On considère trois suites réelles , et définies par la donnée de leurs premiers termes et par les relations de récurrence suivantes, valables pour tout :
Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur le triplet initial pour que ces trois suites convergent simultanément vers une limite finie.
Traduire le système de relations sous forme matricielle avec .
Exprimer en fonction de et de .
Calculer les valeurs propres de . On pourra remarquer que où est une matrice dont tous les coefficients valent 1.
Utiliser la diagonalisabilité de pour décomposer dans une base de vecteurs propres et étudier la convergence de .
Modélisation matricielle d'un système dynamique linéaire discret.
Réduction d'une matrice symétrique (diagonalisabilité).
Étude de la convergence de la suite selon le spectre de .
1. Modélisation matricielle.
On pose, pour tout entier naturel , le vecteur colonne suivant :
Le système de relations s'écrit alors sous la forme avec :
Par une récurrence immédiate, on établit que pour tout :
2. Réduction de la matrice .
La matrice est symétrique réelle, elle est donc diagonalisable dans une base orthonormée d'après le théorème spectral (ou simplement diagonalisable sur ).
Pour déterminer ses valeurs propres, on remarque que :
La matrice est de rang 1, donc est valeur propre de associée à un sous-espace de dimension . De plus, la trace de est égale à 3, ce qui correspond à la somme des valeurs propres. La troisième valeur propre de est donc 3.
On en déduit le spectre de en translatant celui de par :
L'espace propre associé à la valeur propre est donné par le système , soit :
Ainsi, .
L'espace propre est le plan d'équation (puisque est symétrique, les espaces propres sont orthogonaux).
3. Analyse de la convergence.
Puisque est diagonalisable, on peut décomposer de manière unique sous la forme :
D'après la relation , on obtient par linéarité :
Soit :
La suite converge si et seulement si la suite vectorielle converge vers une limite finie.
Or, la suite réelle diverge (elle n'est pas bornée et ses termes alternent en signe). Par conséquent, la suite converge si et seulement si le vecteur est nul.
4. Conclusion.
La condition nécessaire et suffisante est donc que . D'après l'étude de effectuée précédemment, cela équivaut à :
Il ne suffit pas que les valeurs propres soient inférieures ou égales à 1 en valeur absolue. Ici, est une valeur propre, et diverge grossièrement. Il faut absolument que la composante du vecteur initial sur le sous-espace associé soit nulle.