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Soient aa et bb deux endomorphismes d'un espace vectoriel EE de dimension finie n≥1n \ge 1 sur le corps K=R\mathbb{K} = \mathbb{R} ou C\mathbb{C}.

On définit l'endomorphisme c=a∘b−b∘ac = a \circ b - b \circ a. On suppose que cc commute avec aa et avec bb.

  1. Soit λ\lambda une valeur propre de cc et Eλ(c)E_\lambda(c) le sous-espace propre associé. Montrer que Eλ(c)E_\lambda(c) est stable par aa et par bb.

  2. En considérant la restriction de la relation de définition de cc au sous-espace Eλ(c)E_\lambda(c), établir la relation :
    λ⋅dim⁡(Eλ(c))=0\lambda \cdot \dim(E_\lambda(c)) = 0

  3. En déduire que le spectre de cc est inclus dans {0}\{0\}.

  4. Montrer que si cc est supposé diagonalisable, alors cc est nécessairement l'endomorphisme nul.

1.

Utiliser le lemme classique : si deux endomorphismes commutent, les sous-espaces propres de l'un sont stables par l'autre.

2.

Restreindre aa et bb à Eλ(c)E_\lambda(c) et utiliser la propriété de la trace d'un commutateur [u,v]=uv−vu[u, v] = uv - vu.

3.

Se souvenir qu'en dimension finie, un endomorphisme diagonalisable dont la seule valeur propre est 0 est nul.

Idées clés

•

Stabilité des sous-espaces propres par un endomorphisme qui commute.

•

La trace d'un commutateur u∘v−v∘uu \circ v - v \circ u est toujours nulle en dimension finie.

•

Lien entre spectre et diagonalisabilité.

Résolution.

  1. Supposons que λ\lambda soit une valeur propre de cc. Par définition, Eλ(c)=ker⁡(c−λIdE)E_\lambda(c) = \ker(c - \lambda \text{Id}_E).

    Puisque aa commute avec cc, il commute également avec tout polynôme en cc, notamment avec c−λIdEc - \lambda \text{Id}_E. Soit x∈Eλ(c)x \in E_\lambda(c). On a :

    (c−λIdE)(a(x))=a((c−λIdE)(x))=a(0)=0(c - \lambda \text{Id}_E)(a(x)) = a((c - \lambda \text{Id}_E)(x)) = a(0) = 0
    Ainsi, a(x)∈Eλ(c)a(x) \in E_\lambda(c), ce qui prouve la stabilité de Eλ(c)E_\lambda(c) par aa.

    \medskip Le même raisonnement s'applique à bb car bb et cc commutent par hypothèse. \boxed{ E_\lambda(c) \text{ est stable par } a \text{ et par } b }

  2. Puisque Eλ(c)E_\lambda(c) est stable par aa et bb, on peut définir les endomorphismes induits (restrictions) :
    aλ=a∣Eλ(c)etbλ=b∣Eλ(c)a_\lambda = a_{|E_\lambda(c)}   \text{et}   b_\lambda = b_{|E_\lambda(c)}

    Par définition de cc, nous avons la relation c=a∘b−b∘ac = a \circ b - b \circ a. En restreignant cette égalité au sous-espace Eλ(c)E_\lambda(c), et sachant que cc agit comme l'homothétie λId\lambda \text{Id} sur cet espace, on obtient :

    aλ∘bλ−bλ∘aλ=λIdEλ(c)a_\lambda \circ b_\lambda - b_\lambda \circ a_\lambda = \lambda \text{Id}_{E_\lambda(c)}

    Appliquons l'application trace, qui est linéaire, à cette égalité d'endomorphismes d'un espace de dimension finie :

    Tr(aλ∘bλ−bλ∘aλ)=Tr(λIdEλ(c))\text{Tr}(a_\lambda \circ b_\lambda - b_\lambda \circ a_\lambda) = \text{Tr}(\lambda \text{Id}_{E_\lambda(c)})

    Or, pour tous endomorphismes u,vu, v, on sait que Tr(u∘v)=Tr(v∘u)\text{Tr}(u \circ v) = \text{Tr}(v \circ u), d'où Tr(u∘v−v∘u)=0\text{Tr}(u \circ v - v \circ u) = 0. On en déduit :

    0=λ⋅Tr(IdEλ(c))0 = \lambda \cdot \text{Tr}(\text{Id}_{E_\lambda(c)})

    Comme la trace de l'identité est la dimension de l'espace, on parvient au résultat :

    λ⋅dim⁡(Eλ(c))=0\boxed{ \lambda \cdot \dim(E_\lambda(c)) = 0 }

  3. Soit λ∈Sp(c)\lambda \in \text{Sp}(c). Par définition d'une valeur propre, le sous-espace propre associé Eλ(c)E_\lambda(c) n'est pas réduit au vecteur nul. Par conséquent, dim⁡(Eλ(c))≥1\dim(E_\lambda(c)) \ge 1.

    D'après la question précédente, l'égalité λ⋅dim⁡(Eλ(c))=0\lambda \cdot \dim(E_\lambda(c)) = 0 impose alors nécessairement :

    λ=0\lambda = 0

    Ceci démontre que la seule valeur propre possible de cc est 0. \boxed{ \text{Sp}(c) \subset \{0\} }

  4. Supposons maintenant que cc soit diagonalisable. D'après la question précédente, son spectre est soit vide (impossible en dimension n≥1n \ge 1 sur C\mathbb{C}), soit réduit à {0}\{0\}. Sur R\mathbb{R}, le spectre pourrait être vide si le polynôme caractéristique n'est pas scindé, mais ici, la trace et les propriétés de commutation montrent que si une valeur propre existe, elle est nulle. Si cc est diagonalisable, il existe une base de EE dans laquelle la matrice de cc est diagonale. Les éléments diagonaux étant les valeurs propres de cc, ils sont tous nuls. La matrice de cc dans cette base est donc la matrice nulle.
    c=0\boxed{ c = 0 }

Une erreur fréquente est d'oublier de justifier la stabilité de l'espace propre avant de restreindre les endomorphismes. Sans cette stabilité, l'écriture aλ∘bλa_\lambda \circ b_\lambda n'a pas de sens car l'image de aλa_\lambda pourrait sortir de Eλ(c)E_\lambda(c).