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Soit EE un espace vectoriel de dimension finie sur un corps K\mathbb{K}. On considère deux endomorphismes ff et hh appartenant à L(E)\mathcal{L}(E). Pour tout g∈L(E)g \in \mathcal{L}(E), on définit les applications suivantes :

F(g)=g∘fetH(g)=h∘gF(g) = g \circ f   \text{et}   H(g) = h \circ g

    1. Pour tout k∈Nk \in \mathbb{N}, exprimer FkF^k et HkH^k en fonction de fkf^k et hkh^k.
    2. Démontrer que FF est diagonalisable si et seulement si ff est diagonalisable. Établir un résultat analogue pour HH et hh.

  1. On s'intéresse à l'endomorphisme Ψ\Psi de L(E)\mathcal{L}(E) défini par Ψ(g)=h∘g∘f\Psi(g) = h \circ g \circ f. Donner une condition suffisante sur ff et hh pour que Ψ\Psi soit diagonalisable.

  2. On suppose ici que K=C\mathbb{K} = \mathbb{C}. Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur ff et hh pour que l'endomorphisme Ψ\Psi soit diagonalisable.

1.

Pour la question 1, utiliser la relation entre les polynômes de l'endomorphisme FF et les polynômes de l'endomorphisme ff. Remarquer que P(F)(Id)=P(f)P(F)(Id) = P(f).

2.

Pour la question 2, vérifier que FF et HH commutent et utiliser un résultat sur la diagonalisation simultanée.

3.

Pour la question 3, si f≠0f \neq 0 et h≠0h \neq 0, on peut considérer la restriction de Ψ\Psi à des sous-espaces de dimension 1 de la forme {x↦ϕ(x)v}\{ x \mapsto \phi(x) v \} pour des vecteurs propres bien choisis.

Idées clés

•

Lien entre polynôme annulateur d'un endomorphisme d'un espace de matrices et l'endomorphisme de base.

•

Utilisation de la caractérisation par le polynôme minimal (scindé à racines simples).

•

Commutation d'endomorphismes et diagonalisation simultanée.

Résolution.

    1. Par récurrence immédiate, on montre que pour tout g∈L(E)g \in \mathcal{L}(E) :
      F2(g)=F(g∘f)=(g∘f)∘f=g∘f2F^2(g) = F(g \circ f) = (g \circ f) \circ f = g \circ f^2
      Plus généralement, pour tout k∈Nk \in \mathbb{N} :
      Fk(g)=g∘fketHk(g)=hk∘g\boxed{F^k(g) = g \circ f^k   \text{et}   H^k(g) = h^k \circ g}

    2. Par linéarité, pour tout polynôme P∈K[X]P \in \mathbb{K}[X], on a P(F)(g)=g∘P(f)P(F)(g) = g \circ P(f). Supposons ff diagonalisable. Son polynôme minimal πf\pi_f est scindé à racines simples. Or, pour tout gg, πf(F)(g)=g∘πf(f)=g∘0=0\pi_f(F)(g) = g \circ \pi_f(f) = g \circ 0 = 0. Ainsi πf\pi_f annule FF. FF possède un polynôme annulateur scindé à racines simples, donc FF est diagonalisable. Réciproquement, si FF est diagonalisable, il existe PP scindé à racines simples tel que P(F)=0P(F) = 0. En particulier, P(F)(Id)=0P(F)(Id) = 0, ce qui implique Id∘P(f)=0Id \circ P(f) = 0, soit P(f)=0P(f) = 0. L'endomorphisme ff possède un polynôme annulateur scindé à racines simples, il est donc diagonalisable. Le raisonnement est identique pour HH et hh en utilisant P(H)(g)=P(h)∘gP(H)(g) = P(h) \circ g.

  1. Remarquons que Ψ=H∘F\Psi = H \circ F. En effet :
    (H∘F)(g)=H(g∘f)=h∘(g∘f)=Ψ(g)(H \circ F)(g) = H(g \circ f) = h \circ (g \circ f) = \Psi(g)
    De même, (F∘H)(g)=F(h∘g)=(h∘g)∘f=Ψ(g)(F \circ H)(g) = F(h \circ g) = (h \circ g) \circ f = \Psi(g). Ainsi FF et HH commutent. D'après la question précédente, si ff et hh sont diagonalisables, alors FF et HH le sont. Deux endomorphismes diagonalisables qui commutent sont codiagonalisables (diagonalisables dans une base commune). Si une base (gi)(g_i) de L(E)\mathcal{L}(E) diagonalise simultanément FF et HH, alors chaque gig_i est un vecteur propre pour FF (valeur propre λi\lambda_i) et pour HH (valeur propre μi\mu_i). On a alors Ψ(gi)=H(F(gi))=H(λigi)=λiμigi\Psi(g_i) = H(F(g_i)) = H(\lambda_i g_i) = \lambda_i \mu_i g_i. La base (gi)(g_i) diagonalise donc Ψ\Psi. Condition suffisante : ff et hh sont diagonalisables.

  2. Analyse du cas général sur C\mathbb{C :} Si f=0f=0 ou h=0h=0, alors Ψ=0\Psi = 0, qui est diagonalisable. Supposons désormais f≠0f \neq 0 et h≠0h \neq 0. Montrons que Ψ\Psi est diagonalisable si et seulement si ff et hh le sont. Le sens "si" a été traité en (b). Pour le sens "seulement si" : Soit μ∈Sp(h)\mu \in \text{Sp}(h) une valeur propre non nulle de hh (elle existe si hh n'est pas nilpotent). Soit vv un vecteur propre associé : h(v)=μvh(v) = \mu v. Soit x∗∈E∗x^* \in E^* une forme linéaire non nulle. Considérons le sous-espace stable V={g∈L(E)∣Im(g)⊂Vect(v)}V = \{ g \in \mathcal{L}(E) \mid \text{Im}(g) \subset \text{Vect}(v) \}. Tout élément de VV s'écrit g(x)=ϕ(x)vg(x) = \phi(x) v pour une certaine forme linéaire ϕ\phi. Alors Ψ(g)(x)=h(ϕ(f(x))v)=ϕ(f(x))h(v)=μϕ(f(x))v\Psi(g)(x) = h( \phi(f(x)) v ) = \phi(f(x)) h(v) = \mu \phi(f(x)) v. L'action de Ψ\Psi sur VV est isomorphe à l'action de μ⋅fT\mu \cdot f^T sur E∗E^*. Si Ψ\Psi est diagonalisable, sa restriction à tout sous-espace stable l'est aussi. Donc μ⋅fT\mu \cdot f^T est diagonalisable. Comme μ≠0\mu \neq 0, fTf^T est diagonalisable, donc ff est diagonalisable. Le raisonnement est symétrique pour hh en utilisant des vecteurs propres de ff. Si hh (ou ff) est nilpotent non nul, Ψ\Psi est nilpotent non nul, donc non diagonalisable. Conclusion :
    Ψ est diag.   ⟺  (f et h sont diag.) ou f=0 ou h=0\boxed{\Psi \text{ est diag. } \iff (f \text{ et } h \text{ sont diag.}) \text{ ou } f=0 \text{ ou } h=0}

Attention à ne pas oublier les cas triviaux f=0f=0 ou h=0h=0. Un endomorphisme nul est toujours diagonalisable même si les "composants" ne le sont pas (par exemple si h=0h=0 et ff est une matrice nilpotente non nulle).