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Soit E=C0([0,1],R)E = \mathcal{C}^0([0, 1], \mathbb{R}). On appelle E++E^{++} l'ensemble des fonctions de EE strictement positives. Pour toute fonction φ∈E++\varphi \in E^{++}, on définit :

∥f∥φ=∫01∣f(t)∣φ(t) dt\|f\|_\varphi = \int_0^1 |f(t)| \varphi(t)   dt

  1. Montrer que pour tout φ∈E++\varphi \in E^{++}, ∥⋅∥φ\| \cdot \|_\varphi définit une norme sur EE.
  2. Soient φ1,φ2∈E++\varphi_1, \varphi_2 \in E^{++}. Démontrer que les normes ∥⋅∥φ1\|\cdot\|_{\varphi_1} et ∥⋅∥φ2\|\cdot\|_{\varphi_2} sont équivalentes.
  3. On considère maintenant φ1(t)=t\varphi_1(t) = t et φ2(t)=t2\varphi_2(t) = t^2. Ces fonctions ne sont pas dans E++E^{++} mais s'annulent seulement en 0.
    1. Justifier que ∥⋅∥φ1\| \cdot \|_{\varphi_1} et ∥⋅∥φ2\| \cdot \|_{\varphi_2} sont encore des normes sur EE.
    2. Sont-elles équivalentes ? On pourra tester la suite fn(t)=(1−t)nf_n(t) = (1-t)^n.

1.

Pour la séparation de la norme, utiliser la continuité de ff et φ\varphi.

2.

Utiliser le fait qu'une fonction continue sur un segment atteint ses bornes. Encadrer le rapport φ2/φ1\varphi_2/\varphi_1.

3.

Pour la non-équivalence, calculer explicitement les intégrales pour fnf_n.

Idées clés

•

Propriété de l'intégrale d'une fonction continue positive.

•

Compacité de [0,1][0,1] : une fonction continue y est bornée et atteint ses bornes.

Résolution.

  1. Séparation de la norme : Si ∥f∥φ=0\|f\|_\varphi = 0, alors ∫01∣f(t)∣φ(t) dt=0\int_0^1 |f(t)|\varphi(t)   dt = 0. L'application t↦∣f(t)∣φ(t)t \mapsto |f(t)|\varphi(t) est continue et positive sur [0,1][0,1]. Son intégrale est nulle, donc la fonction est identiquement nulle : ∀t∈[0,1], ∣f(t)∣φ(t)=0\forall t \in [0,1], \ |f(t)|\varphi(t) = 0. Comme φ\varphi est strictement positive, on en déduit ∀t∈[0,1], f(t)=0\forall t \in [0,1], \ f(t) = 0. Les autres propriétés (homogénéité, inégalité triangulaire) sont immédiates par linéarité et croissance de l'intégrale.

  2. Équivalence pour φ1,φ2∈E++\varphi_1, \varphi_2 \in E^{++ :} L'application h=φ2φ1h = \frac{\varphi_2}{\varphi_1} est continue sur le segment [0,1][0,1] car φ1\varphi_1 ne s'annule pas. Par le théorème des bornes atteintes, il existe m,M>0m, M > 0 tels que :
    ∀t∈[0,1], 0<m≤φ2(t)φ1(t)≤M\forall t \in [0,1], \ 0 < m \leq \frac{\varphi_2(t)}{\varphi_1(t)} \leq M
    En multipliant par ∣f(t)∣φ1(t)≥0|f(t)|\varphi_1(t) \geq 0, on obtient :
    m∣f(t)∣φ1(t)≤∣f(t)∣φ2(t)≤M∣f(t)∣φ1(t)m |f(t)|\varphi_1(t) \leq |f(t)|\varphi_2(t) \leq M |f(t)|\varphi_1(t)
    Par intégration sur [0,1][0,1] :
    m∥f∥φ1≤∥f∥φ2≤M∥f∥φ1\boxed{ m \|f\|_{\varphi_1} \leq \|f\|_{\varphi_2} \leq M \|f\|_{\varphi_1} }

  3. Cas où les poids s'annulent :
    1. Si φ\varphi ne s'annule qu'en un nombre fini de points, ∣f∣φ=0|f|\varphi = 0 implique f=0f=0 sur [0,1]∖{zeˊros de φ}[0,1] \setminus \{ \text{zéros de } \varphi \}. Par continuité de ff, ff est nulle partout. Ce sont donc des normes.
    2. Calculons les normes pour fn(t)=(1−t)nf_n(t) = (1-t)^n :
      ∥fn∥φ1=∫01t(1−t)n dt=∫01(1−u)un du=1n+1−1n+2=1(n+1)(n+2)∼1n2\|f_n\|_{\varphi_1} = \int_0^1 t(1-t)^n   dt = \int_0^1 (1-u)u^n   du = \frac{1}{n+1} - \frac{1}{n+2} = \frac{1}{(n+1)(n+2)} \sim \frac{1}{n^2}
      ∥fn∥φ2=∫01t2(1−t)n dt=∫01(1−u)2un du=1n+1−2n+2+1n+3=2(n+1)(n+2)(n+3)∼2n3\|f_n\|_{\varphi_2} = \int_0^1 t^2(1-t)^n   dt = \int_0^1 (1-u)^2 u^n   du = \frac{1}{n+1} - \frac{2}{n+2} + \frac{1}{n+3} = \frac{2}{(n+1)(n+2)(n+3)} \sim \frac{2}{n^3}
      Le rapport ∥fn∥φ1∥fn∥φ2\frac{\|f_n\|_{\varphi_1}}{\|f_n\|_{\varphi_2}} tend vers +∞+\infty.
      Les normes ne sont pas eˊquivalentes.\boxed{\text{Les normes ne sont pas équivalentes.}}

L'équivalence nécessite que le poids ne s'annule pas.

Toutes les normes L1 à poids strictement positifs sont équivalentes sur C0([a,b]).