On considère l'équation matricielle suivante :
Déterminer l'ensemble des entiers naturels pour lesquels il existe au moins une matrice vérifiant cette relation.
Introduire le polynôme et étudier ses variations sur .
Utiliser le théorème des valeurs intermédiaires pour justifier l'existence d'une racine réelle pour .
Tester des matrices de forme simple, comme les matrices scalaires, pour répondre à la question d'existence.
Analyse des racines d'un polynôme annulateur.
Application du théorème des valeurs intermédiaires (TVI).
Construction de solutions par des matrices scalaires.
Résolution.
Soit . On cherche à savoir s'il existe une matrice telle que , où l'on a posé :
1. Étude du polynôme sur .}
Le polynôme est une fonction de classe sur . Calculons sa dérivée :
Les points critiques de sont et . Étudions les valeurs de en ces points :
On observe que et . De plus, la limite de quand tend vers est .
Comme la fonction est continue sur , d'après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe un réel tel que :
On peut même préciser, puisque et , que cette racine réelle appartient à l'intervalle .
2. Construction d'une solution pour .
Soit . Considérons la matrice scalaire . Cette matrice appartient bien à car est un nombre réel.
Calculons alors le polynôme appliqué à :
Par propriété des matrices scalaires, on obtient :
Or, par définition de , nous savons que . Par conséquent :
Ainsi, pour tout , il existe bien une matrice vérifiant l'équation.
3. Cas particulier .
Par convention, dans l'espace vectoriel de dimension nulle , l'unique application linéaire est l'application nulle, et sa matrice associée est la matrice vide. Toutes les relations algébriques y sont trivialement vérifiées. Si l'on s'en tient aux entiers naturels strictement positifs, le raisonnement précédent suffit.
Conclusion.
L'existence d'une racine réelle pour le polynôme garantit que l'équation possède une solution pour tout entier .
L'erreur classique consiste à penser que l'existence d'une telle matrice impose une contrainte sur la parité de . C'est le cas pour des équations comme (car le polynôme n'a aucune racine réelle), mais ici le degré impair du polynôme garantit l'existence d'une racine réelle.