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ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE PC

MATHÉMATIQUES

Durée : 4 heures

N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.

RAPPEL DES CONSIGNES

  • Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d'autres couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en évidence des résultats.
  • Ne pas utiliser de correcteur.
  • Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.

Les calculatrices sont interdites.

Le sujet est composé de quatre exercices indépendants.

EXERCICE 1

Soient E un ℝ-espace vectoriel de dimension n ⩾ 1 et u un endomorphisme de E, tel que :
u^2 − 3u + 2id_E = 0 (⋆)
où 0 désigne l'endomorphisme nul 0_(L(E)).
  1. L'endomorphisme u est il diagonalisable?
  2. Déterminer les valeurs propres possibles α et β de l'endomorphisme u. On choisira α inférieure à β.
  3. On pose alors v = u − αid_E et w = u − βid_E.
    3.1. Déterminer l'endomorphisme v − w et en déduire que E = Im(v) + Im(w).
    3.2. Préciser v ∘ w et w ∘ v.
    3.3. Prouver que Im(w) ⊂ Ker(v) et que Im(v) ⊂ Ker(w).
    3.4. Démontrer que E = Ker(v) ⊕ Ker(w).
  4. Comment peut-on déterminer une base de E dans laquelle la matrice de u est diagonale ?
  5. Application
Dans cette question, E est de dimension trois. On munit E de la base ℬ = (e_1, e_2, e_3) et, dans cette base, on définit l'endomorphisme u par sa matrice U = (1, 1, 0; 0, 2, 0; − 1, 1, 2).
5.1. Vérifier que u satisfait à la relation ( ⋆ ). On fera apparaître les calculs sur la copie.
5.2. Déterminer les matrices V et W des endomorphismes v et w définis à la question 3 .
5.3. Déterminer une base ℬ_1 de Ker(v) et une base ℬ_2 de Ker(w).
5.4. Déterminer une matrice diagonale D et une matrice inversible P telles que U = PDP^(− 1).

EXERCICE 2

Questions de cours

  1. Soit α un réel non nul.
Donner un développement limité à l'ordre 2 en 0 de la fonction x ↦ (1 − x)^α.
En déduire un équivalent de 1 − (1 − x)^α lorsque x tend vers 0 .
2. Soient a et b deux réels avec a > 0. Choisir sans justification l'expression correcte de a^b :
(A) e^(bln(a))
(B) e^(aln(b))
(C) e^(ln(a)ln(b)).

Soit n un entier supérieur ou égal à 2 .

  1. Pour tout k ∈ ℕ, on pose a_k = 1 − (1 − 1/(2^k))^(n − 1) et pour k ⩾ 1, u_k = a_(k − 1) − a_k.
    3.1. Montrer que la série de terme général u_k est convergente et calculer sa somme.
    3.2. Montrer que la série de terme général a_k est convergente.
On notera S_n sa somme que l'on ne cherchera pas à calculer.

4. Étude d'une variable aléatoire

4.1. Démontrer que ∀k ⩾ 1, u_k > 0.
4.2. Dans l'espace probabilisé ( Ω, A, ℙ ), on considère la variable aléatoire X_n à valeurs dans ℕ^∗ telle que, pour tout k > 0, ℙ(X_n = k) = λu_k, où λ est un réel. Déterminer λ.
4.3. Montrer que X_n admet une espérance et que 𝔼(X_n) = S_n.
5. Pour tout t réel, on pose f_0(t) = 0 et pour tout p ∈ ℕ^∗, f_p(t) = 1 − (1 − e^(− t))^p.
5.1. Pour tout entier naturel p, montrer que l'intégrale I_p = ∫_0^(+ ∞)f_p(t)dt est convergente.
5.2. Calculer I_(p + 1) − I_p pour tout entier naturel p.
5.3. En déduire que : ∑_(k = 1)^(n − 1)1/k = I_(n − 1).

6. Un encadrement

6.1. Prouver que, pour tout entier naturel non nul k, 1/(k + 1) ⩽ ∫_k^(k + 1)(dt)/t ⩽ 1/k.
6.2. En déduire que : ln(n) ⩽ I_(n − 1) ⩽ 1 + ln(n − 1).
7. Soit g_n la fonction définie sur ℝ_+par: ∀t ⩾ 0, g_n(t) = 1 − (1 − 2^(− t))^(n − 1) = 1 − (1 − 1/(2^t))^(n − 1).
Montrer que pour tout entier m ⩾ 2 :
∑_(k = 1)^m a_k ⩽ ∫_0^m g_n(t)dt ⩽ ∑_(k = 0)^(m − 1)a_k
  1. Soit β un réel strictement positif, montrer que l'on a :
∫_0^β g_n(v)dv = 1/(ln(2))∫_0^(βln(2))f_(n − 1)(u)du
  1. Démontrer que : 𝔼(X_n) − 1 ⩽ (I_(n − 1))/(ln(2)) ⩽ 𝔼(X_n).
  2. Donner un équivalent simple de S_n lorsque n tend vers l'infini.

EXERCICE 3

Soit n un entier supérieur ou égal à 2 .
On désigne par E un espace vectoriel euclidien de dimension n.
Le produit scalaire de deux vecteurs x et y de E est noté ⟨x|y⟩ et ‖x‖ représente la norme du vecteur x. Pour tout vecteur u non nul de E, on note φ_u l'application de E dans lui-même définie par :
∀x ∈ E, φ_u(x) = 2(⟨x|u⟩)/(⟨u|u⟩)u − x.

1. Étude de l'application φ_u

1.1. Montrer que φ_u est un endomorphisme de E.
1.2. En calculant φ_u ∘ φ_u, montrer que φ_u est un automorphisme de E et déterminer φ_u^(− 1).
1.3. Soit x appartenant à E, calculer ⟨φ_u(x)|φ_u(x)⟩.
1.4. En déduire que φ_u conserve le produit scalaire, c'est-à-dire que :
∀(x, y) ∈ E^2, ⟨φ_u(x)|φ_u(y)⟩ = ⟨x|y⟩.
1.5. On note D_u la droite vectorielle de base u et H_u = D_u^⊥.
Déterminer l'image de D_u par φ_u.
En déduire sans calcul que H_u est stable par φ_u.
1.6. Reconnaître alors la nature géométrique de l'endomorphisme φ_u et en donner les éléments caractéristiques.
2. Étude d'un exemple dans le cas n = 3
Soit H le sous-espace vectoriel de ℝ^3 muni de sa structure euclidienne canonique et constitué des vecteurs X = (x; y; z) tels que x + y + z = 0.
2.1. Donner la dimension et une base orthonormale de H^⊥.
2.2. Écrire la matrice dans la base canonique de ℝ^3 de la projection orthogonale sur H^⊥ puis celle de la projection orthogonale sur H.
2.3. Soit v un vecteur unitaire de H^⊥.
Écrire la matrice de φ_v dans la base canonique de ℝ^3.

3. Étude d'une réciproque

Soit ψ un endomorphisme de E tel qu'il existe une droite vectorielle Δ de E vérifiant :
∀x ∈ Δ, ψ(x) = x et ∀x ∈ Δ^⊥, ψ(x) = − x.
3.1. Montrer que ψ ∘ ψ = id_E et que ψ conserve le produit scalaire.
3.2. Montrer qu'il existe au moins un vecteur u de E tel que ψ = φ_u.

EXERCICE 4

Pour tout entier naturel n et tout réel x, on pose :
I_n(x) = ∫_0^1(1 − t^2)^n cos(tx)dt
  1. Étudier la parité des fonctions I_n.
  2. Prouver que les fonctions I_n sont de classe C^1 sur ℝ.
  3. Démontrer que, pour tout réel x et tout entier naturel n, I_n^′(x) = − x/(2(n + 1))I_(n + 1)(x).
  4. Prouver par récurrence sur l'entier naturel k, que la fonction I_n est, pour tout entier naturel n, de classe C^k sur ℝ.
Soit n un entier naturel fixé.

5. Calcul de I_n(0)

5.1. Déterminer, pour tout entier naturel p, une relation entre I_(p + 1)(0) et I_p(0).
5.2. En déduire l'expression de I_n(0) à l'aide de factorielles.
6. Calculer la somme : ∑_(k = 0)^n((− 1)^k)/((2k + 1)k!(n − k)!).
Le résultat sera exprimé à l'aide de factorielles.
7. Donner le développement en série entière au voisinage de 0 et son domaine de validité de la fonction u ↦ cos(u).
8. Montrer que la fonction I_n est développable en série entière au voisinage de 0 et déterminer le domaine de validité de ce développement.
Chaque coefficient sera donné sous forme d'une intégrale et on citera avec précision les théorèmes utilisés.
9. Quel résultat démontré antérieurement retrouve-t-on alors pour la fonction I_n ?

FIN

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