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On définit le nombre d'or α=1+52\alpha = \frac{1+\sqrt{5}}{2} et on considère les séries de termes généraux :

un=1n+1sin⁡(π3αn)etvn=1n+1cos⁡(π3αn)u_n = \frac{1}{n+1} \sin \left( \frac{\pi}{3} \alpha^n \right)   \text{et}   v_n = \frac{1}{n+1} \cos \left( \frac{\pi}{3} \alpha^n \right)

  1. Soit β=1−52\beta = \frac{1-\sqrt{5}}{2}. Montrer que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, xn=αn+βnx_n = \alpha^n + \beta^n est un entier.
  2. Déterminer la nature de la série ∑un\sum u_n.
  3. Déterminer la nature de la série ∑vn\sum v_n.

1.

Utiliser le fait que α\alpha et β\beta sont racines de X2−X−1=0X^2 - X - 1 = 0 pour établir une récurrence linéaire sur xnx_n.

2.

Écrire αn=xn−βn\alpha^n = x_n - \beta^n et effectuer un développement limité des fonctions trigonométriques en exploitant ∣β∣<1|\beta| < 1.

3.

Étudier la périodicité de la suite (xn(mod6))(x_n \pmod 6) pour analyser la convergence de ∑eiπ3xnn+1\sum \frac{e^{i \frac{\pi}{3} x_n}}{n+1}.

Idées clés

•

Suite de Lucas et périodicité modulo mm.

•

Transformation d'une série trigonométrique à l'aide d'un entier proche.

•

Critère de convergence des séries de type "Dirichlet" avec numérateur périodique.

1. Nature de xnx_n.

Les nombres α\alpha et β\beta sont les racines distinctes du polynôme P(X)=X2−X−1P(X) = X^2 - X - 1. Par propriété des suites récurrentes linéaires, la suite xn=αn+βnx_n = \alpha^n + \beta^n vérifie :

xn+2=xn+1+xnx_{n+2} = x_{n+1} + x_n

Comme x0=α0+β0=2∈Zx_0 = \alpha^0 + \beta^0 = 2 \in \mathbb{Z} et x1=α+β=1∈Zx_1 = \alpha + \beta = 1 \in \mathbb{Z}, une récurrence immédiate montre que :

∀n∈N,xn∈Z\boxed{\forall n \in \mathbb{N},   x_n \in \mathbb{Z}}

2. Analyse de l'exponentielle complexe associée.

Posons wn=1n+1exp⁡(iπ3αn)w_n = \frac{1}{n+1} \exp\left( i \frac{\pi}{3} \alpha^n \right). En utilisant αn=xn−βn\alpha^n = x_n - \beta^n :

wn=1n+1exp⁡(iπ3xn)exp⁡(−iπ3βn)w_n = \frac{1}{n+1} \exp\left( i \frac{\pi}{3} x_n \right) \exp\left( -i \frac{\pi}{3} \beta^n \right)

Puisque ∣β∣=∣1−52∣≈0,618<1|\beta| = \left| \frac{1-\sqrt{5}}{2} \right| \approx 0,618 < 1, on a βn→0\beta^n \to 0. Par développement limité de l'exponentielle :

wn=eiπ3xnn+1(1−iπ3βn+O(β2n))w_n = \frac{e^{i \frac{\pi}{3} x_n}}{n+1} \left( 1 - i \frac{\pi}{3} \beta^n + O(\beta^{2n}) \right)

Ce qui se réécrit :

wn=eiπ3xnn+1−iπ3eiπ3xnβnn+1+O(β2nn+1)w_n = \frac{e^{i \frac{\pi}{3} x_n}}{n+1} - i \frac{\pi}{3} \frac{e^{i \frac{\pi}{3} x_n} \beta^n}{n+1} + O\left( \frac{\beta^{2n}}{n+1} \right)

Les deux derniers termes sont les termes généraux de séries absolument convergentes car dominés par une série géométrique de raison ∣β∣<1|\beta| < 1. La nature de ∑wn\sum w_n est donc la même que celle de ∑eiπ3xnn+1\sum \frac{e^{i \frac{\pi}{3} x_n}}{n+1}.

3. Périodicité et conclusion.

La suite (xn)n∈N(x_n)_{n \in \mathbb{N}} est définie par xn+2≡xn+1+xn(mod6)x_{n+2} \equiv x_{n+1} + x_n \pmod 6. Comme il n'y a qu'un nombre fini de couples possibles dans Z/6Z×Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z} \times \mathbb{Z}/6\mathbb{Z}, la suite (xn(mod6))(x_n \pmod 6) est périodique. Un calcul direct donne les premières valeurs modulo 6 : 2,1,3,4,1,5,0,5,5,4,3,1,4,5,3,2,5,1,0,1,1,2,3,5…2, 1, 3, 4, 1, 5, 0, 5, 5, 4, 3, 1, 4, 5, 3, 2, 5, 1, 0, 1, 1, 2, 3, 5 \dots (période de 24).

Soit S=∑k=023eiπ3xkS = \sum_{k=0}^{23} e^{i \frac{\pi}{3} x_k} la somme sur une période. La série ∑eiπ3xnn+1\sum \frac{e^{i \frac{\pi}{3} x_n}}{n+1} converge si et seulement si S=0S=0 (via une transformation d'Abel ou étude par paquets). Si S≠0S \neq 0, la série diverge comme S24∑1k\frac{S}{24} \sum \frac{1}{k}.

L'étude numérique des parties réelles et imaginaires sur la période montre que : - La somme des sinus sur une période est nulle : Im(S)=0\text{Im}(S) = 0. - La somme des cosinus sur une période est non nulle : Re(S)≠0\text{Re}(S) \neq 0.

On en conclut :

∑un converge et ∑vn diverge\boxed{\sum u_n \text{ converge et } \sum v_n \text{ diverge}}

Utiliser le critère des séries alternées à tort.

Une série dont le terme général est (périodique/n) converge ssi la somme sur une période est nulle.