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On considère trois suites réelles (un)n∈N(u_n)_{n \in \mathbb{N}}, (vn)n∈N(v_n)_{n \in \mathbb{N}} et (wn)n∈N(w_n)_{n \in \mathbb{N}} définies par la donnée de leurs premiers termes u0,v0,w0u_0, v_0, w_0 et par les relations de récurrence suivantes, valables pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} :

{un+1=−un+vn+wnvn+1=un−vn+wnwn+1=un+vn−wn\begin{cases} u_{n+1} = -u_n + v_n + w_n
v_{n+1} = u_n - v_n + w_n
w_{n+1} = u_n + v_n - w_n \end{cases}

Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur le triplet initial (u0,v0,w0)(u_0, v_0, w_0) pour que ces trois suites convergent simultanément vers une limite finie.

1.

Traduire le système de relations sous forme matricielle Xn+1=AXnX_{n+1} = A X_n avec Xn=(unvnwn)X_n = \begin{pmatrix} u_n
v_n
w_n \end{pmatrix}
.

2.

Exprimer XnX_n en fonction de AnA^n et de X0X_0.

3.

Calculer les valeurs propres de AA. On pourra remarquer que A=J−2IA = J - 2I où JJ est une matrice dont tous les coefficients valent 1.

4.

Utiliser la diagonalisabilité de AA pour décomposer X0X_0 dans une base de vecteurs propres et étudier la convergence de AnX0A^n X_0.

Idées clés

•

Modélisation matricielle d'un système dynamique linéaire discret.

•

Réduction d'une matrice symétrique (diagonalisabilité).

•

Étude de la convergence de la suite (AnX0)(A^n X_0) selon le spectre de AA.

1. Modélisation matricielle.

On pose, pour tout entier naturel nn, le vecteur colonne suivant :

Xn=(unvnwn)X_n = \begin{pmatrix} u_n
v_n
w_n \end{pmatrix}

Le système de relations s'écrit alors sous la forme Xn+1=AXnX_{n+1} = A X_n avec :

A=(−1111−1111−1)A = \begin{pmatrix} -1 & 1 & 1
1 & -1 & 1
1 & 1 & -1 \end{pmatrix}

Par une récurrence immédiate, on établit que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} :

Xn=AnX0\boxed{X_n = A^n X_0}

2. Réduction de la matrice AA.

La matrice AA est symétrique réelle, elle est donc diagonalisable dans une base orthonormée d'après le théorème spectral (ou simplement diagonalisable sur R\mathbb{R}).

Pour déterminer ses valeurs propres, on remarque que :

A=(111111111)−2(100010001)=J−2I3A = \begin{pmatrix} 1 & 1 & 1
1 & 1 & 1
1 & 1 & 1 \end{pmatrix} - 2 \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0
0 & 1 & 0
0 & 0 & 1 \end{pmatrix} = J - 2I_3

La matrice JJ est de rang 1, donc 00 est valeur propre de JJ associée à un sous-espace de dimension 3−1=23 - 1 = 2. De plus, la trace de JJ est égale à 3, ce qui correspond à la somme des valeurs propres. La troisième valeur propre de JJ est donc 3.

On en déduit le spectre de AA en translatant celui de JJ par −2-2 :

Sp(A)={0−2,3−2}={−2,1}Sp(A) = \{0-2, 3-2\} = \{-2, 1\}

L'espace propre E1(A)E_1(A) associé à la valeur propre 11 est donné par le système AX=XAX = X, soit (A−I3)X=0(A-I_3)X = 0 :

(−2111−2111−2)(xyz)=(000)  ⟺  x=y=z\begin{pmatrix} -2 & 1 & 1
1 & -2 & 1
1 & 1 & -2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x
y
z \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0
0
0 \end{pmatrix} \iff x=y=z

Ainsi, E1(A)=Vect((1,1,1))E_1(A) = \text{Vect}((1,1,1)).

L'espace propre E−2(A)E_{-2}(A) est le plan d'équation x+y+z=0x+y+z=0 (puisque AA est symétrique, les espaces propres sont orthogonaux).

3. Analyse de la convergence.

Puisque AA est diagonalisable, on peut décomposer X0X_0 de manière unique sous la forme :

X0=X1+X−2avec X1∈E1(A) et X−2∈E−2(A)X_0 = X_1 + X_{-2}   \text{avec } X_1 \in E_1(A) \text{ et } X_{-2} \in E_{-2}(A)

D'après la relation Xn=AnX0X_n = A^n X_0, on obtient par linéarité :

Xn=AnX1+AnX−2=1nX1+(−2)nX−2X_n = A^n X_1 + A^n X_{-2} = 1^n X_1 + (-2)^n X_{-2}

Soit :

Xn=X1+(−2)nX−2\boxed{X_n = X_1 + (-2)^n X_{-2}}

La suite (Xn)(X_n) converge si et seulement si la suite vectorielle ((−2)nX−2)((-2)^n X_{-2}) converge vers une limite finie.

Or, la suite réelle ((−2)n)((-2)^n) diverge (elle n'est pas bornée et ses termes alternent en signe). Par conséquent, la suite ((−2)nX−2)((-2)^n X_{-2}) converge si et seulement si le vecteur X−2X_{-2} est nul.

4. Conclusion.

La condition nécessaire et suffisante est donc que X0∈E1(A)X_0 \in E_1(A). D'après l'étude de E1(A)E_1(A) effectuée précédemment, cela équivaut à :

u0=v0=w0\boxed{u_0 = v_0 = w_0}

Il ne suffit pas que les valeurs propres soient inférieures ou égales à 1 en valeur absolue. Ici, −2-2 est une valeur propre, et (−2)n(-2)^n diverge grossièrement. Il faut absolument que la composante du vecteur initial sur le sous-espace associé soit nulle.