Résolution.
Sens (i)⟹(ii).
Supposons qu'il existe λ∈R et B>0 tels que ∣f(x)−λx∣≤B pour tout x.
Posons g(x)=f(x)−λx. On a alors f(x)=λx+g(x).
Calculons l'écart à l'additivité :
f(x+y)−f(x)−f(y)=λ(x+y)+g(x+y)−(λx+g(x))−(λy+g(y)) Après simplification :
f(x+y)−f(x)−f(y)=g(x+y)−g(x)−g(y) Par inégalité triangulaire :
∣f(x+y)−f(x)−f(y)∣≤∣g(x+y)∣+∣g(x)∣+∣g(y)∣≤3B
L'assertion
(ii) est vérifiée avec
M=3B.
Sens (ii)⟹(i).
Supposons (ii). Pour tout x∈R, en prenant y=x, on a ∣f(2x)−2f(x)∣≤M.
Considérons la suite un(x)=2nf(2nx). Analysons la différence :
un+1(x)−un(x)=2n+1f(2⋅2nx)−2n+12f(2nx)=2n+1f(2n+1x)−2f(2nx) D'après l'hypothèse (ii), on a :
∣un+1(x)−un(x)∣≤2n+1M Cette majoration est indépendante de x. La série de fonctions ∑(un+1−un) converge donc normalement (et donc uniformément) sur R.
Par suite, la suite (un) converge uniformément sur R vers une fonction L.
Comme chaque un est continue, L est continue sur R.
Vérifions l'additivité de L. Pour tous x,y∈R :
∣un(x+y)−un(x)−un(y)∣=2n∣f(2n(x+y))−f(2nx)−f(2ny)∣≤2nM En passant à la limite quand n→+∞ :
∀(x,y)∈R2,L(x+y)=L(x)+L(y) L est une fonction continue et additive, donc il existe λ∈R tel que L(x)=λx.
Enfin, estimons la distance entre f et L. En utilisant la série télescopique :
L(x)−f(x)=L(x)−u0(x)=n=0∑+∞(un+1(x)−un(x)) Ainsi :
∣L(x)−f(x)∣≤n=0∑+∞2n+1M=M On a donc ∣f(x)−λx∣≤M, ce qui prouve (i).