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On considère les deux matrices suivantes de SL2(R)\mathrm{SL}_{2}(\mathbb{R}) :

A=(21012),B=(30013)A=\begin{pmatrix} 2 & 1
0 & \frac{1}{2} \end{pmatrix},   B=\begin{pmatrix} 3 & 0
0 & \frac{1}{3} \end{pmatrix}

Soit G=⟨A,B⟩G = \langle A, B \rangle le sous-groupe de SL2(R)\mathrm{SL}_{2}(\mathbb{R}) engendré par AA et BB.

Déterminer l'adhérence de GG pour la topologie usuelle de M2(R)\mathcal{M}_2(\mathbb{R}).

1.

Remarquer que GG est inclus dans le groupe des matrices triangulaires supérieures à coefficients diagonaux strictement positifs.

2.

Étudier l'image de GG par le morphisme qui à une matrice triangulaire associe son premier coefficient diagonal. Utiliser la densité des sous-groupes de (R,+)(\mathbb{R}, +).

3.

Utiliser des conjugaisons du type BkAB−kB^k A B^{-k} pour faire apparaître des matrices de transvection dont les coefficients deviennent arbitrairement petits.

4.

Conclure en utilisant le fait que l'adhérence d'un sous-groupe est un sous-groupe.

Idées clés

•

Analyse de la structure algébrique (sous-groupe de matrices triangulaires).

•

Utilisation de la densité des sous-groupes de type Zα+Zβ\mathbb{Z}\alpha + \mathbb{Z}\beta dans R\mathbb{R}.

•

Action de la conjugaison sur les parties unipotentes.

Résolution.

Soit T2+(R)T_2^+(\mathbb{R}) l'ensemble des matrices de la forme (ab0a−1)\begin{pmatrix} a & b
0 & a^{-1} \end{pmatrix}
avec a∈R+∗a \in \mathbb{R}_+^* et b∈Rb \in \mathbb{R}.

On vérifie immédiatement que T2+(R)T_2^+(\mathbb{R}) est un sous-groupe de SL2(R)\mathrm{SL}_2(\mathbb{R}). Comme A∈T2+(R)A \in T_2^+(\mathbb{R}) et B∈T2+(R)B \in T_2^+(\mathbb{R}), on a par stabilité :

G⊂T2+(R)G \subset T_2^+(\mathbb{R})

Comme T2+(R)T_2^+(\mathbb{R}) est fermé dans SL2(R)\mathrm{SL}_2(\mathbb{R}) (car défini par une condition d'annulation de coefficient et une condition de signe large sur l'adhérence), on a G‾⊂T2+(R)\overline{G} \subset T_2^+(\mathbb{R}).

1. Étude de la partie diagonale.

Soit ϕ:T2+(R)→R+∗\phi : T_2^+(\mathbb{R}) \to \mathbb{R}_+^* l'application qui à une matrice associe son coefficient en position (1,1)(1,1). C'est un morphisme de groupes pour la multiplication.

On a ϕ(G)={2n3m:(n,m)∈Z2}\phi(G) = \{ 2^n 3^m : (n,m) \in \mathbb{Z}^2 \}.

En passant au logarithme, l'étude de ϕ(G)\phi(G) revient à étudier le sous-groupe de (R,+)(\mathbb{R}, +) :

L={nln⁡2+mln⁡3:(n,m)∈Z2}L = \{ n \ln 2 + m \ln 3 : (n,m) \in \mathbb{Z}^2 \}

Comme ln⁡2ln⁡3∉Q\frac{\ln 2}{\ln 3} \notin \mathbb{Q} (car 2p=3q2^p = 3^q n'a pas de solution entière non nulle par unicité de la décomposition en facteurs premiers), le sous-groupe LL est dense dans R\mathbb{R}.

Par continuité de l'exponentielle, on en déduit que :

ϕ(G)‾=R+∗\boxed{\overline{\phi(G)} = \mathbb{R}_+^*}

2. Extraction de matrices de translation (transvections).

Calculons le conjugué de AA par les puissances de BB. Pour tout k∈Zk \in \mathbb{Z} :

BkAB−k=(3k003−k)(2101/2)(3−k003k)=(232k01/2)B^k A B^{-k} = \begin{pmatrix} 3^k & 0
0 & 3^{-k} \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 2 & 1
0 & 1/2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 3^{-k} & 0
0 & 3^k \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 2 & 3^{2k}
0 & 1/2 \end{pmatrix}

Cette matrice appartient à GG pour tout k∈Zk \in \mathbb{Z}. En faisant tendre kk vers −∞-\infty, on obtient par fermeture de G‾\overline{G} :

lim⁡k→−∞(232k01/2)=(2001/2)∈G‾\lim_{k \to -\infty} \begin{pmatrix} 2 & 3^{2k}
0 & 1/2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 2 & 0
0 & 1/2 \end{pmatrix} \in \overline{G}

Dès lors, G‾\overline{G} contient la matrice de transvection :

U=(2001/2)−1(2101/2)=(1/2002)(2101/2)=(11/201)U = \begin{pmatrix} 2 & 0
0 & 1/2 \end{pmatrix}^{-1} \begin{pmatrix} 2 & 1
0 & 1/2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1/2 & 0
0 & 2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 2 & 1
0 & 1/2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1 & 1/2
0 & 1 \end{pmatrix}

3. Densité de la partie unipotente.

Par conjugaison de UU par les puissances de BB, on obtient que pour tout k∈Zk \in \mathbb{Z} :

BkUB−k=(11232k01)∈G‾B^k U B^{-k} = \begin{pmatrix} 1 & \frac{1}{2} 3^{2k}
0 & 1 \end{pmatrix} \in \overline{G}

Soit S={x∈R∣(1x01)∈G‾}S = \{ x \in \mathbb{R} \mid \begin{pmatrix} 1 & x
0 & 1 \end{pmatrix} \in \overline{G} \}
. SS est un sous-groupe de (R,+)(\mathbb{R}, +) car G‾\overline{G} est un groupe. De plus, SS est fermé car c'est l'image réciproque de G‾\overline{G} par l'application continue x↦(1x01)x \mapsto \begin{pmatrix} 1 & x
0 & 1 \end{pmatrix}
.

Comme SS contient la suite (1232k)k∈Z(\frac{1}{2} 3^{2k})_{k \in \mathbb{Z}} qui converge vers 00 quand k→−∞k \to -\infty, SS n'est pas de la forme aZa\mathbb{Z}. Ainsi, SS est dense dans R\mathbb{R}, et comme il est fermé :

S=R\boxed{S = \mathbb{R}}

4. Conclusion.

Nous avons montré que G‾\overline{G} contient toutes les transvections (1x01)\begin{pmatrix} 1 & x
0 & 1 \end{pmatrix}
et toutes les matrices diagonales (a00a−1)\begin{pmatrix} a & 0
0 & a^{-1} \end{pmatrix}
pour a∈R+∗a \in \mathbb{R}_+^*.

Par produit de ces éléments, pour tout a>0a > 0 et tout b∈Rb \in \mathbb{R} :

(a00a−1)(1a−1b01)=(ab0a−1)∈G‾\begin{pmatrix} a & 0
0 & a^{-1} \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 1 & a^{-1}b
0 & 1 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} a & b
0 & a^{-1} \end{pmatrix} \in \overline{G}

L'adhérence est donc exactement le groupe des matrices triangulaires supérieures à coefficients diagonaux strictement positifs :

G‾={(ab0a−1):a∈R+∗,b∈R}\boxed{\overline{G} = \left\{ \begin{pmatrix} a & b
0 & a^{-1} \end{pmatrix} : a \in \mathbb{R}_+^*, b \in \mathbb{R} \right\}}

Attention à ne pas oublier la condition a>0a > 0. Les matrices AA et BB ont des coefficients diagonaux positifs, donc tout produit de ces matrices conservera des coefficients diagonaux positifs. L'adhérence ne peut donc pas contenir de matrices avec a<0a < 0.