1. Étude du sous-groupe discret G.
- Puisque G est un sous-groupe discret non nul de C, l'ensemble {∣z∣:z∈G∖{0}} est une partie de R+∗ discrète et minorée. Elle admet donc un plus petit élément m>0. Soit z0∈G tel que ∣z0∣=m.
L'hypothèse γG=G implique que γz0∈G. Par minimalité de m, on a ∣γz0∣≥m, d'où ∣γ∣≥1.
De même, γ−1G=G implique γ−1z0∈G, donc ∣γ−1∣≥1, soit ∣γ∣≤1.
On en conclut :
∣γ∣=1 Considérons la suite (γnz0)n∈N. Tous ses éléments sont dans G et ont pour module m. Comme G est discret, l'intersection de G avec le cercle {z∈C:∣z∣=m} est un ensemble fini.
Par conséquent, la suite (γnz0) ne peut prendre qu'un nombre fini de valeurs. Il existe donc p<q tels que γpz0=γqz0, d'où γq−p=1. γ est donc une racine de l'unité.
- Soit k∈Z tel que γk=1.
Comme z0∈G et γkG=G, on a γkz0∈G.
Par structure de groupe, γkz0−z0∈G.
Comme γk=1 et z0=0, on a (γk−1)z0=0.
Par définition de m=∣z0∣, on a :
∣(γk−1)z0∣≥∣z0∣
En simplifiant par ∣z0∣>0, on obtient :
∣γk−1∣≥1
- Notons n l'ordre de γ et écrivons γ=eiθ avec θ=n2π.
L'inégalité ∣γ−1∣≥1 se traduit par ∣eiθ−1∣≥1, soit 2sin(nπ)≥1, d'où sin(nπ)≥21.
Ceci impose nπ≥6π (car n≥1), donc n≤6.
Testons les valeurs de n∈{1,…,6} :
- n=1,2,3,4,6 : On vérifie facilement que pour tout k non multiple de n, ∣γk−1∣≥1. Par exemple pour n=6, θ=π/3, les angles kθ possibles (modulo 2π) sont π/3,2π/3,π,4π/3,5π/3, dont les sinus des moitiés sont ≥1/2.
- n=5 : Pour k=1, 2sin(π/5)≈1,17≥1. Mais pour k=2, l'angle est 2θ=4π/5. Oh, en fait l'argument de la question précédente limite n, mais il faut vérifier toutes les puissances.
Un argument plus structurel : G est un Z-module de rang d∈{1,2}. Comme G est stable par γ, c'est un Z[γ]-module. Le degré de l'extension [Q(γ):Q]=ϕ(n) doit donc être inférieur ou égal au rang de G.
On doit avoir ϕ(n)≤2, ce qui donne n∈{1,2,3,4,6}.
Réciproque : Si n∈{1,2,3,4,6}, alors le réseau G=Z[γ] est un sous-groupe discret de C stable par multiplication par γ. La réciproque est vraie.
2. Discrétion de Gλ.
Supposons Gλ discret. Considérons la suite de matrices de Gλ définie par :
Mn=DλnTDλ−n=(λn00λ−n)(1011)(λ−n00λn)=(10λ2n1) Si ∣λ∣<1, alors Mn→I2 quand n→+∞.
Si ∣λ∣>1, alors Mn→I2 quand n→−∞.
Dans les deux cas, la discrétion de Gλ imposerait Mn=I2 à partir d'un certain rang, ce qui est impossible car λ=0.
On a donc ∣λ∣=1.
Soit alors H={z∈C:(10z1)∈Gλ}.
H est un sous-groupe de (C,+) car il est l'image de Gλ∩Unipotent par l'application morphisme (10z1)↦z.
Comme T∈Gλ, 1∈H, donc H={0}.
Comme Gλ est discret, H est un sous-groupe discret de C.
De plus, si z∈H, alors pour tout k∈Z :
Dλk(10z1)Dλ−k=(10λ2kz1)∈Gλ
Ainsi
λ2H=H. D'après la question 1,
λ2 doit être une racine de l'unité d'ordre
n∈{1,2,3,4,6}.
Cela signifie que λ est une racine de l'unité d'ordre k tel que l'ordre de λ2, qui est pgcd(k,2)k, soit dans {1,2,3,4,6}.
Les valeurs possibles pour k sont {1,2,3,4,6,8,12}.