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Soit EE un espace vectoriel de dimension finie sur le corps K\mathbb{K} (R\mathbb{R} ou C\mathbb{C}).

On considère un projecteur p∈L(E)p \in \mathcal{L}(E).

On définit l'application Φ\Phi sur l'espace L(E)\mathcal{L}(E) par :

∀f∈L(E),Φ(f)=12(p∘f+f∘p)\forall f \in \mathcal{L}(E),   \Phi(f) = \frac{1}{2}(p \circ f + f \circ p)

Démontrer que l'endomorphisme Φ\Phi est diagonalizable.

1.

Calculer les premières puissances de l'opérateur Φ\Phi par composition.

2.

Exprimer le terme p∘f∘pp \circ f \circ p en fonction de Φ(f)\Phi(f) et Φ2(f)\Phi^2(f).

3.

Rechercher un polynôme annulateur de Φ\Phi scindé à racines simples.

4.

Alternativement, on peut étudier l'action de Φ\Phi sur une base de L(E)\mathcal{L}(E) adaptée à la décomposition E=Im(p)⊕Ker(p)E = \text{Im}(p) \oplus \text{Ker}(p).

Idées clés

•

Utilisation d'un polynôme annulateur pour prouver la diagonalisabilité.

•

Exploitation de la relation caractéristique des projecteurs : p2=pp^2 = p.

•

Décomposition de l'espace L(E)\mathcal{L}(E) via les images et noyaux de pp.

Résolution.

Commençons par exprimer les premières puissances de l'endomorphisme Φ\Phi.

Pour tout f∈L(E)f \in \mathcal{L}(E), nous avons :

Φ(f)=12(pf+fp)\Phi(f) = \frac{1}{2}(pf + fp)

Calculons ensuite Φ2(f)=Φ(Φ(f))\Phi^2(f) = \Phi(\Phi(f)) en utilisant la linéarité de la composition et la propriété p2=pp^2 = p :

Φ2(f)=12(p∘[12(pf+fp)]+[12(pf+fp)]∘p)\Phi^2(f) = \frac{1}{2} \left( p \circ \left[ \frac{1}{2}(pf + fp) \right] + \left[ \frac{1}{2}(pf + fp) \right] \circ p \right)

En développant, il vient :

Φ2(f)=14(p2f+pfp+pfp+fp2)\Phi^2(f) = \frac{1}{4} (p^2f + pfp + pfp + fp^2)

Comme pp est un projecteur, on a p2=pp^2 = p, d'où :

Φ2(f)=14(pf+2pfp+fp)\Phi^2(f) = \frac{1}{4} (pf + 2pfp + fp)

On remarque que l'expression de Φ(f)\Phi(f) apparaît dans cette somme :

Φ2(f)=12Φ(f)+12pfp\Phi^2(f) = \frac{1}{2} \Phi(f) + \frac{1}{2} pfp

Nous pouvons donc isoler le terme central "croisé" :

pfp=2Φ2(f)−Φ(f)\boxed{ pfp = 2\Phi^2(f) - \Phi(f) }

Appliquons à présent Φ\Phi à ce résultat. Par définition de Φ\Phi :

Φ(pfp)=12(p(pfp)+(pfp)p)=12(p2fp+pfp2)\Phi(pfp) = \frac{1}{2} (p(pfp) + (pfp)p) = \frac{1}{2} (p^2fp + pfp^2)

En utilisant à nouveau p2=pp^2 = p, nous obtenons :

Φ(pfp)=12(pfp+pfp)=pfp\Phi(pfp) = \frac{1}{2} (pfp + pfp) = pfp

Ainsi, pfppfp est soit nul, soit un vecteur propre de Φ\Phi associé à la valeur propre 11.

En remplaçant pfppfp par son expression en fonction de Φ\Phi, nous obtenons une relation structurelle sur Φ\Phi :

Φ(2Φ2(f)−Φ(f))=2Φ2(f)−Φ(f)\Phi(2\Phi^2(f) - \Phi(f)) = 2\Phi^2(f) - \Phi(f)

Ce qui se traduit par l'égalité d'endomorphismes suivante :

2Φ3−Φ2=2Φ2−Φ2\Phi^3 - \Phi^2 = 2\Phi^2 - \Phi

L'endomorphisme Φ\Phi est donc annulé par le polynôme PP défini par :

P(X)=2X3−3X2+X\boxed{ P(X) = 2X^3 - 3X^2 + X }

Factorisons ce polynôme pour identifier ses racines :

P(X)=X(2X2−3X+1)=X(2X−1)(X−1)P(X) = X(2X^2 - 3X + 1) = X(2X-1)(X-1)

Les racines de PP sont 0,120, \frac{1}{2} et 11.

Le polynôme PP est scindé sur K\mathbb{K} et toutes ses racines sont simples.

D'après le critère de diagonalisation par les polynômes annulateurs, nous en concluons que :

Φ est diagonalisable\boxed{ \Phi \text{ est diagonalisable} }

Une erreur fréquente est de s'arrêter à la relation pfp=2Φ2−Φpfp = 2\Phi^2 - \Phi sans exploiter le fait que Φ(pfp)=pfp\Phi(pfp) = pfp. Il est crucial de trouver une équation portant uniquement sur les puissances de Φ\Phi pour obtenir un polynôme annulateur.