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Soient n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et p∈{1,…,n−1}p \in \{1, \dots, n-1\}. On considère une matrice M∈Mn(K)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) (où K=R\mathbb{K} = \mathbb{R} ou C\mathbb{C}) écrite sous la forme de blocs suivante :

M=(A0BC)M = \begin{pmatrix} A & 0
B & C \end{pmatrix}
où A∈Mp(K)A \in \mathcal{M}_p(\mathbb{K}), B∈Mn−p,p(K)B \in \mathcal{M}_{n-p, p}(\mathbb{K}) et C∈Mn−p(K)C \in \mathcal{M}_{n-p}(\mathbb{K}). On suppose que la matrice MM est diagonalisable.

  1. Soit Z∈KnZ \in \mathbb{K}^n. On décompose ZZ sous la forme Z=(XY)Z = \begin{pmatrix} X
    Y \end{pmatrix}
    avec X∈KpX \in \mathbb{K}^p et Y∈Kn−pY \in \mathbb{K}^{n-p}. Démontrer qu'il existe une famille (Z1,…,Zp)(Z_1, \dots, Z_p) de vecteurs propres de MM telle que leurs composantes supérieures (X1,…,Xp)(X_1, \dots, X_p) forment une base de Kp\mathbb{K}^p.

  2. En déduire que la matrice AA est diagonalisable.

  3. Soit uu un endomorphisme diagonalisable d'un espace vectoriel EE de dimension finie. Soit FF un sous-espace vectoriel de EE stable par uu. En utilisant les résultats précédents, prouver que l'endomorphisme induit u∣Fu_{|F} est diagonalisable.

1.

Pour la question 1, utiliser le fait qu'une matrice diagonalisable admet une base de vecteurs propres et considérer l'application linéaire de projection sur les pp premières coordonnées.

2.

Pour la question 2, traduire la relation MZ=λZMZ = \lambda Z en un système d'équations par blocs pour voir que XX est un vecteur propre de AA.

3.

Pour la question 3, traduire la stabilité de FF par une forme matricielle par blocs. Attention à la position du bloc nul et utiliser la transposition si nécessaire.

Idées clés

•

Lien entre diagonalisabilité et existence d'une base de vecteurs propres.

•

Utilisation d'une application linéaire de projection pour transporter une famille génératrice.

•

Lien entre la diagonalisabilité d'une matrice et celle de sa transposée.

Résolution.

  1. Puisque MM est diagonalisable dans Mn(K)\mathcal{M}_n(\mathbb{K}), il existe une base (Z1,…,Zn)(Z_1, \dots, Z_n) de Kn\mathbb{K}^n constituée de vecteurs propres de MM.

    Considérons l'application linéaire de projection sur les pp premières composantes :

    π:{Kn→Kp(XY)↦X\pi : \begin{cases} \mathbb{K}^n \to \mathbb{K}^p
    \begin{pmatrix} X
    Y \end{pmatrix} \mapsto X \end{cases}
    Cette application est clairement surjective. Par conséquent, l'image par π\pi d'une base de l'espace de départ est une famille génératrice de l'espace d'arrivée.

    On en déduit que la famille (π(Z1),…,π(Zn))=(X1,…,Xn)(\pi(Z_1), \dots, \pi(Z_n)) = (X_1, \dots, X_n) est une famille génératrice de Kp\mathbb{K}^p.

    D'après le théorème de la base extraite, il existe pp indices j1,…,jpj_1, \dots, j_p tels que la famille (Xj1,…,Xjp)(X_{j_1}, \dots, X_{j_p}) soit une base de Kp\mathbb{K}^p. Les vecteurs Zj1,…,ZjpZ_{j_1}, \dots, Z_{j_p} étant des éléments d'une base de vecteurs propres de MM, ils sont eux-mêmes des vecteurs propres de MM.

    Il existe (Zj1,…,Zjp) vecteurs propres de M tels que (Xjk)1≤k≤p soit une base de Kp.\boxed{\text{Il existe } (Z_{j_1}, \dots, Z_{j_p}) \text{ vecteurs propres de } M \text{ tels que } (X_{j_k})_{1 \le k \le p} \text{ soit une base de } \mathbb{K}^p.}

  2. Soit Z=(XY)Z = \begin{pmatrix} X
    Y \end{pmatrix}
    un vecteur propre de MM associé à la valeur propre λ\lambda. L'équation MZ=λZMZ = \lambda Z s'écrit par blocs :
    (A0BC)(XY)=λ(XY)  ⟺  {AX=λXBX+CY=λY\begin{pmatrix} A & 0
    B & C \end{pmatrix} \begin{pmatrix} X
    Y \end{pmatrix} = \lambda \begin{pmatrix} X
    Y \end{pmatrix} \iff \begin{cases} AX = \lambda X
    BX + CY = \lambda Y \end{cases}
    On remarque que si X≠0X \neq 0, alors XX est un vecteur propre de AA pour la valeur propre λ\lambda. D'après la question précédente, il existe une base (Xj1,…,Xjp)(X_{j_1}, \dots, X_{j_p}) de Kp\mathbb{K}^p où chaque XjkX_{j_k} est le "bloc haut" d'un vecteur propre ZjkZ_{j_k} de MM. Comme les vecteurs d'une base sont non nuls, chaque XjkX_{j_k} est un vecteur propre de AA.
    A posseˋde une base de vecteurs propres, donc A est diagonalisable.\boxed{A \text{ possède une base de vecteurs propres, donc } A \text{ est diagonalisable.}}

  3. Soit u∈L(E)u \in \mathcal{L}(E) un endomorphisme diagonalisable et FF un sous-espace stable par uu. Soit BF=(f1,…,fp)\mathcal{B}_F = (f_1, \dots, f_p) une base de FF, que l'on complète en une base B=(f1,…,fp,g1,…,gn−p)\mathcal{B} = (f_1, \dots, f_p, g_1, \dots, g_{n-p}) de EE. La matrice de uu dans cette base est de la forme :
    MatB(u)=(AD0C)\text{Mat}_{\mathcal{B}}(u) = \begin{pmatrix} A & D
    0 & C \end{pmatrix}
    où AA est la matrice de l'endomorphisme induit v=u∣Fv = u_{|F} dans la base BF\mathcal{B}_F. La matrice M=MatB(u)M = \text{Mat}_{\mathcal{B}}(u) est diagonalisable car uu l'est. Pour se ramener à la forme de la question 2, considérons la transposée de MM :
    MT=(AT0DTCT)M^T = \begin{pmatrix} A^T & 0
    D^T & C^T \end{pmatrix}
    Rappelons qu'une matrice est diagonalisable si et seulement si sa transposée l'est (elles ont le même polynôme minimal, ou on peut transposer la relation M=PDP−1M=PDP^{-1}). Ainsi MTM^T est diagonalisable. Par le résultat de la question 2, la matrice ATA^T est diagonalisable. En transposant à nouveau, on en déduit que AA est diagonalisable.
    L’endomorphisme induit u∣F est diagonalisable.\boxed{\text{L'endomorphisme induit } u_{|F} \text{ est diagonalisable.}}

Dans la question 3, si on utilise la base adaptée au sous-espace stable FF, le bloc de zéros apparaît en bas à gauche et non en haut à droite. Il est crucial d'utiliser la transposition ou de refaire le raisonnement symétrique pour conclure proprement.