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Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et A∈Mn(C)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) une matrice carrée. On suppose que pour tout triplet d'indices (i,j,k)∈{1,…,n}3(i, j, k) \in \{1, \dots, n\}^3, les coefficients de AA vérifient la relation :

Ai,kAk,j=Ai,jAk,kA_{i,k} A_{k,j} = A_{i,j} A_{k,k}

  1. Déterminer une relation matricielle simple satisfaite par AA en utilisant la trace de la matrice.
  2. En déduire le spectre de AA et étudier sa diagonalisabilité.

1.

Calculer le coefficient général de la matrice A2A^2 en utilisant la définition du produit matriciel et la relation fournie dans l'énoncé.

2.

Utiliser l'existence d'un polynôme annulateur scindé à racines simples comme critère de diagonalisabilité.

Idées clés

•

Lien entre coefficients et produit matriciel : (A2)i,j=∑k=1nAi,kAk,j(A^2)_{i,j} = \sum_{k=1}^n A_{i,k} A_{k,j}.

•

Utilisation d'un polynôme annulateur pour restreindre les valeurs possibles du spectre.

•

Critère de diagonalisabilité : uu est diagonalizable si et seulement si il existe un polynôme annulateur scindé à racines simples.

Résolution.

  1. Calculons le coefficient générique de la matrice A2A^2, noté (A2)i,j(A^2)_{i,j}. Par définition du produit matriciel, on a :
    (A2)i,j=∑k=1nAi,kAk,j(A^2)_{i,j} = \sum_{k=1}^n A_{i,k} A_{k,j}

    D'après l'hypothèse de l'énoncé, pour tout k∈{1,…,n}k \in \{1, \dots, n\}, nous avons Ai,kAk,j=Ai,jAk,kA_{i,k} A_{k,j} = A_{i,j} A_{k,k}. En injectant cette relation dans la somme, il vient :

    (A2)i,j=∑k=1nAi,jAk,k(A^2)_{i,j} = \sum_{k=1}^n A_{i,j} A_{k,k}

    On peut factoriser par Ai,jA_{i,j} qui ne dépend pas de l'indice de sommation kk :

    (A2)i,j=Ai,j(∑k=1nAk,k)(A^2)_{i,j} = A_{i,j} \left( \sum_{k=1}^n A_{k,k} \right)

    On reconnaît dans la parenthèse la définition de la trace de la matrice AA. On en déduit donc que pour tout couple (i,j)(i,j) :

    (A2)i,j=Tr(A)Ai,j(A^2)_{i,j} = \text{Tr}(A) A_{i,j}

    Ceci nous donne la relation matricielle suivante :

    A2=Tr(A)A\boxed{A^2 = \text{Tr}(A) A}

  2. La relation précédente montre que le polynôme P(X)=X2−Tr(A)XP(X) = X^2 - \text{Tr}(A) X est un polynôme annulateur de AA. On peut factoriser ce polynôme :
    P(X)=X(X−Tr(A))P(X) = X(X - \text{Tr}(A))

    Le spectre de AA, noté Sp(A)\text{Sp}(A), est inclus dans l'ensemble des racines du polynôme annulateur PP. Ainsi :

    Sp(A)⊂{0,Tr(A)}\boxed{\text{Sp}(A) \subset \{0, \text{Tr}(A)\}}

    Concernant la diagonalisabilité, nous distinguons deux cas selon la valeur de la trace de AA :

    Premier cas : Tr(A)≠0\text{Tr(A) \neq 0.} Dans ce cas, le polynôme P(X)=X(X−Tr(A))P(X) = X(X - \text{Tr}(A)) possède deux racines complexes distinctes (00 et Tr(A)\text{Tr}(A)). C'est donc un polynôme scindé à racines simples sur C\mathbb{C}. D'après le cours, l'existence d'un tel polynôme annulateur garantit que la matrice est diagonalizable.

    Si Tr(A)≠0, alors A est diagonalizable.\boxed{\text{Si } \text{Tr}(A) \neq 0, \text{ alors } A \text{ est diagonalizable.}}

    Second cas : Tr(A)=0\text{Tr(A) = 0.} La relation établie à la question 1 devient A2=0A^2 = 0. La matrice AA est donc nilpotente d'indice au plus 2.

    Une matrice nilpotente est diagonalizable si et seulement si elle est nulle. En effet, si AA est diagonalizable et A2=0A^2=0, alors sa matrice diagonale semblable DD vérifie D2=0D^2=0, ce qui impose D=0D=0 et donc A=0A=0.

    Si Tr(A)=0, alors A est diagonalizable si et seulement si A=0.\boxed{\text{Si } \text{Tr}(A) = 0, \text{ alors } A \text{ est diagonalizable si et seulement si } A = 0.}

Ne pas oublier de traiter le cas où la trace est nulle. Dans ce cas, X2X^2 est un polynôme annulateur, mais ses racines ne sont pas simples (0 est racine double). On ne peut pas conclure immédiatement à la diagonalisabilité sans l'étude de la nullité de la matrice.