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Soit A∈M2(R)A \in \mathcal{M}_{2}(\mathbb{R}) une matrice symétrique.

Démontrer que AA est diagonalisable dans l'espace des matrices réelles.

1.

On pourra commencer par exprimer AA de manière générale sous la forme (abbc)\begin{pmatrix} a & b
b & c \end{pmatrix}
avec (a,b,c)∈R3(a, b, c) \in \mathbb{R}^3.

2.

Étudier le polynôme caractéristique de AA et calculer son discriminant.

3.

Discuter de la nature des racines de ce polynôme en fonction du signe du discriminant.

Idées clés

•

Expression du polynôme caractéristique pour une matrice de taille 2.

•

Analyse du discriminant d'un trinôme du second degré.

•

Condition suffisante de diagonalisabilité (racines simples).

•

Cas particulier des matrices scalaires.

Résolution.

Considérons une matrice A∈M2(R)A \in \mathcal{M}_{2}(\mathbb{R}) supposée symétrique.

Il existe donc trois réels aa, bb et cc tels que :

A=(abbc)A = \begin{pmatrix} a & b
b & c \end{pmatrix}

Calculons le polynôme caractéristique de AA, noté χA(X)=det⁡(XI2−A)\chi_A(X) = \det(XI_2 - A).

Pour tout X∈RX \in \mathbb{R}, nous avons : \begin{align*} \chi_A(X) &= \begin{vmatrix} X-a & -b
-b & X-c \end{vmatrix}
&= (X-a)(X-c) - (-b)^2
&= X^2 - (a+c)X + ac - b^2 \end{align*}

Ce polynôme est un trinôme du second degré. Étudions son discriminant Δ\Delta :

Δ=(a+c)2−4(ac−b2)\Delta = (a+c)^2 - 4(ac - b^2)

Développons et simplifions cette expression : \begin{align*} \Delta &= a^2 + 2ac + c^2 - 4ac + 4b^2
&= a^2 - 2ac + c^2 + 4b^2
&= (a-c)^2 + 4b^2 \end{align*}

Comme a,b,ca, b, c sont des nombres réels, les termes (a−c)2(a-c)^2 et 4b24b^2 sont des carrés de réels, donc positifs ou nuls.

On en déduit immédiatement :

Δ≥0\boxed{\Delta \geq 0}

Deux situations se présentent alors :

Premier cas : Δ>0\Delta > 0.

Le polynôme caractéristique χA\chi_A possède deux racines réelles distinctes.

La matrice AA possède donc deux valeurs propres réelles distinctes en dimension 2.

D'après le cours, une matrice de Mn(K)\mathcal{M}_n(\mathbb{K}) possédant nn valeurs propres distinctes est diagonalisable.

Si Δ>0,A est diagonalisable sur R\boxed{\text{Si } \Delta > 0, A \text{ est diagonalisable sur } \mathbb{R}}

Deuxième cas : Δ=0\Delta = 0.

Puisque Δ\Delta est une somme de deux carrés de réels, Δ=0\Delta = 0 implique nécessairement :

(a−c)2=0et4b2=0(a-c)^2 = 0   \text{et}   4b^2 = 0

Ce qui nous donne a=ca = c et b=0b = 0. La matrice AA s'écrit alors :

A=(a00a)=aI2A = \begin{pmatrix} a & 0
0 & a \end{pmatrix} = a I_2

La matrice AA est une matrice diagonale (c'est une matrice scalaire). Elle est donc, par définition, diagonalisable.

Si Δ=0,A est diagonalisable sur R\boxed{\text{Si } \Delta = 0, A \text{ est diagonalisable sur } \mathbb{R}}

Dans tous les cas, une matrice symétrique réelle d'ordre 2 est diagonalisable sur R\mathbb{R}.

Une erreur classique est d'oublier de traiter le cas Δ=0\Delta = 0. On pourrait penser qu'une racine double empêche la diagonalisation (comme pour (1101)\begin{pmatrix} 1 & 1
0 & 1 \end{pmatrix}
), mais ici la symétrie impose que si la racine est double, la matrice est déjà diagonale.