Soit un entier naturel non nul. On considère l'ensemble des matrices inversibles à coefficients complexes, noté .
L'objectif est de déterminer l'ensemble des matrices qui commutent avec toutes les matrices qui leur sont semblables.
Autrement dit, on cherche les matrices telles que :
Montrer que si commute avec tous ses conjugués, alors tous les éléments de la classe de similitude de commutent entre eux.
Utiliser le fait qu'une famille de matrices qui commutent possède (sur ) un vecteur propre commun.
Étudier l'action de sur ce vecteur propre commun pour en déduire que tout vecteur de est un vecteur propre de .
Structure de la classe de similitude .
Propriété de codiagonalisation (ou d'existence d'un vecteur propre commun) pour les familles commutantes.
Caractérisation des matrices scalaires (homothéties).
Résolution.
Soit une matrice vérifiant la propriété. Notons sa classe de similitude.
Soient et deux matrices semblables à . Il existe tel que . Par hypothèse, commute avec toute matrice de sa classe de similitude. En particulier :
L'ensemble est une famille de matrices de qui commutent. Puisque le corps de base est , cette famille admet un vecteur propre commun. Il existe donc un vecteur tel que pour tout , soit un vecteur propre de . Pour tout , il existe donc un scalaire tel que :
L'égalité précédente se réécrit :
Si tout vecteur non nul est un vecteur propre, alors est une homothétie. En effet, si est la base canonique, on a . De plus, , ce qui donne , d'où . Ainsi, il existe tel que . Comme , on doit avoir . Réciproquement, si avec , alors pour tout , . La matrice commute évidemment avec .
L'ensemble recherché est donc :
Une erreur classique serait de penser que doit être diagonalisable pour utiliser l'argument du vecteur propre. Or, le résultat sur l'existence d'un vecteur propre commun pour une famille de commutants est vrai dès que les matrices commutent sur un corps algébriquement clos, sans hypothèse de diagonalisabilité.