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Réduction d'une matrice par blocs antisymétrique

Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^*. On considère la matrice P∈M2n(R)P \in \mathcal{M}_{2n}(\mathbb{R}) définie par blocs :

P=(0In−In0)P = \begin{pmatrix} 0 & I_n
-I_n & 0 \end{pmatrix}
  1. Calculer P2P^2. En déduire les valeurs propres complexes de PP.
  2. La matrice PP est-elle diagonalisable sur R\mathbb{R} ? Sur C\mathbb{C} ?
  3. Déterminer les sous-espaces propres associés dans C2n\mathbb{C}^{2n}.

1.

Utiliser le produit par blocs pour P2P^2.

2.

Un polynôme annulateur simple permet de conclure sur la diagonalisabilité.

3.

Pour les vecteurs propres, poser V=(XY)V = \binom{X}{Y} avec X,Y∈CnX, Y \in \mathbb{C}^n.

Idées clés

•

Calcul par blocs.

•

Critère de diagonalisabilité via les polynômes annulateurs.

•

Structure des vecteurs propres pour les matrices blocs.

Résolution.

  1. Calculons P2P^2 par blocs :
    P2=(0In−In0)(0In−In0)=(−In00−In)P^2 = \begin{pmatrix} 0 & I_n
    -I_n & 0 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 0 & I_n
    -I_n & 0 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} -I_n & 0
    0 & -I_n \end{pmatrix}
    On obtient donc :
    P2=−I2n\boxed{P^2 = -I_{2n}}
    Le polynôme Q(X)=X2+1Q(X) = X^2 + 1 est un polynôme annulateur de PP. Les valeurs propres complexes de PP sont donc des racines de QQ. Comme PP n'a pas de valeur propre réelle (car x2+1=0x^2+1=0 n'a pas de solution réelle), on en déduit :
    Sp(P)={i,−i}\boxed{\mathrm{Sp}(P) = \{i, -i\}}

    • Sur R\mathbb{R} : PP n'a pas de valeur propre réelle, elle n'est donc pas diagonalisable.
    • Sur C\mathbb{C} : Le polynôme Q(X)=(X−i)(X+i)Q(X) = (X-i)(X+i) est un polynôme annulateur scindé à racines simples sur C\mathbb{C}.
    D'après le cours, la matrice PP est diagonalisable sur C\mathbb{C}.

  2. Soit V=(XY)∈C2nV = \begin{pmatrix} X
    Y \end{pmatrix} \in \mathbb{C}^{2n}
    avec X,Y∈CnX, Y \in \mathbb{C}^n. L'équation PV=iVPV = iV équivaut à :
    (0In−In0)(XY)=i(XY)  ⟺  {Y=iX−X=iY\begin{pmatrix} 0 & I_n
    -I_n & 0 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} X
    Y \end{pmatrix} = i \begin{pmatrix} X
    Y \end{pmatrix} \iff \begin{cases} Y = iX
    -X = iY \end{cases}
    La seconde équation est redondante car −X=i(iX)=−X-X = i(iX) = -X. Les vecteurs propres associés à ii sont donc de la forme (XiX)\begin{pmatrix} X
    iX \end{pmatrix}
    . De même, pour la valeur propre −i-i, les vecteurs sont de la forme (X−iX)\begin{pmatrix} X
    -iX \end{pmatrix}
    . Les sous-espaces propres sont donc :
    Ei={(XiX)∣X∈Cn}etE−i={(X−iX)∣X∈Cn}\boxed{E_i = \{ \begin{pmatrix} X
    iX \end{pmatrix} \mid X \in \mathbb{C}^n \}   \text{et}   E_{-i} = \{ \begin{pmatrix} X
    -iX \end{pmatrix} \mid X \in \mathbb{C}^n \}}
    Ces deux espaces sont de dimension nn.

Attention à ne pas dire que PP est diagonalisable sur R\mathbb{R} sous prétexte qu'elle est "simple". Une matrice réelle diagonalisable doit avoir toutes ses valeurs propres dans R\mathbb{R}.