On se propose d'étudier deux matrices classiques de Mn(R) afin d'en déterminer les propriétés spectrales et géométriques.
Soit M∈Mn(R) la matrice définie par :
M=210⋮0121⋱⋯01⋱⋱0⋯⋱⋱210⋮012
Déterminer les valeurs propres de M ainsi que les vecteurs propres associés. La matrice M est-elle diagonalisable ?
Soient u,v,w trois réels non nuls. On considère la matrice N∈M3(R) suivante :
N=−32−1/2u/vu/wv/u−1/2v/ww/uw/v−1/2
Montrer que N est la matrice d'une symétrie vectorielle. Préciser sa base et sa direction.
1.
Pour la matrice M, traduire l'équation MX=λX sous forme d'une relation de récurrence linéaire d'ordre 2 portant sur les composantes du vecteur propre, en introduisant des conditions aux bords fictives x0 et xn+1.
2.
Pour la matrice N, on pourra vérifier que N2=I3 ou bien rechercher directement les sous-espaces propres associés aux valeurs propres 1 et −1.
Idées clés
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Suite récurrente linéaire d'ordre 2 pour les matrices tridiagonales.
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Caractérisation d'une symétrie par la relation s2=Id.
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Lien entre spectre et structure géométrique.
1. Étude de la matrice M.
Soit λ∈R une valeur propre de M et X=(x1,…,xn)T∈Rn∖{0} un vecteur propre associé.
L'équation MX=λX est équivalente au système suivant :
En posant par convention x0=0 et xn+1=0, le système se résume à une unique relation de récurrence :
xk+1+(2−λ)xk+xk−1=0pour k∈{1,…,n}
L'équation caractéristique associée est r2+(2−λ)r+1=0. Le produit des racines vaut 1.
Cherchons les racines sous la forme eiθ et e−iθ avec θ∈]0,π[.
Cela implique eiθ+e−iθ=−(2−λ), soit :
λ=2+2cos(θ)
La solution générale de la récurrence est xk=Aeikθ+Be−ikθ.
La condition x0=0 impose A+B=0, d'où xk=Csin(kθ) (avec C∈R∗).
La condition xn+1=0 impose sin((n+1)θ)=0, donc (n+1)θ=pπ pour p∈Z.
Pour obtenir n valeurs distinctes de λ et des vecteurs non nuls, on choisit p∈{1,…,n}.
Les valeurs propres de M sont les réels :
λp=2+2cos(n+1pπ),p∈{1,…,n}
Comme M∈Mn(R) possède n valeurs propres distinctes, elle est diagonalisable.
Un vecteur propre Xp associé à λp a pour composantes :
Les lignes sont toutes proportionnelles à la forme linéaire (x,y,z)↦ux+vy+wz.
Par exemple, L1=−3u2(ux+vy+wz).
Ainsi, la base de la symétrie est le plan d'équation :
ux+vy+wz=0
Déterminons la direction de la symétrie E−1=Ker(N+I3) :
On cherche un vecteur X=(x,y,z)T tel que (N+I3)X=0. En testant X=(1/u,1/v,1/w)T :
3u4−3u2vv1−3u2ww1=3u4−3u2−3u2=0
La direction de la symétrie est la droite vectorielle :
Vect((u1,v1,w1))
Pour la matrice M, ne pas oublier de vérifier que les valeurs propres trouvées sont bien distinctes. Si p variait au-delà de n, on retrouverait les mêmes valeurs de λp ou le vecteur nul.