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_n(\mathbb{C})$ stables par produit}

Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^*. On considère une partie A\mathcal{A} de GLn(C)\mathrm{GL}_{n}(\mathbb{C}) vérifiant les trois propriétés suivantes :

  1. A\mathcal{A} est non vide.
  2. A\mathcal{A} est une partie compacte de Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}).
  3. A\mathcal{A} est stable pour le produit matriciel : ∀(M,N)∈A2, MN∈A\forall (M, N) \in \mathcal{A}^2,   MN \in \mathcal{A}.

Montrer que A\mathcal{A} est un sous-groupe de GLn(C)\mathrm{GL}_{n}(\mathbb{C}).

1.

Pour montrer qu'une partie stable par produit est un sous-groupe, il suffit de prouver qu'elle contient la matrice identité InI_n et qu'elle est stable par passage à l'inverse.

2.

Utiliser le fait que dans un compact, toute suite possède une valeur d'adhérence.

3.

Considérer les puissances d'un élément A∈AA \in \mathcal{A} et exploiter la continuité de l'inverse sur GLn(C)\mathrm{GL}_n(\mathbb{C}).

Idées clés

•

Caractérisation des sous-groupes (stabilité, élément neutre, inverse).

•

Utilisation de la compacité via les suites (valeurs d'adhérence).

•

Lien entre la limite des puissances et l'inverse dans un groupe topologique.

Résolution.

Soit A\mathcal{A} une partie non vide, compacte de GLn(C)\mathrm{GL}_n(\mathbb{C}), stable par produit. Par hypothèse de stabilité, pour tout A∈AA \in \mathcal{A} et pour tout k∈N∗k \in \mathbb{N}^*, on a Ak∈AA^k \in \mathcal{A}.

1. Présence de l'élément neutre InI_n dans A\mathcal{A.}

Soit A∈AA \in \mathcal{A}. Considérons la suite (Ak)k∈N∗(A^k)_{k \in \mathbb{N}^*}. Puisque A\mathcal{A} est compact, cette suite d'éléments de A\mathcal{A} admet une sous-suite convergente.

Il existe donc une application ϕ:N→N∗\phi : \mathbb{N} \to \mathbb{N}^* strictement croissante et une matrice B∈AB \in \mathcal{A} telles que :

lim⁡k→+∞Aϕ(k)=B\lim_{k \to +\infty} A^{\phi(k)} = B

Comme A⊂GLn(C)\mathcal{A} \subset \mathrm{GL}_n(\mathbb{C}), la matrice BB est inversible. L'application M↦M−1M \mapsto M^{-1} est continue sur GLn(C)\mathrm{GL}_n(\mathbb{C}). On en déduit :

lim⁡k→+∞(Aϕ(k))−1=B−1\lim_{k \to +\infty} (A^{\phi(k)})^{-1} = B^{-1}

Considérons alors la suite définie par Uk=Aϕ(k+1)−ϕ(k)U_k = A^{\phi(k+1) - \phi(k)}. Comme ϕ\phi est strictement croissante, on a ϕ(k+1)−ϕ(k)∈N∗\phi(k+1) - \phi(k) \in \mathbb{N}^*, donc Uk∈AU_k \in \mathcal{A}. On peut écrire :

Uk=Aϕ(k+1)⋅(Aϕ(k))−1U_k = A^{\phi(k+1)} \cdot (A^{\phi(k)})^{-1}

Par produit de limites dans GLn(C)\mathrm{GL}_n(\mathbb{C}), on obtient :

lim⁡k→+∞Uk=B⋅B−1=In\lim_{k \to +\infty} U_k = B \cdot B^{-1} = I_n

Puisque A\mathcal{A} est compact, il est fermé dans Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}). La limite d'une suite d'éléments de A\mathcal{A} appartient donc à A\mathcal{A}.

In∈A\boxed{ I_n \in \mathcal{A} }

2. Stabilité par passage à l'inverse.

Soit A∈AA \in \mathcal{A}. Reprenons la suite Uk=ApkU_k = A^{p_k} où pk=ϕ(k+1)−ϕ(k)≥1p_k = \phi(k+1) - \phi(k) \ge 1, qui converge vers InI_n.

Si A=InA = I_n, alors A−1=In∈AA^{-1} = I_n \in \mathcal{A}. Supposons désormais A≠InA \neq I_n.

S'il existait un rang NN tel que pour tout k≥Nk \ge N, pk=1p_k = 1, alors ϕ(k+1)=ϕ(k)+1\phi(k+1) = \phi(k) + 1 pour k≥Nk \ge N. Cela impliquerait que la suite (Ak)(A^k) converge vers BB. On aurait alors A⋅B=lim⁡Ak+1=BA \cdot B = \lim A^{k+1} = B, d'où A=InA = I_n car BB est inversible, ce qui contredit notre hypothèse.

Ainsi, la suite d'entiers (pk)(p_k) prend des valeurs supérieures ou égales à 2 pour une infinité d'indices kk. Soit ψ:N→N\psi : \mathbb{N} \to \mathbb{N} une extractrice telle que pψ(k)≥2p_{\psi(k)} \ge 2 pour tout kk. On a alors Apψ(k)−1∈AA^{p_{\psi(k)} - 1} \in \mathcal{A} par stabilité. Or :

Apψ(k)−1=Apψ(k)⋅A−1A^{p_{\psi(k)} - 1} = A^{p_{\psi(k)}} \cdot A^{-1}

En passant à la limite quand k→+∞k \to +\infty :

lim⁡k→+∞Apψ(k)−1=In⋅A−1=A−1\lim_{k \to +\infty} A^{p_{\psi(k)} - 1} = I_n \cdot A^{-1} = A^{-1}

Par fermeture de A\mathcal{A}, on conclut que :

A−1∈A\boxed{ A^{-1} \in \mathcal{A} }

Conclusion. A\mathcal{A} est une partie non vide de GLn(C)\mathrm{GL}_n(\mathbb{C}), stable par produit, contenant InI_n et stable par inversion. C'est donc un sous-groupe de GLn(C)\mathrm{GL}_n(\mathbb{C}).

Ne pas oublier de justifier que la limite BB est inversible. C'est garanti par le fait que A\mathcal{A} est inclus dans GLn(C)\mathrm{GL}_n(\mathbb{C}). Si A\mathcal{A} était seulement un compact de Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}), la limite pourrait être une matrice singulière (ex: AkA^k avec ∥A∥<1\|A\| < 1).