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On se propose d'étudier les matrices dont la trace est fixée et qui annulent un polynôme spécifique.

  1. Soit K\mathbb{K} un corps de caractéristique nulle (par exemple R\mathbb{R} ou C\mathbb{C}). Déterminer l'ensemble des matrices A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{K}) vérifiant les deux conditions suivantes :
    A2=AetTr⁡(A)=0A^{2} = A   \text{et}   \operatorname{Tr}(A) = 0

  2. Soit M∈Mn(C)M \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{C}) une matrice telle que Mn=InM^{n} = I_{n}. Montrer que si Tr⁡(M)=n\operatorname{Tr}(M) = n, alors la matrice MM est nécessairement l'identité InI_n.

1.

Pour la première question, identifiez la nature géométrique des matrices vérifiant A2=AA^2=A et utilisez le lien entre la trace et le rang pour ces objets.

2.

Pour la seconde question, exploitez la diagonalisabilité de MM sur C\mathbb{C} et étudiez ses valeurs propres. Utilisez l'inégalité triangulaire sur les nombres complexes ou une étude des parties réelles.

Idées clés

•

Lien entre trace d'un projecteur et son rang.

•

Diagonalisabilité par un polynôme annulateur scindé à racines simples.

•

Cas d'égalité de l'inégalité triangulaire ou étude des parties réelles pour les racines de l'unité.

Résolution.

  1. Étude des projecteurs de trace nulle. Soit A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{K}) telle que A2=AA^{2} = A. La matrice AA annule le polynôme P(X)=X2−X=X(X−1)P(X) = X^2 - X = X(X-1). Ce polynôme est scindé à racines simples dans K\mathbb{K} (les racines sont 0 et 1). Par conséquent, AA est une matrice de projecteur et elle est diagonalisable. Ses valeurs propres appartiennent à l'ensemble {0,1}\{0, 1\}. Soit rr le rang de la matrice AA. On sait que pour tout projecteur en dimension finie, la trace est égale au rang de l'endomorphisme associé :
    Tr⁡(A)=rg⁡(A)\operatorname{Tr}(A) = \operatorname{rg}(A)
    D'après l'énoncé, nous avons la condition Tr⁡(A)=0\operatorname{Tr}(A) = 0. On en déduit :
    rg⁡(A)=0\operatorname{rg}(A) = 0
    La seule matrice de rang nul est la matrice nulle.
    A=0Mn(K)\boxed{A = 0_{\mathcal{M}_n(\mathbb{K})}}

  2. Matrice dont les valeurs propres sont des racines de l'unité. Soit M∈Mn(C)M \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{C}) telle que Mn=InM^{n} = I_{n}. La matrice MM annule le polynôme Q(X)=Xn−1Q(X) = X^n - 1. Ce polynôme est scindé à racines simples sur C\mathbb{C} (les racines sont les nn racines nn-ièmes de l'unité). Ainsi, MM est diagonalisable sur C\mathbb{C}. Notons λ1,λ2,…,λn\lambda_1, \lambda_2, \dots, \lambda_n ses valeurs propres (comptées avec multiplicité). Chaque valeur propre λj\lambda_j vérifie λjn=1\lambda_j^n = 1, donc ∣λj∣=1|\lambda_j| = 1. La trace est la somme des valeurs propres :
    Tr⁡(M)=∑j=1nλj=n\operatorname{Tr}(M) = \sum_{j=1}^{n} \lambda_j = n
    Considérons la partie réelle de cette égalité :
    ∑j=1nRe⁡(λj)=n\sum_{j=1}^{n} \operatorname{Re}(\lambda_j) = n
    Or, pour tout j∈{1,…,n}j \in \{1, \dots, n\}, on a ∣λj∣=1|\lambda_j| = 1, ce qui implique Re⁡(λj)≤1\operatorname{Re}(\lambda_j) \leq 1. Si l'une des parties réelles était strictement inférieure à 1, la somme serait strictement inférieure à nn. Par conséquent, nous avons nécessairement :
    ∀j∈{1,…,n},Re⁡(λj)=1\forall j \in \{1, \dots, n\},   \operatorname{Re}(\lambda_j) = 1
    Comme ∣λj∣=1|\lambda_j| = 1 et Re⁡(λj)=1\operatorname{Re}(\lambda_j) = 1, le nombre complexe λj\lambda_j est obligatoirement égal à 1. L'unique valeur propre de MM est 1. Comme MM est diagonalisable, elle est semblable à InI_n, d'où :
    M=In\boxed{M = I_n}

Attention à ne pas oublier de justifier la diagonalisabilité. Une matrice dont la seule valeur propre est 1 n'est pas forcément l'identité (penser aux matrices triangulaires supérieures avec des 1 sur la diagonale et des éléments non nuls au-dessus). C'est la conjonction du spectre réduit à {1}\{1\} et de la diagonalisabilité qui permet de conclure M=InM=I_n.