Soit un espace vectoriel de dimension finie sur un corps et soit un endomorphisme. On s'intéresse à la suite des noyaux itérés de , c'est-à-dire à la suite de sous-espaces .
On pose, pour tout entier naturel , .
Démontrer que la suite est une suite décroissante d'entiers naturels.
Pour , on peut considérer la restriction de l'application à l'espace .
On pourra introduire un supplémentaire de dans et étudier son image par .
L'objectif est de construire une injection d'un espace de dimension vers un espace de dimension .
Propriété d'inclusion des noyaux itérés : .
Utilisation d'un supplémentaire pour isoler l'accroissement de dimension.
Application du théorème du rang ou d'un argument d'injectivité sur une restriction bien choisie.
Résolution.
Considérons, pour tout , le sous-espace .
On sait que . Soit un supplémentaire de dans . On a alors :
Par définition de la dimension d'une somme directe, on obtient l'égalité sur les dimensions :
Étudions l'image de ce sous-espace par l'endomorphisme . Soit .
Considérons maintenant l'application linéaire définie par la restriction de à à valeurs dans :
D'après le point (1), l'application est bien définie. Le point (2) montre que . L'application est donc injective.
Par conséquent, l'image de par , notée , est un sous-espace vectoriel de de même dimension que . De plus, le point (2) montre également que :
En effet, si , il existe tel que . Comme , le raisonnement précédent impose , donc .
On en déduit que la somme est une somme directe. Comme cette somme est incluse dans , on a l'inégalité suivante sur les dimensions :
En remplaçant par , on obtient :
Ce qui se réécrit immédiatement :
La suite des accroissements est donc bien décroissante. Comme il s'agit d'une suite d'entiers, elle est également positive puisque .
Attention à ne pas confondre la croissance de la suite (pour l'inclusion) avec la nature de la suite des différences de dimensions. Si la suite des dimensions est croissante, cela ne garantit pas a priori que ses accroissements sont décroissants (ce qu'on appelle la concavité de la suite).