx\|^2

    Par construction, QQ est une forme quadratique. Elle est définie positive car c'est une somme de termes positifs dont l'un est ∥Ix∥2=∥x∥2\|Ix\|^2 = \|x\|^2. De plus, pour tout A∈GA \in G, on a :

    Q(Ax)=∑M∈G∥MAx∥2Q(Ax) = \sum_{M \in G} \|MAx\|^2

    Comme l'application M↦MAM \mapsto MA est une permutation du groupe GG, on en déduit l'invariance de QQ par les éléments de GG :

    ∀A∈G,Q(Ax)=Q(x)\forall A \in G,   Q(Ax) = Q(x)

    D'après le théorème de réduction simultanée (ou simplement par l'existence d'une base QQ-orthonormée), il existe une matrice P∈GL2(R)P \in \mathrm{GL}_2(\mathbb{R}) telle que Q(x)=∥Px∥2Q(x) = \|Px\|^2. L'égalité Q(Ax)=Q(x)Q(Ax) = Q(x) devient alors ∥PAx∥2=∥Px∥2\|PAx\|^2 = \|Px\|^2.

    En posant y=Pxy = Px, on obtient ∥PAP−1y∥2=∥y∥2\|PAP^{-1}y\|^2 = \|y\|^2 pour tout y∈R2y \in \mathbb{R}^2. Cela signifie que la matrice M′=PAP−1M' = PAP^{-1} est une matrice orthogonale. Puisque det⁡(A)=1\det(A) = 1 (car G⊂SL2(Z)G \subset \mathrm{SL}_2(\mathbb{Z})), on a det⁡(M′)=1\det(M') = 1, donc M′∈SO2(R)M' \in \mathrm{SO}_2(\mathbb{R}).

    Ainsi, PGP−1P G P^{-1} est un sous-groupe fini du groupe des rotations SO2(R)\mathrm{SO}_2(\mathbb{R}). Or, SO2(R)\mathrm{SO}_2(\mathbb{R}) est isomorphe au groupe (R/2πZ,+)(\mathbb{R}/2\pi\mathbb{Z}, +) ou au groupe des complexes de module 1, U\mathbb{U}. On sait que tout sous-groupe fini de U\mathbb{U} est le groupe des racines nn-ièmes de l'unité, qui est cyclique.

    G est conjugueˊ aˋ un groupe de rotations fini, il est donc cyclique.\boxed{G \text{ est conjugué à un groupe de rotations fini, il est donc cyclique.}}

  2. Déterminons les ordres possibles.

    Soit nn l'ordre de GG. Puisque GG est cyclique, il possède un générateur AA qui est conjugué dans GL2(R)\mathrm{GL}_2(\mathbb{R}) à une rotation RθR_\theta d'angle θ=2π/n\theta = 2\pi/n. La trace est invariante par conjugaison, donc :

    Tr(A)=Tr(Rθ)=2cos⁡(2πn)\mathrm{Tr}(A) = \mathrm{Tr}(R_\theta) = 2\cos\left(\frac{2\pi}{n}\right)

    Comme A∈SL2(Z)A \in \mathrm{SL}_2(\mathbb{Z}), sa trace doit être un nombre entier. On doit donc avoir 2cos⁡(2π/n)∈Z2\cos(2\pi/n) \in \mathbb{Z}. Les valeurs possibles pour l'entier k=2cos⁡(2π/n)k = 2\cos(2\pi/n) sont limitées par l'intervalle [−2,2][-2, 2].

    Analysons chaque cas :

    • Si 2cos⁡(2π/n)=22\cos(2\pi/n) = 2, alors cos⁡(2π/n)=1\cos(2\pi/n) = 1, d'où n=1n=1.
    • Si 2cos⁡(2π/n)=12\cos(2\pi/n) = 1, alors cos⁡(2π/n)=1/2\cos(2\pi/n) = 1/2, d'où 2π/n=π/32\pi/n = \pi/3 et n=6n=6.
    • Si 2cos⁡(2π/n)=02\cos(2\pi/n) = 0, alors cos⁡(2π/n)=0\cos(2\pi/n) = 0, d'où 2π/n=π/22\pi/n = \pi/2 et n=4n=4.
    • Si 2cos⁡(2π/n)=−12\cos(2\pi/n) = -1, alors cos⁡(2π/n)=−1/2\cos(2\pi/n) = -1/2, d'où 2π/n=2π/32\pi/n = 2\pi/3 et n=3n=3.
    • Si 2cos⁡(2π/n)=−22\cos(2\pi/n) = -2, alors cos⁡(2π/n)=−1\cos(2\pi/n) = -1, d'où 2π/n=π2\pi/n = \pi et n=2n=2.

    Il reste à vérifier que ces ordres sont effectivement réalisables par des matrices de SL2(Z)\mathrm{SL}_2(\mathbb{Z}) :

    • n=1n=1 : G={I}G = \{I\} convient.
    • n=2n=2 : G={I,−I}G = \{I, -I\} convient.
    • n=4n=4 : A=(0−110)A = \begin{pmatrix} 0 & -1
      1 & 0 \end{pmatrix}
      est d'ordre 4.
    • n=3n=3 : A=(0−11−1)A = \begin{pmatrix} 0 & -1
      1 & -1 \end{pmatrix}
      est d'ordre 3 (car χA=X2+X+1\chi_A = X^2+X+1).
    • n=6n=6 : A=(1−110)A = \begin{pmatrix} 1 & -1
      1 & 0 \end{pmatrix}
      est d'ordre 6 (car χA=X2−X+1\chi_A = X^2-X+1).

    Les ordres possibles pour GG sont donc :

    Ordres possibles : {1,2,3,4,6}\boxed{\text{Ordres possibles : } \{1, 2, 3, 4, 6\}}

Il ne faut pas oublier de vérifier que chaque ordre trouvé est réalisable dans SL2(Z)\mathrm{SL}_2(\mathbb{Z}). Par exemple, une rotation d'ordre 5 ne peut pas avoir une trace entière (2cos⁡(2π/5)=5−12∉Z2\cos(2\pi/5) = \frac{\sqrt{5}-1}{2} \notin \mathbb{Z}), ce qui exclut l'ordre 5.