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Soit nn un entier naturel supérieur ou égal à 2. On considère la matrice A∈Mn(C)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) dont les coefficients sont définis par :

A=(ω(j−1)(k−1))1≤j,k≤nouˋω=e2iπnA = \left( \omega^{(j-1)(k-1)} \right)_{1 \leq j, k \leq n}   \text{où}   \omega = e^{\frac{2i\pi}{n}}

  1. Calculer explicitement la matrice A2A^2, puis en déduire l'expression de A4A^4 en fonction de InI_n.
  2. En déduire que la matrice AA est diagonalisable dans Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}).

1.

Pour le calcul de A2A^2, utiliser la formule de la somme des termes d'une suite géométrique ∑m=0n−1zm\sum_{m=0}^{n-1} z^m.

2.

Identifier la matrice A2A^2 comme étant liée à une matrice de permutation associée à une involution.

3.

Utiliser un polynôme annulateur scindé à racines simples.

Idées clés

•

Étude des sommes de racines nn-ièmes de l'unité.

•

Utilisation du critère polynomial de diagonalisabilité.

•

Manipulation de matrices de permutation.

Résolution.

  1. Calcul de A2A^2. Notons B=A2B = A^2. Par définition du produit matriciel, le coefficient général bj,kb_{j,k} de BB est :
    bj,k=∑l=1naj,lal,k=∑l=1nω(j−1)(l−1)ω(l−1)(k−1)b_{j,k} = \sum_{l=1}^n a_{j,l} a_{l,k} = \sum_{l=1}^n \omega^{(j-1)(l-1)} \omega^{(l-1)(k-1)}
    En factorisant dans l'exposant, nous obtenons :
    bj,k=∑l=0n−1(ωj+k−2)lb_{j,k} = \sum_{l=0}^{n-1} \left( \omega^{j+k-2} \right)^l
    Il s'agit d'une somme géométrique de raison z=ωj+k−2z = \omega^{j+k-2}. Deux cas se présentent selon que z=1z = 1 ou z≠1z \neq 1. Comme ω=e2iπn\omega = e^{\frac{2i\pi}{n}}, nous avons ωm=1\omega^m = 1 si et seulement si mm est un multiple de nn. Ici, 0≤j+k−2≤2n−20 \leq j+k-2 \leq 2n-2. Ainsi, j+k−2j+k-2 est un multiple de nn si et seulement si j+k−2=0j+k-2 = 0 ou j+k−2=nj+k-2 = n.
    • Si j+k−2≡0(modn)j+k-2 \equiv 0 \pmod n, alors bj,k=∑l=0n−11=nb_{j,k} = \sum_{l=0}^{n-1} 1 = n.
    • Sinon, bj,k=1−(ωj+k−2)n1−ωj+k−2=1−11−ωj+k−2=0b_{j,k} = \frac{1-(\omega^{j+k-2})^n}{1-\omega^{j+k-2}} = \frac{1-1}{1-\omega^{j+k-2}} = 0.
    Soit PP la matrice définie par P=1nA2P = \frac{1}{n} A^2. PP est une matrice de coefficients 0 ou 1. Plus précisément, PP est la matrice de la permutation σ\sigma de {1,…,n}\{1, \dots, n\} définie par :
    σ(1)=1et∀j∈{2,…,n}, σ(j)=n−j+2\sigma(1) = 1   \text{et}   \forall j \in \{2, \dots, n\}, \ \sigma(j) = n - j + 2
    On vérifie immédiatement que σ\sigma est une involution (σ∘σ=id\sigma \circ \sigma = \text{id}). Par conséquent, la matrice de permutation associée vérifie P2=InP^2 = I_n. Nous en déduisons :
    A2=nP  ⟹  A4=(nP)2=n2P2A^2 = nP \implies A^4 = (nP)^2 = n^2 P^2
    D'où le résultat final :
    A4=n2In\boxed{A^4 = n^2 I_n}
  2. Diagonalisabilité de AA. D'après la question précédente, le polynôme Q(X)=X4−n2Q(X) = X^4 - n^2 est un polynôme annulateur de AA. Cherchons les racines de QQ dans C\mathbb{C}. Ce sont les racines de l'équation X4=n2X^4 = n^2, ce qui équivaut à X2=nX^2 = n ou X2=−nX^2 = -n. Les quatre racines distinctes sont :
    R={n,−n,in,−in}\mathcal{R} = \{ \sqrt{n}, -\sqrt{n}, i\sqrt{n}, -i\sqrt{n} \}
    Le polynôme QQ possède quatre racines complexes distinctes, il est donc scindé à racines simples sur C\mathbb{C}. D'après le cours, une matrice est diagonalisable sur un corps K\mathbb{K} si et seulement s'il existe un polynôme annulateur scindé à racines simples sur ce corps.
    A est diagonalisable dans Mn(C)\boxed{A \text{ est diagonalisable dans } \mathcal{M}_n(\mathbb{C})}

Une erreur classique consiste à affirmer que A2=nInA^2 = n I_n. C'est faux. A2A^2 est une matrice qui "renverse" l'ordre des vecteurs de la base (sauf le premier), ce qui correspond à la propriété de la transformée de Fourier où F2\mathcal{F}^2 est l'opérateur de symétrie.