E3A Mathématiques PC 2024Sujet, corrigé et rapport du jury
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Présentation du sujet
Quatre exercices : forme linéaire sur des polynômes, loi de Poisson, série semi-convergente et produit scalaire sur R[X]Afficher ou masquer la section
Présentation du sujet
Le sujet comporte quatre exercices indépendants, sans calculatrice. Il étudie une forme linéaire intégrale sur R2n[X] et un endomorphisme associé, une variable aléatoire suivant une loi de Poisson, la nature de la série de terme général sin(n^α)/n par comparaison à une intégrale, puis un produit scalaire défini par une série sur R[X] et le calcul d'une distance par projection orthogonale.
- 1Exercice 1 : forme linéaire et endomorphisme sur R2n[X]Noyau d'une forme linéaire, supplémentaire orthogonal, matrice, valeurs propres et diagonalisabilité d'un endomorphisme T_λ.
- 2Exercice 2 : autour de la loi de PoissonParité d'une variable de Poisson exprimée avec sh et ch, puis loi du produit par une variable indépendante à valeurs dans {1, 2}.
- 3Exercice 3 : série de terme général sin(n^α)/nComparaison série-intégrale, inégalité des accroissements finis, intégration par parties et changement de variable pour montrer la convergence, puis étude de la convergence absolue.
- 4Exercice 4 : produit scalaire sur R[X]Produit scalaire défini par une série, calcul de sommes à l'aide de la série géométrique dérivée et distance de X² à R1[X].
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesForme linéaire mal exploitée · Supplémentaire confondu avec complémentaire · Indépendance de variables aléatoires mal définieAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesSelon le jury, les quatre exercices parcouraient les parties les plus classiques du programme de deuxième année de PC. Il déplore un manque de maîtrise des bases d'algèbre linéaire et des grands théorèmes d'analyse, une grande maladresse de calcul et des copies souvent mal présentées. L'exercice de probabilités n'a pas été abordé par près de 30 % des candidats.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Forme linéaire mal exploitéeExercice 1, Q1 à Q3
Le caractère de forme est rarement justifié, la dimension de R2n[X] est prise égale à 2n et l'on oublie que la forme est non nulle pour obtenir la dimension du noyau.
« Le fait que la forme linéaire est non nulle est quasiment toujours oublié. »
- 2Supplémentaire confondu avec complémentaireExercice 1, Q5
Pour montrer une somme directe, certains cherchent une intersection vide au lieu de l'intersection réduite au vecteur nul.
- 3Indépendance de variables aléatoires mal définieExercice 2, Q1.3 et Q2.1
Cette question de cours n'a presque rien rapporté : la définition est remplacée par une paraphrase vague. Les événements du type « X pair » sont aussi écrits sans réunion ni quantificateur.
« Cette question de cours que nous pensions facile n'a pas permis aux étudiants de rapporter des points. »
- 4Accroissements finis et majorations faussesExercice 3, Q2.3 et Q2.4
L'inégalité des accroissements finis est remplacée par une égalité fausse, et des inégalités incorrectes sur les valeurs absolues apparaissent.
- 5Convergence non justifiéeExercice 3, Q4.2 et Q6
L'intégration par parties généralisée est faite sans vérifier la convergence, et une égalité entre somme et intégrale tient lieu de preuve de convergence d'une série.
- 6Calculs sur les puissances et les sériesExercice 4, Q1, Q3.2 et Q3.4
Confusions de variables dans les relations de comparaison, erreurs sur les exponentielles et oubli des valeurs absolues pour la convergence absolue.
Ce qui a été bien réussi
- Le calcul des valeurs propres (question 6.4 de l'exercice 1) est bien traité par ceux qui ont la bonne matrice.
- La question 3 de l'exercice 3 est assez bien réussie.
- Les rares candidats ayant abordé la fin de l'exercice 4 (questions 3.4 à 4.3) ont en général bien réussi.
Conseils du jury
- Lire tout le sujet pour saisir l'architecture de chaque exercice.
- Vérifier explicitement les hypothèses des théorèmes utilisés au lieu d'affirmer qu'elles sont remplies.
- Admettre clairement un résultat non démontré pour poursuivre, plutôt que de donner des arguments faux.
- Soigner les parenthèses, les éléments différentiels dans les intégrales et la numérotation des questions.
- Préciser la variable par rapport à laquelle on cherche un équivalent.
- Se préparer à l'exercice de probabilités, que le jury pose systématiquement.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
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L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.Afficher ou masquer la section
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EXERCICE 1
On note
Pour tout couple de polynômes
Soit
- Montrer que
L est une forme linéaire surE . - Déterminer
L(e_k) pour toutk ∈ [ [0, 2n] ] . - Déterminer la dimension de
Ker(L) . - Prouver qu'il existe une base
𝒰 , que l'on ne cherchera pas à expliciter, deKer(L) , dont le premier vecteur este_1 . - Montrer que :
i)Vect(e_0) etKer(L) sont deux sous-espaces orthogonaux,
ii)E = Vect(e_0) ⊕ Ker(L) . - Soit
λ un réel. On considère l'applicationT_λ définie surE par :
6.2. Soit
6.3. Déterminer la matrice de
6.4. Déterminer les valeurs propres de
6.5. L'endomorphisme
6.6. Justifier que
6.7. Pour tous réels
6.8. Déterminer
EXERCICE 2
1. Questions de cours
1.2. Écrire les développements en séries entières des fonctions sh et ch ainsi que leurs domaines de validité.
1.3. Soient
2. Soit
2.2. En déduire la loi de
3. Soit
3.1. Préciser
3.2. Soit
3.3. Déterminer la loi de
3.4. Quelle est la probabilité que
EXERCICE 3
Question de cours
- Soit
x un réel positif. Comparerx etx^2 .
On se propose d'étudier la série de terme général
2. On pose pour tout
2.1. Justifier que la fonction
2.2. Justifier que
2.3. Montrer que l'on a :
2.4. En déduire que pour tout entier
- On pose, pour tout
n ⩾ 1 : u_n = ∫_n^(n + 1)φ(t)dt .
4. Convergence de l'intégrale
4.1. Démontrer que
4.2. À l'aide d'une intégration par parties, démontrer alors que
5. Démontrer, à l'aide d'un changement de variable, que l'intégrale
6. En déduire que la série de terme général
7. Prouver que la série de terme général
8. Déduire des questions précédentes que la série
9. On suppose que la série
9.1. Montrer qu'alors la série
9.2. Prouver que l'intégrale
9.3. On admet alors, en procédant comme précédemment, que la série
Conclure sur la nature de la série
On pourra utiliser la formule de duplication :
EXERCICE 4
- Soient
P etQ deux éléments deE .
Prouver que la série
2. On pose pour tous
2.1. Montrer que :
2.2. Démontrer alors que l'on définit ainsi un produit scalaire sur
3. Quelques calculs de sommes
3.2. Justifier que la série
3.3. Exprimer
3.4. Soit
3.5. Soit
4. On cherche à calculer la distance du vecteur
4.1. Déterminer les réels
4.2. Prouver que l'ensemble
4.3. En déduire la distance recherchée.
FIN DU SUJET
ÉLÉMENTS DE CORRECTION
EXERCICE 1
- Déjà,
Im(L) ⊂ ℝ . De plus,L est linéaire par linéarité de l'intégrale. DoncL est bien une forme linéaire surE . - Soit
k ∈ [ [0, 2n] ] .
7. Comme
8. D'une part, le vecteur
9. i) Soit
ii) Comme ces deux sous-espaces sont orthogonaux, ils sont en somme directe. Or,
10. Soit
Puis, pour tout
10.2. Soit
10.3. Notons
10.5. Si
10.6. La matrice
10.7. Soit
EXERCICE 2
- 1.1. On a
X(Ω) = ℕ et pour toutk ∈ ℕ, P(X = k) = (e^(− λ)λ^k)/(k!) . On sait queE(X) = V(X) = λ
1.2. Pour toutx ∈ ℝ , on ash(x) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)(x^(2n + 1))/((2n + 1)!) etch(x) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)(x^(2n))/((2n)!)
1.3. Deux variables aléatoires sont dites indépendantes pour tout(x, y) ∈ X_1(Ω) × X_2(Ω) on aℙ((X_1 = x) ∩ (X_2 = y)) = ℙ(X_1 = x)ℙ(X_2 = y) . On peut aussi dire∀(A, B) ∈ P(X_1(Ω)) × P(X_2(Ω)), ℙ((X_1 ∈ A) ∩ (X_2 ∈ B)) = ℙ(X_2 ∈ A)ℙ(X_2 ∈ B) - 2.1. On a
Y(Ω) = {0, 1} et on a:[Y = 0] = ⋃_(k = 0)^(+ ∞)[X = 2k] et[Y = 1] = ⋃_(k = 0)^(+ ∞)[X = 2k + 1] .
2.2. De la question précédente, on déduit :
3. Étude de la variable aléatoire
3.1. On a
3.2. On sait que les évènements
3.3. De la question précédente, on déduit :
- Si
k = 2p , alorsℙ(T = 2p) = 1/2(ℙ(X = 2p) + ℙ(X = p)) = 1/2e^(− λ)[(λ^(2p))/((2p)!) + (λ^p)/((p)!)] - Si
k = 2p + 1 , alorsℙ(T = 2p + 1) = 1/2ℙ(X = 2p + 1) + 1/2ℙ(2X = 2p + 1) = 1/2e^(− λ)[(λ^(2p + 1))/((2p + 1)!)]
3.4. L'évènementA = [ ''T prend des valeurs paires'" ] s'écrit :⋃_(k = 0)^(+ ∞)[T = 2k] .
EXERCICE 3
On se propose d'étudier la série de terme générique
- Soit
x ∈ ℝ_+ , alors
- On pose pour tout
t ⩾ 1, φ(t) = (sint^α)/t .
2.1. La fonctiont ↦ sin(t^α) est dérivable en tant que composée de fonctions dérivables sa dérivée sur[1, + ∞[ estt ↦ αt^(α − 1)cos(t^α) .
2.2.φ est dérivable en tant que quotient de fonctions dérivables dont le dénominateur ne s'annule pas. Pour toutt ⩾ 1 , on aφ^′(t) = − 1/(t^2)sin(t^α) + α(cos(t^α))/(t^(2 − α)) .
2.3. Par inégalité triangulaire, pour toutt ⩾ 1, |φ^′(t)| ⩽ 1/(t^2) + α/(t^(2 − α)) .
2.4. Soitn ⩾ 1 et soitt ∈ [n, n + 1] . On applique le théorème des accroissement finis entret etn : Il existet_0 ∈ [n, n + 1] tel que|φ(t) − φ(n)| = |φ^′(t_0)| × |t − n| . Or, d'après la question précédente, on a|φ^′(t_0)| ≤ (1 + αt_0^α)/(t_0^2) = 1/(t_0^2) + α/(t_0^(2 − α)) ≤ 1/(n^2) + α/(n^(2 − α))car2 − α > 0 . - On pose, pour tout
n ⩾ 1 : u_n = ∫_n^(n + 1)φ(t)dt .
- 4.1. La fonction
t ↦ (cos(t))/(t^2) est intégrable sur[1, + ∞[ puisque|(cos(t))/(t^2)| ⩽ 1/(t^2) .
4.2. La fonctiont ↦ (sin(t))/t est continue sur[1, + ∞[ . SoitX ∈ [1, + ∞[ . Le crochet[ − (cos(t))/t]_1^X admet une limite finie lorsqueX tend vers+ ∞ . On en déduit que les intégrales∫_1^(+ ∞)(sin(t))/t dt et∫_1^(+ ∞)(cos(t))/(t^2) dt ont même nature. Comme l'intégrale∫_1^X(cos(t))/(t^2) dt converge, d'après la question précédente, la fonctiont ↦ (sin(t))/t est bien intégrable.
On peut aussi écrire : SoitX ∈ [1, + ∞[ .
Par une intégration par parties,∫_1^X(sin(t))/t dt = [ − (cos(t))/t]_1^X − ∫_1^X(cos(t))/(t^2) dt .
Le crochet possède une limite finie lorsqueX tend vers l'infini. Il en résulte que l'intégrale∫_1^(+ ∞)(sin(t))/t dt converge. - En effectuant le changement de variable
u = t^α (qui estC^1 et strictement croissant carα > 0 ) les intégrales∫_1^(+ ∞)(sin(t^α))/t dt et1/α∫_1^(+ ∞)(sin(u))/u du ont même nature. On en déduit que l'intégrale∫_1^(+ ∞)(sin(t^α))/t dt converge. - La série
∑_(n ⩾ 1)u_n converge puisque sa somme partielle∑_(k = 1)^n u_k = ∫_1^(n + 1)φ(t)dt et que l'intégrale∫_1^(+ ∞)φ(t)dt converge. - D'après la question 3., la série
∑_(n ⩾ 1)(u_n − a_n) converge absolument car2 − α > 1 . - Comme les séries
∑u_n et∑(u_n − a_n) convergent, la série∑_(n ⩾ 1)a_n converge en tant que différence de deux séries convergentes. - On suppose que la série
∑_(n ⩾ 1)|a_n| est convergente.
9.1. Puisque l'on a :0 ⩽ (sin^2(n^α))/n ⩽ (|sin(n^α)|)/n et d'après ce que l'on a supposé, la série∑_(n ⩾ 1)(sin^2(n^α))/n est convergente par le théorème de comparaison des séries à termes positifs.
9.2. SoitX ∈ [1, + ∞[ , par une intégration par parties, on a
9.3. En utilisant alors la formule
EXERCICE 4
- Soient
P etQ deux éléments deE .
On a
2. On pose pour tous
2.1. L'implication
2.2. L'application
Pour tout
3. 3.1. La fonction
3.2. Soit
3.3. Soit
3.4. Soit
3.5. Soit
On peut aussi utiliser
On admettra que
4. On cherche à calculer la distance du vecteur
4.1. On a
4.2. L'ensemble
La distance recherchée est
COMMENTAIRES
- Commentaires généraux
- Les correcteurs ont signalé à de nombreuses reprises un nombre important de copies mal ordonnées, mal présentées, trop lourdement raturées (la rédaction de la copie ne doit pas occasionner un jeu de piste pour l'examinateur) : les étudiants doivent s'appliquer à présenter une copie claire et propre. Les résultats doivent être clairement mis en évidence.
Nous nous interrogeons d'ailleurs sur l'opportunité de mettre des points de présentation.
Il semble que les recherches au brouillon ne sont pas dans la panoplie des méthodes à utiliser pour la réalisation de la composition. - Trop de candidats utilisent des abréviations utilisées par leurs professeurs mais qui n'ont pas toujours de sens pour le correcteur : il vaut mieux les éviter.
- De même, il est préférable de ne pas écorcher le nom et l'orthographe des théorèmes cités : on voit par exemple trop souvent le «le théorème spectrale», «la loi de poisson» etc.
- Il est rappelé que les copies doivent être correctement numérotées, dans un ordre cohérent.
Parfois, on obtient des réponses à des questions d'un exercice au cours de la résolution d'un autre exercice!
La double numérotation est assez souvent omise : au lieu de la question 2.4., on lit question 4., puis vient la question 3 ..
- Notons que nous avons de nouveau rencontré cette année des copies quasiment illisibles et donc lourdement pénalisées.
- Signalons aussi que l'orthographe fantaisiste donne une très mauvaise impression à la lecture de la copie.
- Il semble judicieux d'éviter d'utiliser des expressions telles que «il est trivial que», «par une récurrence immédiate», «il est clair que» «forcément» etc... qui indisposent le correcteur : toute proposition énoncée dans une copie se doit d'être démontrée.
- De la même façon, les examinateurs ne goûtent guère des arguments inventés ou fallacieux pour arriver à toute force au résultat annoncé dans l'énoncé : la donnée d'un tel résultat permet en général de poursuivre la résolution de l'exercice sans avoir pu le démontrer : nous apprécions le candidat qui admet clairement le résultat en question pour continuer.
- Il ne suffit pas d'écrire «je peux utiliser le théorème car ses hypothèses sont vérifiées »... , encore faut-il les vérifier!
- Cette année, nous avons avons particulièrement remarqué :
- un mauvais usage des parenthèses :
− > dans les calculs d'intégrales :∫_(− 1)^1 λP(t) + Q(t)dt ,
-> dans les sommes:∑_(n = 0)^(+ ∞)u_n + a_n ,
-> dans les factorielles :2n! au lieu de (2n )! etc. - la fréquente absence des éléments différentiels dans les intégrales,
- l'utilisation de symboles mathématiques comme des abréviations (par exemple :
Ker(L) ⟹ L(P) = 0_E )
- La distinction entre «fonction» et «image d'un réel par une fonction» n'est pas souvent faite : très souvent on rencontre des expressions du type «sin
(t^α) est dérivable et sa dérivée vaut ...» - Nous conseillons fortement aux candidats de prendre le temps de se relire car cela permet souvent d'éviter des erreurs basiques : par exemple, dans un développement limité, les deux termes de l'égalité ne tendent pas vers la même limite, etc...
- Enfin, un exemple même s'il permet souvent d'aider dans la perception du problème, ne permet pas de démontrer un résultat général.
- Rappelons qu'une lecture attentive de la totalité du sujet permet souvent de comprendre l'architecture et la démarche proposée dans chaque exercice.
- Un trop grand nombre d'étudiants ne maîtrise pas les notions de base d'algèbre linéaire, même de première année, ainsi que les théorèmes principaux d'analyse du programme de deuxième année de PC et espèrent cependant venir à bout des questions posées en utilisant des recettes toutes faites bien souvent mal comprises.
En exemple, le Théorème du rang appliqué à une matriceA deℳ_n(ℝ) prend parfois des formes étranges :dim(ℳ_n(ℝ)) = dim(Ker(A) + dim(Im(A)) ou encore,dim(A) = dim(Ker(A) + dim(Im(A)) ! - Nous constatons de nouveau une très grande maladresse dans les calculs (parfois très simples) qui sont trop rapidement abandonnés :
- Les opérations sur les puissances posent encore beaucoup de problème à nombre de candidats.
- On trouve encore trop d'équivalents à
0.. .
- Les quantificateurs, les symboles
⟹, ⟺ sont trop souvent malmenés, voire oubliés lorsqu'ils sont fondamentaux. - Rappelons que lorsqu'il y a plusieurs variables qui interviennent, il est judicieux de préciser pour quelle variable on cherche un équivalent : une écriture du style
t^(p(n + 1)) ∼ _(+ ∞)… ne veut pas dire grand chose. - Reste à signaler que les probabilités génèrent un refus de beaucoup de candidats : près de
30% des candidats n'abordent pas cet exercice : rappelons que nous posons systématiquement un exercice de probabilité.
Nous rappelons enfin qu'il vaut mieux admettre clairement le résultat d'une question et avancer dans la résolution du reste de l'exercice plutôt que de donner des arguments faux qui indisposent nécessairement le correcteur.
Nous proposons chaque année dans ce rapport une correction du sujet et invitons vivement les candidats à l'étudier attentivement.
- Commentaires par exercices
- Exercice 1.
- Q1. : La justification de «forme» est quasiment toujours omise.
- Q2. : Le calcul de
L(e_k) , n'est pas toujours abouti : les cask pair etk impair ne sont pas traités. - Q3. : Beaucoup d'étudiants oublient qu'ils manipulent une forme linéaire ce qui les amène à effectuer des calculs longs et fastidieux qui n'aboutissent pas. On voit souvent, pour ceux qui utilisent le théorème du rang, que
dim(ℝ_(2n)[X]) = 2n .
Le fait que la forme linéaire est non nulle est quasiment toujours oublié. - Q4. : Le théorème de la base incomplète est rarement cité. Il semble qu'il n'y ait dans
Ker(L) que des vecteurs de la base canonique ! - Q5. : Il y a souvent une confusion entre «complémentaire» et «supplémentaire», ce qui amène un candidat à penser qu'il y a une erreur dans l'énoncé puisque le vecteur
e_2 n'est ni dansVect(e_0) , ni dansKer(L) et donc, on ne peut avoirVect(e_0) ⊕ Ker(L) = E .
Pour montrer queVect(e_0) etKer(L) sont orthogonaux, certains étudiants tentent d'effectuer le produit scalaire(Vect(e_0)|Ker(L)) = ∫_(− 1)^1 Vect(e_0)Ker(L)dt = 0 puisqueVect(e_0) = 0 !
Enfin pour montrer que les sous-espacesVect(e_0) etKer(L) sont en somme directe, un nombre non négligeable de candidats tente d'établir queVect(e_0) ∩ Ker(L) = ∅ - Q6.1. : La partie «stabilité » est souvent escamotée ou simplement énoncée sans justification. Il semble y avoir dans l'esprit de certains une confusion entre dimension et degré :
deg(T_λ(P) ⩽ 2n + 1 = dim(E) . - Q6.2. : Il reste souvent un terme résiduel
L^2(P) dont l'étudiant ne sait que faire. - Q6.3. : La matrice, lorsqu'elle est proposée sans calculs justificatifs est souvent incorrecte : rappelons que tout résultat énoncé dans la copie se doit d'être justifié.
On trouve aussi parfois des vecteurse_j dans la matrice. - Q6.4. : Bien traitée pour ceux qui ont la bonne matrice.
- Q6.5. : Traitée par très peu de candidats. L'argument : «la matrice de
T_λ n'est pas l'identité » est très rarement évoqué. - Q7. et Q8. : très rarement abordées.
- Exercice 2.
- Q1.1. :
X(Ω) est régulièrement oublié et dansℙ(X = k) on constate souvent l'oubli d'un ou plusieurs facteurs. - Q1.2. : Parmi les fautes les plus courantes : présence d'un
(− 1)^k , oubli des factorielles, interversion entre sh et ch, domaine égal à] − 1, 1[, … - Q1.3. : L'indépendance de deux variables aléatoires discrètes semble très mystérieuse pour beaucoup: «lorsqu'elles ne dépendent pas l'une de l'autre».
Cette question de cours que nous pensions facile n'a pas permis aux étudiants de rapporter des points. - Q2.1. : Les réunions sont quasiment toujours absentes. Par exemple, (
X pair) se traduit parX = 2k , aveck ∈ ℕ^∗ , sans même un quelconque quantificateur. - Q2.2. : Parmi les étudiants qui effectuent correctement les calculs,
Y(Ω) est rarement rappelé. - Q3.1. : Le produit des supports est parfois écrit, sans simplification.
- Q3.2. : Souvent l'évènement
(T = k) est exprimé à l'aide d'évènements(X = j) et(2X = j) sans expliciter de lien entrek etj . - Q3.3. : Les cas pairs et impairs ne sont pas toujours distingués.
- Q3.4. : Confusion entre
ℙ(T prend des valeurs paires) etℙ(T = 2k) .
- Exercice 3.
- Q1. : Résultats décevants pour cette question : les cas
x ∈ [0, 1] etx ⩾ 1 ne sont pas toujours distingués.
Une figure permettait de voir efficacement ce qui se passait. - Q2.1. et Q2.2. : La continuité voire la continuité par morceaux sert parfois à justifier la dérivabilité.
- Q2.3. : La majoration
|cos(t)| ⩽ 1 est rare : lui est en général préférée la double inégalité− 1 ⩽ cos(t) ⩽ 1 , ce qui entraîne de nombreuses erreurs.
On a souvent rencontré :|a − b| ⩽ |a| − |b| ! - Q2.4. : L'appel au théorème des accroissements finis n'est pas souvent fait : il est remplacé par la fausse égalité
(φ(t) − φ(n))/(t − n) = φ^′(n) qui permet d'obtenir l'inégalité demandée. - Q3. : Assez bien réussie dans l'ensemble.
- Q4.1. : La valeur absolue est souvent oubliée.
- les fonctions cos et
1/(t^2) sont intégrables sur[1 + ∞[ et donc,(cos(t))/(t^2) est intégrable sur[1 + ∞[ ,
∗lim_(t → + ∞)(cos(t))/(t^2) = 0 et donc,(cos(t))/(t^2) est intégrable sur[1 + ∞[ .
- Q4.2. : L'intégration par parties généralisée est souvent faite directement sans justification de convergence.
- Q5. : Le changement de variable
t = t^α ne peut pas fonctionner ! - Q6. : La comparaison série/intégrale est souvent évoquée mais, l'écriture
∑_(n = 1)^(+ ∞) = ∫_1^(+ ∞)φ(t)dt fait alors office de justification de la convergence de la série∑u_n . - Q7. : Attention aux majorations :
1/(n^2) + α/(n^(2 − α)) ⩽ 1/(n^2) ! - Q9.1. et 9.2. : Les candidats qui ont abordé cette question pensent bien à utiliser la première question.
Par contre, souvent, ils ne voient pas de problème de convergence malgré l'apparition de la série harmonique.
- Exercice 4.
- Q1. : Question assez mal réussie.
D'autres pensent qu'il s'agit d'un produit de Cauchy !
On a noté que beaucoup de candidats ont des difficultés à calculer la valeur prise par un polynôme en un point : si
- Q2.1. : Rappelons que ré-écrire l'énoncé ne rapporte pas de point.
- Q2.2. : Le caractère positif est très souvent omis par des candidats qui pensent que cela a été démontré dans la question précédente.
D'autre tentent en vain de prouver que :(P|P) ⩾ 0 ⟹ P ⩾ 0 . - Q3.1. : Si la somme de la série géométrique est en général sue il n'en est pas de même de l'ensemble de définition de
t ↦ ∑_(n = 0)^(+ ∞)t^n . - Q3.2. : On a remarqué dans cette question des confusions entre les variables :
e^(− nx) = o(1/(x^2)) et comme la série∑1/(x^2) converge il en est de même de la série∑e^(− nx) pour toutx > 0 ! - Q3.4. : On retrouve les erreurs classiques sur les puissance :
e^(− nx) = e^(− n)e^x et doncg(x) = e^(− n) × f(x) ! - Q3.4. -> Q4.3. : Ces questions sont très rarement abordées.
FIN
Luc VALETTE
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de maths e3a PC 2024 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de maths e3a PC 2024 ?
Sur l'algèbre linéaire (forme linéaire, réduction d'un endomorphisme), la loi de Poisson, les séries numériques et intégrales généralisées, et les espaces préhilbertiens avec une projection orthogonale.
Quelles erreurs le jury a-t-il relevées en maths e3a PC 2024 ?
Des hypothèses de théorèmes non vérifiées, une définition de l'indépendance mal connue, des confusions entre supplémentaire et complémentaire, des convergences non justifiées et de nombreuses erreurs de calcul sur les puissances.
Le sujet de maths e3a PC 2024 est-il faisable en première année ?
Le jury indique que les exercices parcouraient les parties classiques du programme de deuxième année de PC. Certaines questions d'algèbre linéaire reposent toutefois sur des notions de première année.
Faut-il traiter l'exercice de probabilités à l'e3a maths PC ?
Oui : le jury rappelle qu'il pose systématiquement un exercice de probabilités, alors que près de 30 % des candidats ne l'ont pas abordé en 2024.
Pas de description pour le moment
