Soit \(M \in \mathcal{M}_{3}(\mathbb{R})\) une matrice différente de la matrice identité \(I_3\), satisfaisant la relation :
Utiliser le polynôme annulateur \(P(X) = X^3 - 1\) et ses racines dans \(\mathbb{C}\).
Se rappeler qu'une matrice réelle dont le polynôme minimal est à racines simples est diagonalisable sur \(\mathbb{C}\).
Exploiter le fait que si \(\lambda\) est une valeur propre complexe d'une matrice réelle, alors \(\overline{\lambda}\) l'est aussi avec la même multiplicité.
Utiliser le résultat suivant : deux matrices de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) semblables dans \(\mathcal{M}_n(\mathbb{C})\) sont également semblables dans \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\).
Polynôme annulateur scindé à racines simples.
Structure du spectre d'une matrice réelle (conjugaison).
Lien entre similitude réelle et similitude complexe.
Résolution.
Le polynôme \(P(X) = X^3 - 1\) est un polynôme annulateur de \(M\). Ses racines dans \(\mathbb{C}\) sont les racines troisièmes de l'unité :
Le polynôme \(P\) est scindé à racines simples dans \(\mathbb{C}\). Par conséquent, la matrice \(M\) est diagonalisable dans \(\mathcal{M}_3(\mathbb{C})\). Si \(\text{Sp}_{\mathbb{C}}(M) = \{1\}\), alors la forme diagonale de \(M\) serait \(I_3\). Comme \(M\) est diagonalisable, cela impliquerait \(M = I_3\), ce qui est exclu par l'énoncé. Comme \(M \in \mathcal{M}_3(\mathbb{R})\), son polynôme caractéristique \(\chi_M\) est à coefficients réels et de degré 3. Si une valeur propre complexe non réelle (ici \(j\) ou \(j^2\)) est racine de \(\chi_M\), alors son conjugué l'est aussi avec la même multiplicité. Ici, \(\overline{j} = j^2\). Ainsi, \(j\) et \(j^2\) sont nécessairement valeurs propres de \(M\). Comme la somme des multiplicités des valeurs propres (comptées avec leur multiplicité) doit être égale à 3, la seule possibilité restante pour la troisième valeur propre est 1.
On en déduit l'ensemble des valeurs propres complexes de \(M\) :
D'après la question précédente, les valeurs propres de \(M\) sont distinctes (1, \(j\), et \(j^2\)). La matrice \(M\) est donc semblable dans \(\mathcal{M}_3(\mathbb{C})\) à la matrice diagonale :
Considérons maintenant la matrice \(A\) proposée dans l'énoncé. Calculons son polynôme caractéristique par un développement suivant la première ligne :
Les racines de \(X^2 + X + 1\) sont précisément \(j\) et \(j^2\). Ainsi :
La matrice \(A\) possède trois valeurs propres complexes distinctes. Elle est donc également semblable dans \(\mathcal{M}_3(\mathbb{C})\) à la matrice diagonale \(D\). Par transitivité de la relation de similitude :
Or, un résultat classique de réduction stipule que si deux matrices réelles sont semblables dans \(\mathcal{M}_n(\mathbb{C})\), elles le sont aussi dans \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\). Par conséquent :
L'erreur fréquente consiste à oublier de justifier que \(M\) est diagonalisable. Sans la diagonalisabilité, le fait que le spectre soit inclus dans \(\{1, j, j^2\}\) ne suffirait pas à dire que \(M\) est semblable à une matrice diagonale ou à la matrice \(A\). Ici, c'est le fait que le polynôme annulateur \(X^3-1\) soit à racines simples qui assure cette propriété.