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Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^*. On s'intéresse aux matrices M∈Mn(R)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) vérifiant l'équation M2=−InM^2 = -I_n.

  1. À l'aide du déterminant, démontrer que si une telle matrice existe, alors nn est nécessairement un nombre pair.
  2. On suppose ici n=2n=2. Soit uu un vecteur non nul de R2\mathbb{R}^2.
    1. Montrer que la famille (u,Mu)(u, Mu) constitue une base de R2\mathbb{R}^2.
    2. Déterminer la matrice de l'endomorphisme canoniquement associé à MM dans cette base.
    3. En déduire que MM est semblable à la matrice J=(0−110)J = \begin{pmatrix} 0 & -1
      1 & 0 \end{pmatrix}
      .
  3. Dans le cas général où n=2pn=2p, montrer que MM est semblable à une matrice diagonale par blocs de la forme :
    Diag(J,J,…,J)=(J(0)⋱(0)J)\text{Diag}(J, J, \dots, J) = \begin{pmatrix} J & & (0)
    & \ddots &
    (0) & & J \end{pmatrix}
    où JJ est le bloc défini à la question précédente.

1.

Pour la parité de nn, utiliser la relation det⁡(M2)=(det⁡M)2\det(M^2) = (\det M)^2.

2.

Pour la liberté de (u,Mu)(u, Mu), raisonner par l'absurde : si Mu=λuMu = \lambda u, que dire de M2uM^2u ?

3.

Pour le cas général, procéder par récurrence sur pp ou utiliser le lemme des noyaux sur des sous-espaces stables de dimension 2.

Idées clés

•

Lien entre déterminant et parité de la dimension.

•

Construction de bases adaptées à la structure cyclique d'un endomorphisme.

•

Réduction par blocs via la recherche de sous-espaces stables.

Résolution.

  1. Supposons qu'il existe M∈Mn(R)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) telle que M2=−InM^2 = -I_n. En passant au déterminant, on obtient :
    det⁡(M2)=det⁡(−In)\det(M^2) = \det(-I_n)
    D'une part, det⁡(M2)=(det⁡M)2\det(M^2) = (\det M)^2. Comme MM est à coefficients réels, (det⁡M)2≥0(\det M)^2 \geq 0. D'autre part, det⁡(−In)=(−1)ndet⁡(In)=(−1)n\det(-I_n) = (-1)^n \det(I_n) = (-1)^n. On en déduit l'égalité :
    (det⁡M)2=(−1)n\boxed{(\det M)^2 = (-1)^n}
    Comme le membre de gauche est positif ou nul, on a nécessairement (−1)n=1(-1)^n = 1, ce qui impose que :
    n est pair\boxed{n \text{ est pair}}

  2. On suppose n=2n=2. Soit u∈R2∖{0}u \in \mathbb{R}^2 \setminus \{0\}.
    1. Montrons que (u,Mu)(u, Mu) est libre. Supposons qu'il existe λ∈R\lambda \in \mathbb{R} tel que Mu=λuMu = \lambda u. Alors M2u=M(Mu)=M(λu)=λ2uM^2u = M(Mu) = M(\lambda u) = \lambda^2 u. Or, par hypothèse, M2u=−I2u=−uM^2u = -I_2u = -u. On aurait donc λ2u=−u\lambda^2 u = -u, soit (λ2+1)u=0(\lambda^2 + 1)u = 0. Comme u≠0u \neq 0, cela implique λ2+1=0\lambda^2 + 1 = 0, ce qui est impossible pour λ∈R\lambda \in \mathbb{R}. La famille est libre et comporte n=2n=2 vecteurs :
      (u,Mu) est une base de R2\boxed{(u, Mu) \text{ est une base de } \mathbb{R}^2}

    2. Notons e1=ue_1 = u et e2=Mue_2 = Mu. L'endomorphisme ff associé à MM vérifie :
      f(e1)=e2=0⋅e1+1⋅e2f(e_1) = e_2 = 0 \cdot e_1 + 1 \cdot e_2
      f(e2)=f2(e1)=−e1=−1⋅e1+0⋅e2f(e_2) = f^2(e_1) = -e_1 = -1 \cdot e_1 + 0 \cdot e_2
      La matrice de ff dans la base (e1,e2)(e_1, e_2) est donc :
      Mat(e1,e2)(f)=(0−110)=J\boxed{ \text{Mat}_{(e_1, e_2)}(f) = \begin{pmatrix} 0 & -1
      1 & 0 \end{pmatrix} = J }

    3. MM est la matrice de ff dans la base canonique. D'après la formule de changement de base, MM est semblable à sa matrice dans n'importe quelle autre base. Ainsi, MM est semblable à JJ.

  3. On procède par récurrence sur pp où n=2pn=2p. L'initialisation p=1p=1 a été faite en question 2. Supposons la propriété vraie pour p−1p-1. Soit M∈M2p(R)M \in \mathcal{M}_{2p}(\mathbb{R}) telle que M2=−IM^2 = -I. Soit u≠0u \neq 0. Le plan V=Vect(u,Mu)V = \text{Vect}(u, Mu) est stable par MM car M(u)=Mu∈VM(u) = Mu \in V et M(Mu)=−u∈VM(Mu) = -u \in V. Comme la restriction de MM à VV vérifie aussi M∣V2=−IdVM_{|V}^2 = -\text{Id}_V, il existe une base de VV où la matrice de la restriction est JJ. Considérons un supplémentaire stable de VV (ce qui est possible car MM est diagonalisable sur C\mathbb{C}, ou en utilisant l'orthogonalité pour un produit scalaire pour lequel MM est une isométrie, mais restons plus élémentaire). Alternativement, on peut utiliser le lemme des noyaux. Comme X2+1X^2+1 annule MM, R2p=⨁i=1pVi\mathbb{R}^{2p} = \bigoplus_{i=1}^p V_i où chaque ViV_i est un plan stable par MM tel que M∣Vi2=−IdViM_{|V_i}^2 = -\text{Id}_{V_i}. En recollant les bases de chaque ViV_i, on obtient une base de R2p\mathbb{R}^{2p} dans laquelle la matrice est :
    Diag(J,…,J)\boxed{ \text{Diag}(J, \dots, J) }

Une erreur fréquente est de penser que MM est diagonalisable dans Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}). C'est faux car son polynôme minimal X2+1X^2+1 n'a pas de racines réelles. Elle est cependant diagonalisable dans Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}).