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Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et A∈Mn(R)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) une matrice satisfaisant la relation :

A2+A+In=0A^2 + A + I_n = 0

  1. Étudier la diagonalisabilité de la matrice AA dans Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}), puis dans Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}).
  2. En déduire les valeurs possibles pour l'entier nn.
  3. Déterminer explicitement la trace et le déterminant de la matrice AA en fonction de nn.

1.

Utiliser le polynôme P(X)=X2+X+1P(X) = X^2 + X + 1 comme polynôme annulateur.

2.

Rechercher les racines de ce polynôme dans C\mathbb{C} et vérifier si elles sont réelles.

3.

Utiliser le fait que pour une matrice réelle, les valeurs propres non réelles apparaissent par paires conjuguées avec la même multiplicité.

4.

Exprimer la trace comme la somme des valeurs propres et le déterminant comme leur produit.

Idées clés

•

Lien entre racines d'un polynôme annulateur et spectre.

•

Critère de diagonalisabilité par les polynômes annulateurs (polynôme scindé à racines simples).

•

Propriété de conjugaison des valeurs propres pour les matrices réelles.

Résolution.

  1. Étude de la diagonalisabilité. Considérons le polynôme P(X)=X2+X+1P(X) = X^2 + X + 1. Par hypothèse, PP est un polynôme annulateur de AA. Calculons les racines de PP. Le discriminant est Δ=12−4=−3\Delta = 1^2 - 4 = -3. Les racines de PP dans C\mathbb{C} sont :
    j=ei2π3=−1+i32etjˉ=e−i2π3=−1−i32j = e^{i\frac{2\pi}{3}} = \frac{-1 + i\sqrt{3}}{2}   \text{et}   \bar{j} = e^{-i\frac{2\pi}{3}} = \frac{-1 - i\sqrt{3}}{2}
    ∙\bullet Sur le corps C\mathbb{C :} Le polynôme PP est scindé sur C\mathbb{C} et possède deux racines complexes distinctes (jj et jˉ\bar{j}). Puisque AA admet un polynôme annulateur scindé à racines simples sur C\mathbb{C}, on en déduit :
    A est diagonalizable dans Mn(C)\boxed{\text{A est diagonalizable dans } \mathcal{M}_n(\mathbb{C})}
    ∙\bullet Sur le corps R\mathbb{R :} Les racines de PP ne sont pas réelles. Ainsi, le spectre de AA dans R\mathbb{R} est vide : SpR(A)=∅\text{Sp}_{\mathbb{R}}(A) = \emptyset. Pour n≥1n \geq 1, une matrice diagonalisable sur R\mathbb{R} doit posséder toutes ses valeurs propres dans R\mathbb{R}. Par conséquent :
    A n’est pas diagonalizable dans Mn(R)\boxed{\text{A n'est pas diagonalizable dans } \mathcal{M}_n(\mathbb{R})}

  2. Condition sur l'entier nn. Puisque AA est une matrice réelle, son polynôme caractéristique χA\chi_A est à coefficients réels. Si λ∈C\lambda \in \mathbb{C} est une valeur propre de AA de multiplicité mm, alors λˉ\bar{\lambda} est aussi valeur propre de AA avec la même multiplicité mm. Ici, les seules valeurs propres possibles dans C\mathbb{C} sont jj et jˉ\bar{j} (racines du polynôme annulateur). Notons m1m_1 la multiplicité de jj et m2m_2 celle de jˉ\bar{j}. D'après la remarque précédente :
    m1=m2=kouˋ k∈Nm_1 = m_2 = k   \text{où } k \in \mathbb{N}
    La somme des multiplicités étant égale à la dimension de l'espace, on a n=m1+m2=2kn = m_1 + m_2 = 2k. L'entier nn est donc nécessairement pair.
    n∈2N∗\boxed{n \in 2\mathbb{N}^*}

  3. Calcul de la trace et du déterminant. La trace est la somme des valeurs propres comptées avec multiplicité. \begin{align*} \text{Tr}(A) &= k \cdot j + k \cdot \bar{j}
    \text{Tr}(A) &= k (j + \bar{j}) \end{align*} Or, d'après les relations entre racines et coefficients pour X2+X+1X^2 + X + 1, on sait que j+jˉ=−1j + \bar{j} = -1. Comme k=n/2k = n/2, on obtient :
    Tr(A)=−n2\boxed{\text{Tr}(A) = -\frac{n}{2}}
    Le déterminant est le produit des valeurs propres comptées avec multiplicité. \begin{align*} \text{det}(A) &= j^k \cdot \bar{j}^k
    \text{det}(A) &= (j\bar{j})^k \end{align*} Or, jjˉ=∣j∣2=1j\bar{j} = |j|^2 = 1. Ainsi :
    det(A)=1\boxed{\text{det}(A) = 1}

Attention à ne pas oublier que si AA est une matrice réelle, son spectre complexe est stable par conjugaison. C'est l'argument clé pour affirmer que jj et jˉ\bar{j} ont la même multiplicité et que nn est pair.