Déterminer l'ensemble des matrices A∈M3(R) vérifiant les deux conditions suivantes :
tr(A)=0
A2−A⊤=I3
1.
Appliquer la transposition à l'équation pour exprimer A en fonction de A2.
2.
En déduire un polynôme annulateur de A et déterminer l'ensemble de ses racines.
3.
Utiliser la propriété de diagonalisabilité pour restreindre les valeurs propres possibles.
4.
Conclure en examinant la cohérence entre la trace de A et celle de A2 (obtenue via l'équation matricielle).
Idées clés
•
Recherche d'un polynôme annulateur par substitution.
•
Lien entre spectre, trace et diagonalisabilité.
•
Utilisation de la linéarité de la trace sur l'équation de départ.
Résolution.
Soit A∈M3(R) une solution du problème.
L'équation donnée est A2−I3=A⊤.
En appliquant la transposition à cette égalité, on obtient :
(A2−I3)⊤=(A⊤)⊤⟹(A⊤)2−I3=A
En substituant A⊤=A2−I3 dans cette nouvelle expression, il vient :
(A2−I3)2−I3=A
En développant le membre de gauche, on obtient :
A4−2A2+I3−I3=A⟺A4−2A2−A=03
Ainsi, le polynôme P(X)=X4−2X2−X est un polynôme annulateur de A.
Étude des racines de P :
On factorise P par X : P(X)=X(X3−2X−1).
On remarque immédiatement que −1 est une racine évidente du facteur de degré 3.
Par division euclidienne ou identification, on trouve :
P(X)=X(X+1)(X2−X−1)
Les racines de X2−X−1 sont le nombre d'or ϕ=21+5 et son conjugué ψ=21−5.
Les racines de P sont donc :
Roots(P)={0,−1,21+5,21−5}
Le polynôme P est scindé à racines simples sur R. Par conséquent, la matrice A est diagonalisable dans M3(R).
Ses valeurs propres λ1,λ2,λ3 appartiennent nécessairement à l'ensemble des racines de P.
Exploitation des conditions de trace :
Par hypothèse, tr(A)=0, ce qui se traduit par :
λ1+λ2+λ3=0
De plus, en prenant la trace dans l'équation A2−A⊤=I3, et par linéarité de la trace (sachant que tr(A⊤)=tr(A)), on a :
tr(A2)−tr(A)=tr(I3)⟹tr(A2)−0=3
Comme A est diagonalisable, les valeurs propres de A2 sont λ12,λ22,λ32. On doit donc avoir :
λ12+λ22+λ32=3
Or, pour tout triplet (λ1,λ2,λ3), on a la relation :
D'après nos conditions, cela implique 0=3+2(λ1λ2+λ2λ3+λ3λ1), soit :
λ1λ2+λ2λ3+λ3λ1=−23
Vérification des combinaisons possibles :
Cherchons si un choix de trois valeurs dans {0,−1,ϕ,ψ} (avec répétition possible) vérifie ∑λi=0 et ∑λi2=3.
Notons les carrés des racines : 02=0, (−1)2=1, ϕ2=ϕ+1, ψ2=ψ+1.
Si l'on choisit λ=(−1,ϕ,ψ), la somme est −1+1=0.
Mais la somme des carrés est 1+(ϕ+1)+(ψ+1)=3+(ϕ+ψ)=3+1=4=3.
Si l'on choisit des valeurs répétées, par exemple λ=(x,x,−2x) pour que la somme soit nulle :
x=0⟹(0,0,0)⟹∑λi2=0=3.
x=−1⟹(−1,−1,2). Mais 2 n'est pas racine de P.
x=ϕ⟹(ϕ,ϕ,−2ϕ). Mais −2ϕ n'est pas racine de P.
x=ψ⟹(ψ,ψ,−2ψ). Mais −2ψ n'est pas racine de P.
L'étude exhaustive (ou la résolution du système symétrique) montre qu'aucune combinaison de trois racines de P ne satisfait les conditions de trace.
Par conséquent :
S=∅
L'erreur classique consiste à oublier que A est une matrice réelle et de dimension 3. On pourrait être tenté de chercher des solutions dans C ou pour d'autres tailles de matrices, mais ici les racines de P sont toutes réelles, donc le spectre est inclus dans R.