La comparaison série-intégrale encadre les sommes partielles, ou les restes, d'une série par des intégrales de lorsque est monotone. Elle donne la nature de la série et surtout des équivalents de sommes comme ou .
Énoncé
Théorème (comparaison série-intégrale)
Soit continue par morceaux, positive et décroissante.
1. Encadrement. Pour tout entier , et, si , . Par suite, pour tout :
2. Nature et restes. La série converge si et seulement si converge (c'est-à-dire si admet une limite finie en ). Dans ce cas, pour tout :
3. Série des écarts. La série de terme général () est à termes positifs et converge. Par conséquent, la suite converge vers une limite .
Démonstration
Encadrement. Soit . Pour , la décroissance donne ; en intégrant sur ce segment de longueur , . De même, si , pour , d'où . On somme la première inégalité pour et la seconde pour (relation de Chasles), puis on ajoute à la seconde :
Nature. La série est à termes positifs : elle converge si et seulement si ses sommes partielles sont majorées. La fonction est croissante car : elle admet une limite finie en si et seulement si elle est majorée. Si , alors pour tout . Si pour tout , alors pour , .
Restes. On somme les mêmes inégalités pour de à :
puis on fait tendre vers .
Série . Pour , l'encadrement donne . Or : la série à termes positifs a ses sommes partielles majorées par , donc elle converge. Enfin
et puisque pour tout .
Méthode : quand et comment l'utiliser
- Vérifier les hypothèses : positivité et monotonie de , éventuellement seulement sur (on adapte alors les bornes).
- Écrire l'encadrement sur et sur , puis sommer en surveillant le premier indice.
- Si les deux intégrales obtenues sont équivalentes, on obtient un équivalent de la somme partielle (cas divergent) ou du reste (cas convergent).
- Pour croissante, les inégalités s'inversent : .
Exemples d'application
Série harmonique et constante d'Euler
Avec , continue, positive et décroissante sur , l'encadrement donne pour :
Pour , on divise par : les deux bornes tendent vers car . Donc . Le point 3 précise que converge vers une limite , la constante d'Euler (), d'où .
Reste d'une série de Riemann
Soit et . Comme , on obtient
Les deux bornes sont équivalentes car , donc . Par exemple, .
Erreurs classiques
Oublier la monotonie : est continue et positive, converge (tous ses termes sont nuls), mais diverge.
Écrire alors que n'est définie que sur , ou que l'intégrale diverge (pour , diverge) : c'est pourquoi on isole le premier terme.
Se tromper de sens : pour positive décroissante, . Écrire est faux.
Confondre équivalent et différence : n'entraîne pas ; la différence tend vers .
Place dans le programme
Première année (MPSI, MP2I), repris en deuxième année (MP, MPI, PSI), chapitre « Séries numériques ».
La comparaison d'une série et d'une intégrale pour une fonction monotone est au programme. En pratique, on rédige l'encadrement (décroissance, intégration sur , sommation) plutôt que de le citer. La convergence de la série du point 3 est un complément classique, à savoir redémontrer.
Dans les sujets de concours
Pour vous entraîner sur des sujets complets : Séries numériques et familles sommables (224 sujets), Intégrales généralisées (415 sujets).
Sujets où cette notion intervient explicitement :
- E3A Mathématiques PC 2024 : Exercice 3 : série de terme général sin(n^α)/n
- ENS Mathématiques C MP MPI 2024
- Mines Mathématiques 2 PSI 2024
- X ENS Mathématiques A MP MPI 2024
- Centrale Mathématiques 2 PSI 2023 : Partie II : formule de Stirling
- CCINP Mathématiques PSI 2021 : Problème 1, partie III : équivalent de f_α en 1 (Q20 à Q24)
Questions fréquentes
Que dit le théorème de comparaison série-intégrale ?
Si est continue par morceaux, positive et décroissante sur , la série et l'intégrale sont de même nature, et les sommes partielles (ou les restes) sont encadrées par des intégrales de .
Comment faire si la fonction est croissante ?
On inverse les inégalités : . Par exemple, avec , on obtient , d'où .
Quel lien avec la sommation des relations de comparaison ?
La sommation des relations de comparaison (deuxième année) transfère un équivalent entre termes généraux positifs aux sommes partielles (cas divergent) ou aux restes (cas convergent). La comparaison série-intégrale fournit les équivalents de référence auxquels on se ramène, comme ou pour .