Soit . On considère un sous-groupe fini du groupe linéaire . On suppose que le groupe est commutatif, c'est-à-dire que pour tout , on a .
Montrer qu'il existe une matrice de passage telle que, pour tout élément de , la matrice soit diagonale.
Commencer par justifier que chaque matrice est individuellement diagonalizable en utilisant le fait que est de cardinal fini.
Utiliser le théorème de Lagrange ou la structure de groupe pour exhiber un polynôme annulateur simple.
Procéder par récurrence sur la dimension de l'espace, en exploitant la stabilité des sous-espaces propres par des endomorphismes qui commutent.
Lien entre l'ordre d'un élément dans un groupe fini et son caractère diagonalizable.
Propriété de stabilité des sous-espaces propres par un endomorphisme qui commute.
Raisonnement par récurrence sur la dimension de l'espace.
Résolution.
Étape 1 : Diagonalisabilité individuelle des éléments de .
Soit . Puisque est un groupe fini, notons son ordre. D'après le théorème de Lagrange (ou simplement par structure de groupe fini), l'ordre de chaque élément divise .
On en déduit que :
Le polynôme est donc un polynôme annulateur de la matrice . Or, dans , les racines de sont les racines -ièmes de l'unité.
Ces racines sont au nombre de et sont toutes distinctes. Le polynôme est donc scindé à racines simples sur .
Comme admet un polynôme annulateur scindé à racines simples, on conclut :
Étape 2 : Codiagonalisation par récurrence sur la dimension.
Notons
Initialisation : Pour
Hérédité : Supposons le résultat vrai pour tout espace de dimension strictement inférieure à
Premier cas : Tous les éléments de
Second cas : Il existe au moins une matrice
Comme
Soit
Pour chaque
Il existe donc, pour chaque
Dans cette base, tout élément
Conclusion :
Il ne suffit pas de dire que chaque matrice est diagonalizable. La commutativité est la clé pour assurer l'existence d'une base commune. Sans commutativité, on pourrait diagonaliser chaque matrice séparément, mais avec des matrices de passage