Soient et un corps ( ou ). On considère trois matrices appartenant à .
On suppose que les matrices et sont diagonalisables dans . On suppose également qu'il existe un entier naturel non nul tel que :
Démontrer que l'on a nécessairement :
Utiliser le fait qu'une matrice est diagonalisable si et seulement si elle est semblable à une matrice diagonale.
Exprimer la relation en passant par les matrices de passage et qui diagonalisent respectivement et .
Étudier l'égalité obtenue coefficient par coefficient.
Réduction au cas diagonal par similitude.
Analyse de la structure du produit où sont diagonales.
Propriété de l'élévation à la puissance dans un corps : .
Résolution.
Puisque les matrices et sont diagonalisables dans , il existe deux matrices inversibles et deux matrices diagonales telles que :
Notons et les éléments diagonaux respectifs de et .
Pour tout entier , on a par récurrence immédiate :
L'hypothèse se réécrit donc :
En multipliant à gauche par et à droite par , on obtient l'égalité équivalente :
Introduisons la matrice , dont les coefficients sont notés . L'égalité précédente devient :
Calculons le coefficient d'indice du produit . Comme et sont diagonales, ce coefficient est simplement :
On peut regrouper les termes sous la forme suivante :
Dans le corps , un produit de deux éléments est nul si et seulement si l'un des deux est nul. De plus, pour tout , implique (puisque est intègre). Ainsi, l'égalité précédente implique :
Cette condition est satisfaite pour tous les couples d'indices . Elle signifie exactement que la matrice est nulle. En effet :
Il ne reste plus qu'à revenir aux matrices initiales en multipliant par et :
On conclut donc :
Une erreur fréquente consiste à essayer de "simplifier" par ou sans s'assurer que les matrices sont inversibles. Ici, et peuvent être singulières. Le passage par la forme diagonale est crucial pour traiter le noyau de ces matrices.