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Soit EE un K\mathbb{K}-espace vectoriel. On considère deux endomorphismes pp et qq de L(E)\mathcal{L}(E) vérifiant les relations de composition suivantes :

pq=qetqp=pp \circ q = q   \text{et}   q \circ p = p

  1. Démontrer que pp et qq sont des projecteurs de EE. En déduire qu'ils sont diagonalisables dans le cas où EE est de dimension finie.
  2. Établir une condition nécessaire et suffisante pour que pp et qq soient simultanément diagonalisables.
  3. On suppose dans cette question que F,GF, G et HH sont trois sous-espaces vectoriels de EE tels que :
    FG=FH=EF \oplus G = F \oplus H = E
    Montrer que les sous-espaces GG et HH sont isomorphes. On pourra s'aider d'un projecteur bien choisi.

1.

Pour la question 1, calculer p2p^2 et q2q^2 en utilisant les relations de l'énoncé. Un projecteur est toujours diagonalisable car il annule un polynôme scindé à racines simples.

2.

Pour la question 2, utiliser le fait que deux endomorphismes diagonalisables sont codiagonalisables si et seulement s'ils commutent.

3.

Pour la question 3, considérer le projecteur pp sur GG parallèlement à FF. Étudier la restriction de ce projecteur au sous-espace HH.

Idées clés

Caractérisation algébrique des projecteurs : u2=uu^2 = u.

Critère de codiagonalisation : commutation d'endomorphismes diagonalisables.

Utilisation des projecteurs pour construire des isomorphismes entre supplémentaires.

Résolution.

  1. Montrons que pp et qq sont des projecteurs. En utilisant la relation pq=qp \circ q = q, nous pouvons substituer pp dans le calcul de p2p^2 en utilisant p=qpp = q \circ p :
    p2=p(qp)=(pq)pp^2 = p \circ (q \circ p) = (p \circ q) \circ p
    D'après l'hypothèse pq=qp \circ q = q, on obtient :
    p2=qp=pp^2 = q \circ p = p
    De la même manière, pour qq :
    q2=q(pq)=(qp)q=pq=qq^2 = q \circ (p \circ q) = (q \circ p) \circ q = p \circ q = q
    Ainsi, pp et qq sont des projecteurs de EE.
    p2=petq2=q\boxed{p^2 = p   \text{et}   q^2 = q}
    Ces endomorphismes annulent le polynôme X2X=X(X1)X^2 - X = X(X-1). Ce polynôme est scindé à racines simples sur K\mathbb{K} (les racines sont 0 et 1). Par conséquent, en dimension finie, pp et qq sont diagonalisables.

  2. Condition de codiagonalisation. Nous savons qu'une famille d'endomorphismes diagonalisables est simultanément diagonalisable si et seulement si ses éléments commutent deux à deux. Supposons que pp et qq commutent, c'est-à-dire pq=qpp \circ q = q \circ p. D'après les hypothèses initiales, nous avons pq=qp \circ q = q et qp=pq \circ p = p. Par substitution, la relation de commutation implique immédiatement :
    q=pq = p
    Réciproquement, si p=qp = q, alors ils commutent trivialement et sont donc simultanément diagonalisables.
    p et q sont codiagonalisables    p=q\boxed{p \text{ et } q \text{ sont codiagonalisables} \iff p = q}

  3. Isomorphisme entre supplémentaires. Soit pp le projecteur sur GG parallèlement à FF. Ce projecteur est bien défini car FG=EF \oplus G = E. Par définition, nous avons :
    Im(p)=GetKer(p)=F\text{Im}(p) = G   \text{et}   \text{Ker}(p) = F
    Considérons l'application linéaire uu définie par la restriction de pp à HH :
    u=pH:HGu = p_{|H} : H \longrightarrow G
    Injectivité de uu : Soit xKer(u)x \in \text{Ker}(u). Alors xHx \in H et p(x)=0p(x) = 0. Cela signifie que xHKer(p)=HFx \in H \cap \text{Ker}(p) = H \cap F. Comme FF et HH sont en somme directe (FH=EF \oplus H = E), on a HF={0}H \cap F = \{0\}. D'où x=0x = 0, et uu est injective. Surjectivité de uu : Soit gGg \in G. Puisque E=FHE = F \oplus H, il existe un unique couple (f,h)F×H(f, h) \in F \times H tel que g=f+hg = f + h. Appliquons le projecteur pp à cette égalité :
    p(g)=p(f)+p(h)p(g) = p(f) + p(h)
    Comme gG=Im(p)g \in G = \text{Im}(p), on a p(g)=gp(g) = g. Comme fF=Ker(p)f \in F = \text{Ker}(p), on a p(f)=0p(f) = 0. L'égalité devient :
    g=0+p(h)=u(h)g = 0 + p(h) = u(h)
    Ainsi, tout élément de GG possède un antécédent dans HH par uu. L'application uu est surjective.
    u:HG est un isomorphisme\boxed{u : H \xrightarrow{\sim} G \text{ est un isomorphisme}}

Dans la question 3, il ne faut pas supposer la dimension finie. Un argument basé sur les dimensions (dimG=dimEdimF=dimH\dim G = \dim E - \dim F = \dim H) ne serait valable qu'en dimension finie. La construction explicite de l'isomorphisme uu est nécessaire pour traiter le cas général.