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On considère l'équation matricielle suivante :

A3−A2=InA^3 - A^2 = I_n
où InI_n désigne la matrice identité de Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}).

Déterminer l'ensemble des entiers naturels nn pour lesquels il existe au moins une matrice A∈Mn(R)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) vérifiant cette relation.

1.

Introduire le polynôme P(X)=X3−X2−1P(X) = X^3 - X^2 - 1 et étudier ses variations sur R\mathbb{R}.

2.

Utiliser le théorème des valeurs intermédiaires pour justifier l'existence d'une racine réelle pour PP.

3.

Tester des matrices de forme simple, comme les matrices scalaires, pour répondre à la question d'existence.

Idées clés

•

Analyse des racines d'un polynôme annulateur.

•

Application du théorème des valeurs intermédiaires (TVI).

•

Construction de solutions par des matrices scalaires.

Résolution.

Soit n∈Nn \in \mathbb{N}. On cherche à savoir s'il existe une matrice A∈Mn(R)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) telle que P(A)=0P(A) = 0, où l'on a posé :

P(X)=X3−X2−1P(X) = X^3 - X^2 - 1

1. Étude du polynôme PP sur R\mathbb{R.}

Le polynôme PP est une fonction de classe C∞\mathcal{C}^\infty sur R\mathbb{R}. Calculons sa dérivée :

∀x∈R,P′(x)=3x2−2x=x(3x−2)\forall x \in \mathbb{R},   P'(x) = 3x^2 - 2x = x(3x - 2)

Les points critiques de PP sont 00 et 2/32/3. Étudions les valeurs de PP en ces points :

  • P(0)=−1P(0) = -1
  • P(2/3)=827−49−1=8−12−2727=−3127P(2/3) = \frac{8}{27} - \frac{4}{9} - 1 = \frac{8 - 12 - 27}{27} = -\frac{31}{27}

On observe que P(0)<0P(0) < 0 et P(2/3)<0P(2/3) < 0. De plus, la limite de P(x)P(x) quand xx tend vers +∞+\infty est +∞+\infty.

Comme la fonction PP est continue sur R\mathbb{R}, d'après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe un réel α\alpha tel que :

P(α)=0\boxed{ P(\alpha) = 0 }

On peut même préciser, puisque P(1)=−1P(1) = -1 et P(2)=8−4−1=3P(2) = 8 - 4 - 1 = 3, que cette racine réelle α\alpha appartient à l'intervalle ]1,2[]1, 2[.

2. Construction d'une solution pour n≥1n \ge 1.

Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^*. Considérons la matrice scalaire A=αInA = \alpha I_n. Cette matrice appartient bien à Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) car α\alpha est un nombre réel.

Calculons alors le polynôme PP appliqué à AA :

P(A)=A3−A2−In=(αIn)3−(αIn)2−InP(A) = A^3 - A^2 - I_n = (\alpha I_n)^3 - (\alpha I_n)^2 - I_n

Par propriété des matrices scalaires, on obtient :

P(A)=(α3−α2−1)InP(A) = (\alpha^3 - \alpha^2 - 1) I_n

Or, par définition de α\alpha, nous savons que α3−α2−1=0\alpha^3 - \alpha^2 - 1 = 0. Par conséquent :

P(A)=0⋅In=0n\boxed{ P(A) = 0 \cdot I_n = 0_n }

Ainsi, pour tout n≥1n \ge 1, il existe bien une matrice A∈Mn(R)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) vérifiant l'équation.

3. Cas particulier n=0n = 0.

Par convention, dans l'espace vectoriel de dimension nulle {0}\{0\}, l'unique application linéaire est l'application nulle, et sa matrice associée est la matrice vide. Toutes les relations algébriques y sont trivialement vérifiées. Si l'on s'en tient aux entiers naturels strictement positifs, le raisonnement précédent suffit.

Conclusion.

L'existence d'une racine réelle pour le polynôme PP garantit que l'équation possède une solution pour tout entier nn.

n∈N\boxed{ n \in \mathbb{N} }

L'erreur classique consiste à penser que l'existence d'une telle matrice impose une contrainte sur la parité de nn. C'est le cas pour des équations comme A2+In=0A^2 + I_n = 0 (car le polynôme X2+1X^2+1 n'a aucune racine réelle), mais ici le degré impair du polynôme garantit l'existence d'une racine réelle.