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Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et A∈GLn(R)A \in \mathrm{GL}_n(\mathbb{R}).

Démontrer que la matrice AA est diagonalisable dans Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) si, et seulement si, la matrice A−A−1A - A^{-1} est diagonalisable dans Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}).

1.

Pour le sens direct, utiliser la définition de la diagonalisabilité par la similitude à une matrice diagonale.

2.

Pour le sens réciproque, utiliser le critère de diagonalisabilité portant sur l'existence d'un polynôme annulateur scindé à racines simples.

3.

Étudier la fonction f:x↦x−1xf : x \mapsto x - \frac{1}{x} sur R∗\mathbb{R}^* pour analyser les racines du polynôme construit.

Idées clés

•

Lien entre diagonalisabilité de uu et de P(u)P(u).

•

Critère polynomial : une matrice est diagonalisable sur K\mathbb{K} si et seulement s'il existe un polynôme P∈K[X]P \in \mathbb{K}[X] scindé à racines simples sur K\mathbb{K} tel que P(A)=0P(A) = 0.

•

Analyse de l'équation du second degré x2−μx−1=0x^2 - \mu x - 1 = 0.

Sens direct (  ⟹  \implies).

Supposons que AA soit diagonalisable sur R\mathbb{R}.

Il existe donc P∈GLn(R)P \in \mathrm{GL}_n(\mathbb{R}) et D=diag(λ1,…,λn)∈Mn(R)D = \mathrm{diag}(\lambda_1, \dots, \lambda_n) \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) telles que :

A=PDP−1A = PDP^{-1}

Comme AA est inversible, ses valeurs propres sont toutes non nulles. On a alors :

A−1=(PDP−1)−1=PD−1P−1A^{-1} = (PDP^{-1})^{-1} = PD^{-1}P^{-1}

On en déduit l'expression de la différence :

A−A−1=P(D−D−1)P−1A - A^{-1} = P(D - D^{-1})P^{-1}

La matrice D−D−1D - D^{-1} est une matrice diagonale dont les coefficients diagonaux sont λi−1λi\lambda_i - \frac{1}{\lambda_i}.

A−A−1 est donc semblable aˋ une matrice diagonale reˊelle, elle est diagonalisable.\boxed{ A - A^{-1} \text{ est donc semblable à une matrice diagonale réelle, elle est diagonalisable.} }

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Sens réciproque (  ⟸  \impliedby).

Supposons que B=A−A−1B = A - A^{-1} soit diagonalisable sur R\mathbb{R}.

Il existe donc un polynôme Q∈R[X]Q \in \mathbb{R}[X] scindé à racines simples sur R\mathbb{R} qui annule BB. Notons μ1,…,μk\mu_1, \dots, \mu_k les racines distinctes de QQ. On a :

Q(X)=∏i=1k(X−μi)etQ(B)=0Q(X) = \prod_{i=1}^k (X - \mu_i)   \text{et}   Q(B) = 0

En remplaçant BB par son expression en fonction de AA, on obtient :

∏i=1k(A−A−1−μiI)=0\prod_{i=1}^k (A - A^{-1} - \mu_i I) = 0

Multiplions cette égalité par AkA^k (qui commute avec tous les facteurs). Comme AA est inversible, cela ne change pas le caractère nul de l'expression :

Ak∏i=1k(A−A−1−μiI)=∏i=1k(A2−μiA−I)=0A^k \prod_{i=1}^k (A - A^{-1} - \mu_i I) = \prod_{i=1}^k (A^2 - \mu_i A - I) = 0

Posons le polynôme P(X)=∏i=1k(X2−μiX−1)P(X) = \prod_{i=1}^k (X^2 - \mu_i X - 1). Par construction, P(A)=0P(A) = 0.

Étudions les racines de PP. Pour chaque i∈{1,…,k}i \in \{1, \dots, k\}, les racines de X2−μiX−1X^2 - \mu_i X - 1 sont données par le discriminant :

Δi=μi2+4\Delta_i = \mu_i^2 + 4

Puisque μi∈R\mu_i \in \mathbb{R}, on a Δi>0\Delta_i > 0. Chaque trinôme possède donc deux racines réelles distinctes :

xi,1=μi−μi2+42etxi,2=μi+μi2+42x_{i,1} = \frac{\mu_i - \sqrt{\mu_i^2+4}}{2}   \text{et}   x_{i,2} = \frac{\mu_i + \sqrt{\mu_i^2+4}}{2}

Vérifions que toutes ces racines sont distinctes. Soit f(x)=x−1xf(x) = x - \frac{1}{x} définie sur R∗\mathbb{R}^*. On remarque que xx est racine de PP si et seulement si f(x)=μif(x) = \mu_i pour un certain ii. La dérivée f′(x)=1+1x2f'(x) = 1 + \frac{1}{x^2} est strictement positive sur ]−∞,0[]-\infty, 0[ et sur ]0,+∞[]0, +\infty[.

1. Si i≠ji \neq j, alors μi≠μj\mu_i \neq \mu_j. L'injectivité de ff sur chaque intervalle assure que les racines sont distinctes deux à deux au sein d'un même intervalle.

2. De plus, pour tout ii, le produit des racines xi,1xi,2=−1x_{i,1}x_{i,2} = -1. Ainsi, l'une est strictement négative (xi,1x_{i,1}) et l'autre est strictement positive (xi,2x_{i,2}).

Si i≠ji \neq j, alors xi,1≠xj,1x_{i,1} \neq x_{j,1} (car f(xi,1)=μi≠μj=f(xj,1)f(x_{i,1}) = \mu_i \neq \mu_j = f(x_{j,1})) et de même pour les racines positives. Comme une racine négative ne peut être égale à une racine positive, les 2k2k racines sont bien distinctes.

P est un polynoˆme annulateur de A, scindeˊ aˋ racines simples sur R.\boxed{ P \text{ est un polynôme annulateur de } A, \text{ scindé à racines simples sur } \mathbb{R}. }

En conclusion, AA est diagonalisable sur R\mathbb{R}.

L'erreur classique est d'oublier de vérifier que les racines du polynôme construit sont bien réelles et distinctes. Le fait que Δi=μi2+4>0\Delta_i = \mu_i^2 + 4 > 0 est l'argument clé pour la réalité des racines.