Soit \(\mathbb{K}\) un corps de caractéristique nulle. Soit \(n \in \mathbb{N}^{*}\) et \(A \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{K})\). On considère la matrice par blocs \(M\) définie par :
Pour la question 1, utiliser le déterminant par blocs d'une matrice triangulaire.
Pour la question 2, procéder par récurrence sur le degré de \(X^k\) puis utiliser la linéarité.
Pour la question 3, utiliser le fait qu'une matrice est diagonalisable si et seulement si elle annule un polynôme scindé à racines simples. Penser au théorème de Bézout pour les polynômes \(P\) et \(P'\).
Pour la question 4, remarquer que \(N\) est semblable à \(M\) par une matrice de permutation de blocs simple.
Calcul de puissance et de polynôme de matrices par blocs.
Lien entre diagonalisabilité et racines simples du polynôme minimal.
Utilisation de l'identité de Bézout pour les polynômes premiers entre eux.
Résolution.
D'après la formule du déterminant d'une matrice bloc-triangulaire, on obtient :
\medskip Comme les valeurs propres sont les racines du polynôme caractéristique, on en conclut :
Le produit par blocs donne :
On reconnaît \(P(A)\) sur la diagonale. Pour le bloc supérieur droit, notons que \(P'(X) = \sum k a_k X^{k-1}\), donc \(Q(X) = XP'(X) = \sum k a_k X^k\). On a donc bien :
Condition suffisante :
Si \(A = 0\), alors \(M = \begin{pmatrix} 0 & 0
0 & 0 \end{pmatrix} = 0_{2n}\).
La matrice nulle étant diagonalisable, la condition est suffisante.
Conclusion :
Une erreur fréquente est de penser que \(M\) est diagonalisable dès que \(A\) l'est. Or, la structure par blocs ici crée des blocs de Jordan "cachés". Même si \(A=I_n\), qui est diagonalisable, la matrice \(M\) ne l'est pas.