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Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et A∈Mn(R)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}). On suppose que l'ensemble des valeurs propres de AA est inclus dans R\mathbb{R}. On suppose par ailleurs qu'il existe un entier p⩾1p \geqslant 1 tel que :

Ap=InA^p = I_n

Démontrer que l'on a nécessairement A2=InA^2 = I_n.

1.

Utiliser l'existence d'un polynôme annulateur simple pour justifier la diagonalisabilité de AA sur C\mathbb{C}.

2.

Déterminer les valeurs propres possibles de AA en cherchant les racines réelles de ce polynôme annulateur.

3.

Conclure sur la forme de la matrice diagonale associée.

Idées clés

•

Lien entre polynôme annulateur à racines simples et diagonalisabilité.

•

Étude des racines réelles du polynôme Xp−1X^p - 1.

•

Propriété des matrices diagonalisables dont le spectre est réduit à {−1,1}\{-1, 1\}.

Résolution.

Considérons le polynôme P(X)=Xp−1P(X) = X^p - 1. Par hypothèse, on a P(A)=0nP(A) = 0_n. Le polynôme PP est un polynôme annulateur de AA.

Les racines de PP dans C\mathbb{C} sont les racines pp-ièmes de l'unité :

Roots(P)={ei2kπp∣k∈⟦0,p−1⟧}\text{Roots}(P) = \left\{ e^{i\frac{2k\pi}{p}} \mid k \in \llbracket 0, p-1 \rrbracket \right\}

Ces racines sont deux à deux distinctes, donc le polynôme PP est à racines simples dans C[X]\mathbb{C}[X].

D'après le critère de diagonalisabilité, la matrice AA est diagonalisable dans Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}). Il existe donc une matrice P∈GLn(C)P \in GL_n(\mathbb{C}) et une matrice diagonale D∈Mn(C)D \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) telles que :

A=PDP−1A = PDP^{-1}

Soit λ\lambda une valeur propre de AA. On sait que toute valeur propre d'une matrice est racine de tout polynôme annulateur de cette matrice. Par conséquent, λp=1\lambda^p = 1.

De plus, l'énoncé précise que le spectre de AA est inclus dans R\mathbb{R}. On cherche donc les racines réelles de Xp−1X^p - 1. Deux cas se présentent selon la parité de pp :

  • Si pp est impair, la seule racine réelle est 11.
  • Si pp est pair, les seules racines réelles sont 11 et −1-1.

Dans tous les cas, les valeurs propres réelles possibles de AA appartiennent à l'ensemble {−1,1}\{-1, 1\}. On en déduit que :

sp(A)⊂{−1,1}\text{sp}(A) \subset \{-1, 1\}

La matrice diagonale DD a ses coefficients diagonaux dans sp(A)\text{sp}(A). Puisque chaque coefficient diagonal di,id_{i,i} vérifie di,i∈{−1,1}d_{i,i} \in \{-1, 1\}, on a pour tout ii :

di,i2=1d_{i,i}^2 = 1

On en conclut que :

D2=InD^2 = I_n

En revenant à la matrice AA par similitude : \begin{align*} A^2 &= (PDP^{-1})^2
&= PD^2P^{-1}
&= PI_nP^{-1} \end{align*}

On obtient finalement le résultat souhaité :

A2=In\boxed{A^2 = I_n}

Une erreur classique est de vouloir conclure immédiatement sans invoquer la diagonalisabilité. Une matrice peut avoir un spectre réduit à {1}\{1\} sans être l'identité (par exemple une matrice nilpotente plus l'identité). Ici, c'est bien le caractère diagonalisable (issu du polynôme annulateur) qui permet de passer du spectre à la valeur de la matrice.