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Soit GG un sous-groupe de (C,+)(\mathbb{C}, +) qui est discret et non réduit à {0}\{0\}.

  1. On suppose qu'il existe γC\gamma \in \mathbb{C}^* tel que l'on ait l'égalité d'ensembles γG=G\gamma G = G.
    1. En considérant un élément non nul de GG de module minimal, démontrer que γ=1|\gamma| = 1 et que γ\gamma est une racine de l'unité.
    2. Montrer que pour tout kZk \in \mathbb{Z} tel que γk1\gamma^k \neq 1, on a l'inégalité γk11|\gamma^k - 1| \ge 1.
    3. En déduire que l'ordre de la racine de l'unité γ\gamma appartient à l'ensemble {1,2,3,4,6}\{1, 2, 3, 4, 6\}. La réciproque est-elle vraie ?

  2. On considère les matrices de SL2(C)\mathrm{SL}_2(\mathbb{C}) suivantes :
    T=(1101)etDλ=(λ00λ1)T = \begin{pmatrix} 1 & 1
    0 & 1 \end{pmatrix}   \text{et}   D_\lambda = \begin{pmatrix} \lambda & 0
    0 & \lambda^{-1} \end{pmatrix}
    λC\lambda \in \mathbb{C}^*. On note GλG_\lambda le sous-groupe de SL2(C)\mathrm{SL}_2(\mathbb{C}) engendré par {T,Dλ}\{T, D_\lambda\}. À quelle condition sur λ\lambda le groupe GλG_\lambda est-il un sous-groupe discret de SL2(C)\mathrm{SL}_2(\mathbb{C}) ?

1.

Pour la question 1.(a), l'existence d'un élément de module minimal est assurée par la discrétion de GG. Pour montrer que γ\gamma est une racine de l'unité, on peut raisonner sur le caractère fini de l'orbite d'un tel élément.

2.

Pour la question 1.(c), utiliser l'interprétation géométrique de γk11|\gamma^k - 1| \ge 1 sur le cercle unité ou passer par les fonctions trigonométriques. Le lien avec le degré du polynôme cyclotomique ϕ(n)2\phi(n) \le 2 est également une piste élégante.

3.

Pour la question 2, observer que si GλG_\lambda est discret, alors toute suite d'éléments de GλG_\lambda convergeant vers l'identité doit être stationnaire. Étudier les conjugués DλnTDλnD_\lambda^n T D_\lambda^{-n}.

Idées clés

Propriété des sous-groupes discrets de (C,+)(\mathbb{C}, +) : ce sont des réseaux de rang 1 ou 2.

Stabilité par multiplication et structure de Z[γ]\mathbb{Z}[\gamma]-module.

Lien entre discrétion dans SL2(C)\mathrm{SL}_2(\mathbb{C}) et discrétion des paramètres des transvections.

1. Étude du sous-groupe discret GG.

    1. Puisque GG est un sous-groupe discret non nul de C\mathbb{C}, l'ensemble {z:zG{0}}\{|z| : z \in G \setminus \{0\}\} est une partie de R+\mathbb{R}_+^* discrète et minorée. Elle admet donc un plus petit élément m>0m > 0. Soit z0Gz_0 \in G tel que z0=m|z_0| = m.

      L'hypothèse γG=G\gamma G = G implique que γz0G\gamma z_0 \in G. Par minimalité de mm, on a γz0m|\gamma z_0| \ge m, d'où γ1|\gamma| \ge 1. De même, γ1G=G\gamma^{-1} G = G implique γ1z0G\gamma^{-1} z_0 \in G, donc γ11|\gamma^{-1}| \ge 1, soit γ1|\gamma| \le 1.

      On en conclut :

      γ=1\boxed{|\gamma| = 1}

      Considérons la suite (γnz0)nN(\gamma^n z_0)_{n \in \mathbb{N}}. Tous ses éléments sont dans GG et ont pour module mm. Comme GG est discret, l'intersection de GG avec le cercle {zC:z=m}\{z \in \mathbb{C} : |z|=m\} est un ensemble fini. Par conséquent, la suite (γnz0)(\gamma^n z_0) ne peut prendre qu'un nombre fini de valeurs. Il existe donc p<qp < q tels que γpz0=γqz0\gamma^p z_0 = \gamma^q z_0, d'où γqp=1\gamma^{q-p} = 1. γ\gamma est donc une racine de l'unité.

    2. Soit kZk \in \mathbb{Z} tel que γk1\gamma^k \neq 1. Comme z0Gz_0 \in G et γkG=G\gamma^k G = G, on a γkz0G\gamma^k z_0 \in G. Par structure de groupe, γkz0z0G\gamma^k z_0 - z_0 \in G. Comme γk1\gamma^k \neq 1 et z00z_0 \neq 0, on a (γk1)z00(\gamma^k - 1) z_0 \neq 0.

      Par définition de m=z0m = |z_0|, on a :

      (γk1)z0z0|(\gamma^k - 1) z_0| \ge |z_0|
      En simplifiant par z0>0|z_0| > 0, on obtient :
      γk11\boxed{|\gamma^k - 1| \ge 1}

    3. Notons nn l'ordre de γ\gamma et écrivons γ=eiθ\gamma = e^{i\theta} avec θ=2πn\theta = \frac{2\pi}{n}. L'inégalité γ11|\gamma - 1| \ge 1 se traduit par eiθ11|e^{i\theta} - 1| \ge 1, soit 2sin(πn)12\sin(\frac{\pi}{n}) \ge 1, d'où sin(πn)12\sin(\frac{\pi}{n}) \ge \frac{1}{2}. Ceci impose πnπ6\frac{\pi}{n} \ge \frac{\pi}{6} (car n1n \ge 1), donc n6n \le 6.

      Testons les valeurs de n{1,,6}n \in \{1, \dots, 6\} : - n=1,2,3,4,6n=1, 2, 3, 4, 6 : On vérifie facilement que pour tout kk non multiple de nn, γk11|\gamma^k - 1| \ge 1. Par exemple pour n=6n=6, θ=π/3\theta = \pi/3, les angles kθk\theta possibles (modulo 2π2\pi) sont π/3,2π/3,π,4π/3,5π/3\pi/3, 2\pi/3, \pi, 4\pi/3, 5\pi/3, dont les sinus des moitiés sont 1/2\ge 1/2. - n=5n=5 : Pour k=1k=1, 2sin(π/5)1,1712\sin(\pi/5) \approx 1,17 \ge 1. Mais pour k=2k=2, l'angle est 2θ=4π/52\theta = 4\pi/5. Oh, en fait l'argument de la question précédente limite nn, mais il faut vérifier toutes les puissances. Un argument plus structurel : GG est un Z\mathbb{Z}-module de rang d{1,2}d \in \{1, 2\}. Comme GG est stable par γ\gamma, c'est un Z[γ]\mathbb{Z}[\gamma]-module. Le degré de l'extension [Q(γ):Q]=ϕ(n)[\mathbb{Q}(\gamma) : \mathbb{Q}] = \phi(n) doit donc être inférieur ou égal au rang de GG. On doit avoir ϕ(n)2\phi(n) \le 2, ce qui donne n{1,2,3,4,6}n \in \{1, 2, 3, 4, 6\}.

      Réciproque : Si n{1,2,3,4,6}n \in \{1, 2, 3, 4, 6\}, alors le réseau G=Z[γ]G = \mathbb{Z}[\gamma] est un sous-groupe discret de C\mathbb{C} stable par multiplication par γ\gamma. La réciproque est vraie.

2. Discrétion de GλG_\lambda.

Supposons GλG_\lambda discret. Considérons la suite de matrices de GλG_\lambda définie par :

Mn=DλnTDλn=(λn00λn)(1101)(λn00λn)=(1λ2n01)M_n = D_\lambda^n T D_\lambda^{-n} = \begin{pmatrix} \lambda^n & 0
0 & \lambda^{-n} \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 1 & 1
0 & 1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} \lambda^{-n} & 0
0 & \lambda^n \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1 & \lambda^{2n}
0 & 1 \end{pmatrix}

Si λ<1|\lambda| < 1, alors MnI2M_n \to I_2 quand n+n \to +\infty. Si λ>1|\lambda| > 1, alors MnI2M_n \to I_2 quand nn \to -\infty. Dans les deux cas, la discrétion de GλG_\lambda imposerait Mn=I2M_n = I_2 à partir d'un certain rang, ce qui est impossible car λ0\lambda \neq 0. On a donc λ=1\boxed{|\lambda| = 1}.

Soit alors H={zC:(1z01)Gλ}H = \{ z \in \mathbb{C} : \begin{pmatrix} 1 & z
0 & 1 \end{pmatrix} \in G_\lambda \}
. HH est un sous-groupe de (C,+)(\mathbb{C}, +) car il est l'image de GλUnipotentG_\lambda \cap \text{Unipotent} par l'application morphisme (1z01)z\begin{pmatrix} 1 & z
0 & 1 \end{pmatrix} \mapsto z
. Comme TGλT \in G_\lambda, 1H1 \in H, donc H{0}H \neq \{0\}. Comme GλG_\lambda est discret, HH est un sous-groupe discret de C\mathbb{C}.

De plus, si zHz \in H, alors pour tout kZk \in \mathbb{Z} :

Dλk(1z01)Dλk=(1λ2kz01)GλD_\lambda^k \begin{pmatrix} 1 & z
0 & 1 \end{pmatrix} D_\lambda^{-k} = \begin{pmatrix} 1 & \lambda^{2k} z
0 & 1 \end{pmatrix} \in G_\lambda
Ainsi λ2H=H\lambda^2 H = H. D'après la question 1, λ2\lambda^2 doit être une racine de l'unité d'ordre n{1,2,3,4,6}n \in \{1, 2, 3, 4, 6\}.

Cela signifie que λ\lambda est une racine de l'unité d'ordre kk tel que l'ordre de λ2\lambda^2, qui est kpgcd(k,2)\frac{k}{\text{pgcd}(k,2)}, soit dans {1,2,3,4,6}\{1, 2, 3, 4, 6\}. Les valeurs possibles pour kk sont {1,2,3,4,6,8,12}\{1, 2, 3, 4, 6, 8, 12\}.

L'erreur classique est d'oublier que si λ=1|\lambda|=1, le groupe GλG_\lambda n'est pas forcément discret. Il faut que l'orbite de la transvection par les puissances de la diagonale reste dans un ensemble discret, ce qui impose que λ\lambda soit une racine de l'unité bien spécifique.