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On s'intéresse à l'équation fonctionnelle suivante, d'inconnue f:R→Rf : \mathbb{R} \to \mathbb{R} :

(E):∀x∈R,f(2x)=2f(x)−2f(x)2(E) : \forall x \in \mathbb{R},   f(2x) = 2f(x) - 2f(x)^2

  1. Déterminer l'ensemble des fonctions constantes solutions de (E)(E).
  2. Soit h:R→Rh : \mathbb{R} \to \mathbb{R} telle que pour tout x∈Rx \in \mathbb{R}, f(x)=xh(x)f(x) = x h(x). Traduire l'équation (E)(E) en une condition sur hh pour x≠0x \neq 0.
  3. On définit la suite de fonctions (hn)n∈N(h_n)_{n \in \mathbb{N}} par h0(x)=1h_0(x) = 1 et pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} :
    hn+1(x)=hn(x2)−x2hn(x2)2h_{n+1}(x) = h_n\left(\frac{x}{2}\right) - \frac{x}{2} h_n\left(\frac{x}{2}\right)^2
    Pour x∈[0,1]x \in [0, 1], on considère l'application Tx:[0,1]→RT_x : [0, 1] \to \mathbb{R} définie par Tx(y)=y−x2y2T_x(y) = y - \frac{x}{2}y^2.
    1. Montrer que TxT_x est 11-lipschitzienne sur [0,1][0, 1] et que Tx([0,1])⊂[0,1]T_x([0, 1]) \subset [0, 1].
    2. Établir la convergence uniforme de la suite (hn)(h_n) sur l'intervalle [0,1][0, 1].
  4. En déduire l'existence d'une solution continue et non constante à l'équation (E)(E) sur [0,1][0, 1].
  5. Proposer une méthode pour construire une solution continue non constante sur R+\mathbb{R}^+.

1.

Pour la question 1, résoudre l'équation scalaire C=2C−2C2C = 2C - 2C^2.

2.

Pour la convergence uniforme, utiliser le caractère lipschitzien de TxT_x pour obtenir une majoration géométrique de ∣hn+1(x)−hn(x)∣|h_{n+1}(x) - h_n(x)|.

3.

Pour l'extension à R+\mathbb{R}^+, utiliser la relation de récurrence inversée : f(x)=2f(x/2)−2f(x/2)2f(x) = 2f(x/2) - 2f(x/2)^2.

Idées clés

•

Point fixe et itération de fonctions.

•

Critère de convergence des séries télescopiques pour les suites de fonctions.

•

Prolongement par raccordement continu.

Résolution.

  1. Soit f(x)=Cf(x) = C une fonction constante solution. L'équation (E)(E) impose :
    C=2C−2C2  ⟺  2C2−C=0  ⟺  C(2C−1)=0C = 2C - 2C^2 \iff 2C^2 - C = 0 \iff C(2C - 1) = 0
    Les solutions constantes sont donc :
    f:x↦0etf:x↦12\boxed{ f : x \mapsto 0   \text{et}   f : x \mapsto \frac{1}{2} }

  2. En substituant f(x)=xh(x)f(x) = xh(x) dans (E)(E), on obtient pour x≠0x \neq 0 :
    2xh(2x)=2xh(x)−2x2h(x)22x h(2x) = 2xh(x) - 2x^2 h(x)^2
    En divisant par 2x2x (pour x≠0x \neq 0), on trouve le lien suivant :
    h(2x)=h(x)−xh(x)2\boxed{ h(2x) = h(x) - x h(x)^2 }

    1. La fonction TxT_x est de classe C1\mathcal{C}^1 sur [0,1][0, 1] et sa dérivée est Tx′(y)=1−xyT_x'(y) = 1 - xy. Comme x,y∈[0,1]x, y \in [0, 1], on a 0≤xy≤10 \leq xy \leq 1, d'où 0≤Tx′(y)≤10 \leq T_x'(y) \leq 1. Par l'inégalité des accroissements finis, TxT_x est 11-lipschitzienne. De plus, TxT_x est croissante sur [0,1][0, 1]. On a Tx(0)=0T_x(0) = 0 et Tx(1)=1−x2≤1T_x(1) = 1 - \frac{x}{2} \leq 1. Ainsi, Tx([0,1])⊂[0,1]\boxed{ T_x([0, 1]) \subset [0, 1] }.

    2. On remarque que hn+1(x)=Tx(hn(x/2))h_{n+1}(x) = T_x(h_n(x/2)). Par récurrence, puisque h0(x)=1∈[0,1]h_0(x)=1 \in [0, 1] et TxT_x préserve cet intervalle, on a hn(x)∈[0,1]h_n(x) \in [0, 1] pour tout nn. Pour n≥1n \geq 1, par la propriété lipschitzienne de TxT_x :
      ∣hn+1(x)−hn(x)∣=∣Tx(hn(x/2))−Tx(hn−1(x/2))∣≤∣hn(x/2)−hn−1(x/2)∣|h_{n+1}(x) - h_n(x)| = |T_x(h_n(x/2)) - T_x(h_{n-1}(x/2))| \leq |h_n(x/2) - h_{n-1}(x/2)|
      Par itération, on obtient :
      ∣hn+1(x)−hn(x)∣≤∣h1(x/2n)−h0(x/2n)∣|h_{n+1}(x) - h_n(x)| \leq |h_1(x/2^n) - h_0(x/2^n)|
      Or h1(u)−h0(u)=(1−u/2)−1=−u/2h_1(u) - h_0(u) = (1 - u/2) - 1 = -u/2. Ainsi :
      ∣hn+1(x)−hn(x)∣≤x2n+1≤12n+1|h_{n+1}(x) - h_n(x)| \leq \frac{x}{2^{n+1}} \leq \frac{1}{2^{n+1}}
      La série ∑(hn+1−hn)\sum (h_{n+1} - h_n) converge normalement, donc uniformément sur [0,1][0, 1]. La suite (hn) converge uniformeˊment sur [0,1]\boxed{ (h_n) \text{ converge uniformément sur } [0, 1] } vers une fonction continue hh.

  3. En passant à la limite dans la définition de hn+1h_{n+1}, on a h(x)=h(x/2)−(x/2)h(x/2)2h(x) = h(x/2) - (x/2)h(x/2)^2. En posant f(x)=xh(x)f(x) = xh(x), on vérifie que f(2x)=2xh(2x)=2x(h(x)−xh(x)2)=2f(x)−2f(x)2f(2x) = 2x h(2x) = 2x(h(x) - xh(x)^2) = 2f(x) - 2f(x)^2. ff est continue comme produit de fonctions continues. f(0)=0f(0)=0 et h(0)=1h(0)=1 donc ff n'est pas constante.

  4. Soit f0f_0 la solution construite sur [0,1][0, 1]. Pour définir ff sur [0,2][0, 2], on pose :
    ∀x∈]1,2],f(x)=2f(x/2)−2f(x/2)2\forall x \in ]1, 2],   f(x) = 2f(x/2) - 2f(x/2)^2
    La continuité en 11 est assurée par la relation de récurrence car lim⁡x→1+f(x)=2f0(1/2)−2f0(1/2)2=f0(1)\lim_{x \to 1^+} f(x) = 2f_0(1/2) - 2f_0(1/2)^2 = f_0(1). On itère ce procédé sur [0,2n][0, 2^n] pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} par :
    fn+1(x)=2fn(x/2)−2fn(x/2)2 pour x∈[2n,2n+1]\boxed{ f_{n+1}(x) = 2f_n(x/2) - 2f_n(x/2)^2 \text{ pour } x \in [2^n, 2^{n+1}] }

Oubli de la condition en x=0 et vérification de la continuité lors du prolongement.

Étude d'une solution par une suite de fonctions itérées construites à partir de l'équation.