Une série télescopique est une série de terme général . Sa convergence équivaut à celle de la suite : ce lien suite-série permet à la fois de calculer des sommes de séries et de démontrer qu'une suite converge en étudiant la série de ses accroissements.
Énoncé
Proposition (lien suite-série)
Soit une suite d'éléments de . La série télescopique converge si et seulement si la suite converge. Dans ce cas, en notant :
Réciproquement, toute série est télescopique : pour , où .
Démonstration
Notons la somme partielle d'indice . Par télescopage, . Ainsi converge si et seulement si converge, c'est-à-dire si et seulement si converge, et dans ce cas .
Pour le reste, on écrit de même, pour , , qui tend vers quand . La dernière affirmation découle directement de la définition des sommes partielles.
Méthode : quand et comment l'utiliser
Pour calculer une somme : écrire le terme général sous la forme (décomposition en éléments simples, logarithme d'un quotient, différence d'arctangentes), puis passer à la limite dans .
Pour montrer qu'une suite converge : étudier la série . Il suffit par exemple que , ou plus généralement que cette série soit absolument convergente. C'est la méthode de référence pour les suites du type ou (formule de Stirling).
Exemples d'application
Constante d'Euler
Soit pour . Alors
Le premier terme vaut et le second est car quand . La série converge absolument, donc converge : sa limite est la constante d'Euler .
Une somme calculée, une divergence lente
Pour , avec , suite qui tend vers . D'où
À l'inverse, est la série télescopique associée à : ses sommes partielles valent , donc elle diverge alors que son terme général tend vers .
Erreurs classiques
Croire que suffit à faire converger : ou sont des contre-exemples. C'est la série des différences qui doit converger.
Se contenter de : ce n'est pas suffisant. Par exemple, vérifie et tend vers .
Oublier le terme initial : la somme vaut (ou si la série commence à l'indice ), et non .
Scinder en : ces deux séries divergent dès que .
Place dans le programme
Première année (MPSI, MP2I), repris en deuxième année (MP, MPI, PSI), chapitre « Séries numériques ».
Le lien suite-série et les séries télescopiques font partie du cours sur les séries numériques et s'utilisent directement. En deuxième année, ils servent notamment à établir l'existence de la constante d'Euler ou la formule de Stirling.
Dans les sujets de concours
Pour vous entraîner sur des sujets complets : Séries numériques et familles sommables (224 sujets).
Sujets où cette notion intervient explicitement :
- Centrale Mathématiques 2 PSI 2024 : Partie I : convergence de la suite (a_n)
- E3A Mathématiques PSI 2022
- X ENS Mathématiques B MP 2011 : Deuxième partie : transformée d'Euler
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une série télescopique ?
C'est une série dont le terme général s'écrit pour une suite . Sa somme partielle d'indice vaut .
Quelle est la somme d'une série télescopique ?
Si converge vers , alors . Si diverge, la série diverge.
Comment montrer qu'une suite converge grâce à une série ?
On montre que la série converge, typiquement en établissant par un développement limité. Le lien suite-série donne alors la convergence de .