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Soit EE un C\mathbb{C}-espace vectoriel de dimension finie. On considère une famille finie de vecteurs S={x1,…,xm}\mathcal{S} = \{x_1, \dots, x_m\} qui engendre EE.

Soit uu un endomorphisme de EE tel que l'image de la famille S\mathcal{S} par uu soit exactement S\mathcal{S}, c'est-à-dire u(S)=Su(\mathcal{S}) = \mathcal{S}.

Démontrer que l'endomorphisme uu est diagonalisable.

1.

Étudier la restriction de l'application uu à l'ensemble fini S\mathcal{S} pour en déduire une relation sur les puissances de uu.

2.

Utiliser le fait que S\mathcal{S} est une famille génératrice pour étendre cette relation à l'espace EE tout entier.

3.

Conclure à l'aide d'un polynôme annulateur scindé à racines simples.

Idées clés

•

Lien entre permutation d'un ensemble fini et endomorphisme induit.

•

Caractérisation de la diagonalisabilité par l'existence d'un polynôme annulateur scindé à racines simples.

•

Extension d'une propriété d'une famille génératrice à l'espace entier par linéarité.

1. Étude de l'action de uu sur l'ensemble fini S\mathcal{S.}

Par hypothèse, uu induit une application de S\mathcal{S} dans lui-même.

Puisque u(S)=Su(\mathcal{S}) = \mathcal{S} et que S\mathcal{S} est un ensemble fini, cette application est une surjection d'un ensemble fini vers lui-même, donc c'est une bijection.

Ainsi, l'action de uu sur S\mathcal{S} définit une permutation de ses éléments. Notons σ\sigma la permutation de l'ensemble des indices {1,…,m}\{1, \dots, m\} telle que :

∀i∈{1,…,m},u(xi)=xσ(i)\forall i \in \{1, \dots, m\},   u(x_i) = x_{\sigma(i)}

2. Recherche d'un polynôme annulateur.

Considérons le groupe symétrique Sm\mathfrak{S}_m des permutations de {1,…,m}\{1, \dots, m\}. Ce groupe est fini et possède m!m! éléments.

D'après le théorème de Lagrange (ou par l'existence d'un ordre pour tout élément d'un groupe fini), il existe un entier k∈N∗k \in \mathbb{N}^* tel que σk=id{1,…,m}\sigma^k = \text{id}_{\{1, \dots, m\}}.

On en déduit que pour tout vecteur xix_i de la famille S\mathcal{S} :

uk(xi)=xσk(i)=xiu^k(x_i) = x_{\sigma^k(i)} = x_i

Soit maintenant un vecteur quelconque v∈Ev \in E. Puisque S\mathcal{S} est une famille génératrice de EE, il existe des scalaires λ1,…,λm∈C\lambda_1, \dots, \lambda_m \in \mathbb{C} tels que :

v=∑i=1mλixiv = \sum_{i=1}^m \lambda_i x_i

Par linéarité de uku^k, on obtient :

uk(v)=uk(∑i=1mλixi)=∑i=1mλiuk(xi)=∑i=1mλixi=vu^k(v) = u^k\left( \sum_{i=1}^m \lambda_i x_i \right) = \sum_{i=1}^m \lambda_i u^k(x_i) = \sum_{i=1}^m \lambda_i x_i = v

Comme cette égalité est vraie pour tout v∈Ev \in E, nous avons établi que :

uk=IdE\boxed{u^k = \text{Id}_E}

3. Conclusion sur la diagonalisabilité.

L'endomorphisme uu est donc annulé par le polynôme :

P(X)=Xk−1P(X) = X^k - 1

Sur le corps des complexes C\mathbb{C}, ce polynôme se décompose de la manière suivante :

P(X)=∏j=0k−1(X−e2ijπk)P(X) = \prod_{j=0}^{k-1} \left( X - e^{\frac{2ij\pi}{k}} \right)

On observe que PP est scindé sur C\mathbb{C} et que ses racines sont les racines kk-ièmes de l'unité. Ces racines sont toutes distinctes deux à deux.

Le polynoˆme P est scindeˊ aˋ racines simples sur C\boxed{\text{Le polynôme } P \text{ est scindé à racines simples sur } \mathbb{C}}

D'après le critère de diagonalisation par les polynômes annulateurs, l'existence d'un tel polynôme implique que :

u est diagonalisable\boxed{u \text{ est diagonalisable}}

Attention à ne pas oublier de mentionner que S\mathcal{S} est génératrice. Si S\mathcal{S} n'engendrait qu'un sous-espace stable FF, on pourrait seulement conclure que la restriction de uu à FF est diagonalisable.