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Soit EE un espace vectoriel de dimension finie n≥2n \geq 2 sur un corps K\mathbb{K}. On considère un endomorphisme f∈L(E)f \in \mathcal{L}(E).

On suppose qu'il existe un entier kk fixé, avec 1≤k≤n−11 \leq k \leq n-1, tel que pour tout sous-espace vectoriel FF de EE de dimension kk, on ait la condition de stabilité :

f(F)⊆Ff(F) \subseteq F

Déterminer la nature de l'endomorphisme ff.

1.

Commencer par montrer que si deux sous-espaces sont stables par ff, alors leur intersection l'est également.

2.

Montrer par récurrence descendante (ou par un argument d'intersection) que si tout sous-espace de dimension kk est stable, alors tout sous-espace de dimension k−1k-1 l'est aussi.

3.

En déduire que toutes les droites vectorielles de EE sont stables par ff.

4.

Conclure en utilisant le résultat classique sur les endomorphismes dont toutes les droites sont stables.

Idées clés

•

Stabilité de l'intersection de sous-espaces stables.

•

Réduction de la dimension par intersection de sous-espaces de dimension kk.

•

Caractérisation des homothéties : un endomorphisme stabilisant toutes les droites est une homothétie.

Résolution.

  1. Stabilité par intersection. Soient F1F_1 et F2F_2 deux sous-espaces vectoriels stables par ff. Pour tout x∈F1∩F2x \in F_1 \cap F_2, on a :
    x∈F1  ⟹  f(x)∈F1etx∈F2  ⟹  f(x)∈F2x \in F_1 \implies f(x) \in F_1   \text{et}   x \in F_2 \implies f(x) \in F_2
    Ainsi, f(x)∈F1∩F2f(x) \in F_1 \cap F_2, ce qui prouve que F1∩F2F_1 \cap F_2 est stable par ff.

  2. Descente vers la dimension 1. Supposons k>1k > 1. Soit HH un sous-espace vectoriel de EE de dimension k−1k-1. Comme dim⁡E=n\dim E = n et k−1≤n−2k-1 \leq n-2, on peut compléter une base (e1,…,ek−1)(e_1, \dots, e_{k-1}) de HH en une base (e1,…,en)(e_1, \dots, e_n) de EE. Considérons les deux sous-espaces suivants :
    F1=H⊕Vect(ek)etF2=H⊕Vect(ek+1)F_1 = H \oplus \text{Vect}(e_k)   \text{et}   F_2 = H \oplus \text{Vect}(e_{k+1})
    Ces deux sous-espaces sont de dimension kk. Par hypothèse, ils sont stables par ff. D'après le point précédent, leur intersection est stable par ff. Or :
    F1∩F2=HF_1 \cap F_2 = H
    Par conséquent, tout sous-espace de dimension k−1k-1 est stable par ff. En réitérant ce raisonnement (ou par une récurrence descendante immédiate), on en déduit que :
    Toutes les droites de E sont stables par f\boxed{\text{Toutes les droites de } E \text{ sont stables par } f}

  3. Identification de l'endomorphisme. Soit x∈E∖{0}x \in E \setminus \{0\}. La droite Vect(x)\text{Vect}(x) est stable, donc il existe un scalaire λx∈K\lambda_x \in \mathbb{K} tel que :
    f(x)=λxxf(x) = \lambda_x x
    Montrons que λx\lambda_x est indépendant de xx. Soient xx et yy deux vecteurs non nuls. Cas 1 : (x,y)(x, y) est une famille libre. On a f(x)=λxxf(x) = \lambda_x x, f(y)=λyyf(y) = \lambda_y y et f(x+y)=λx+y(x+y)f(x+y) = \lambda_{x+y}(x+y). Par linéarité :
    λx+y(x+y)=λxx+λyy  ⟹  (λx+y−λx)x+(λx+y−λy)y=0\lambda_{x+y}(x+y) = \lambda_x x + \lambda_y y \implies (\lambda_{x+y} - \lambda_x)x + (\lambda_{x+y} - \lambda_y)y = 0
    Par liberté de (x,y)(x, y), on obtient λx=λx+y=λy\lambda_x = \lambda_{x+y} = \lambda_y. Cas 2 : (x,y)(x, y) est liée. Comme n≥2n \geq 2, on peut choisir un vecteur zz tel que (x,z)(x, z) soit libre. Alors λx=λz\lambda_x = \lambda_z et λy=λz\lambda_y = \lambda_z d'après le premier cas, donc λx=λy\lambda_x = \lambda_y. Il existe donc un unique λ∈K\lambda \in \mathbb{K} tel que ∀x∈E,f(x)=λx\forall x \in E, f(x) = \lambda x.

  4. Conclusion. L'endomorphisme ff est une homothétie.
    f∈{λIdE, λ∈K}\boxed{f \in \{ \lambda \text{Id}_E,   \lambda \in \mathbb{K} \}}

Ne pas oublier de traiter le cas où la famille (x,y)(x, y) est liée lors de la démonstration finale de l'homothétie. L'existence d'un vecteur zz indépendant de xx nécessite l'hypothèse n≥2n \geq 2.