Centrale Mathématiques 1 PC 2012Sujet, corrigé et rapport du jury
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L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
Si
n et
k sont deux entiers naturels, on note
(n/k) le nombre de parties à
k éléments d'un ensemble à
n éléments.
I Approximation
I.A - Quelques calculs préliminaires
Dans cette sous-partie,
x est un nombre réel et
n est un entier naturel.
I.A.1) Montrer que∑_(k = 0)^n(n/k)x^k(1 − x)^(n − k) = 1 .
I.A.2) Montrer que∑_(k = 0)^n k(n/k)x^k(1 − x)^(n − k) = nx .
I.A.3) Montrer que∑_(k = 0)^n k(k − 1)(n/k)x^k(1 − x)^(n − k) = n(n − 1)x^2 .
I.A.4) Déduire des questions précédentes que
I.A.1) Montrer que
I.A.2) Montrer que
I.A.3) Montrer que
I.A.4) Déduire des questions précédentes que
I.B - Étude de
S(x)
Soit
n ∈ ℕ^∗ et
x ∈ [0, 1] . Le but de cette sous-partie est de majorer la somme
I.B.1) Majoration de
S(x) : première méthode
On note
-
V l'ensemble des entiersk ∈ {0, …, n} tels que|x − k/n| ⩽ 1/(√n) , -
W l'ensemble des entiersk ∈ {0, …, n} tels que|x − k/n| > 1/(√n) ,
et on pose
a) Montrer que
S_V(x) ⩽ 1/(√n) .
b) Montrer queS_W(x) ⩽ (x(1 − x))/(√n) .
c) En déduire queS(x) ⩽ 5/(4√n) .
I.B.2) Majoration deS(x) : seconde méthode
a) Écrire l'inégalité de Cauchy-Schwarz dans l'espaceℝ^(n + 1) muni de son produit scalaire canonique.
b) À l'aide de la question I.A.4, en déduire queS(x) ⩽ 1/(2√n) .
b) Montrer que
c) En déduire que
I.B.2) Majoration de
a) Écrire l'inégalité de Cauchy-Schwarz dans l'espace
b) À l'aide de la question I.A.4, en déduire que
I.
C - Application à l'approximation uniforme
Dans cette sous-partie, on note
C l'espace vectoriel des fonctions continues de [ 0,1 ] dans
ℝ . On munit
C de la norme de la borne supérieure, notée
‖‖_∞ :
Pour
f ∈ C et
n ∈ ℕ^∗ , on définit le
n -ième polynôme de Bernstein de
f , noté
B_n(f) , en posant, pour tout
x ∈ [0, 1]
Le but de cette sous-partie est d'étudier
‖B_n(f) − f‖_∞ lorsque
f est un élément de
C vérifiant une hypothèse additionnelle.
I.C.1) Un exemple
Si
f(x) = x^2 pour tout
x ∈ [0, 1] , déterminer, pour tout
n ∈ ℕ^∗ , le polynôme
B_n(f) et en déduire la valeur de
‖B_n(f) − f‖_∞ .
I.C.2) Soitf ∈ C . Montrer, pour tout
x ∈ [0, 1] , la relation
I.C.2) Soit
I.C.3) a) Montrer que si
f est
δ -lipschitzienne, alors
‖B_n(f) − f‖_∞ ⩽ δ/(2√n) pour tout entier
n ⩾ 1 .
b) En déduire que sif est de classe
C^1 , alors il existe un réel
c tel que, pour tout
n ∈ ℕ^∗, ‖B_n(f) − f‖_∞ ⩽ c/(√n) .
c) Étendre le résultat précédent au cas oùf est une fonction continue, de classe
C^1 par morceaux.
I.C.4) Soitf : [0, 1] → ℝ une fonction continue,
C^1 par morceaux. Déduire de ce qui précède que, pour tout réel
r > 0 , il existe un polynôme
P à coefficients réels tel que
∀x ∈ [0, 1], f(x) − r ⩽ P(x) ⩽ f(x) + r .
b) En déduire que si
c) Étendre le résultat précédent au cas où
I.C.4) Soit
II Un théorème de Hardy-Littlewood
Soit
(a_n)_(n ⩾ 0) une suite réelle. On suppose que la série entière associée
∑a_n x^n admet pour rayon de convergence
R_a = 1 et que la somme
f de cette série, définie par
vérifie
On note
Ainsi,
a˜_n est la moyenne arithmétique des nombres
a_0, …, a_n .
Le but de cette partie est d'étudier le comportement desa_n lorsque
n tend vers l'infini. On s'intéresse en particulier aux deux propriétés suivantes :
Le but de cette partie est d'étudier le comportement des
et
II.A - L'hypothèse II. 1 n'entraîne pas la propriété II. 2
II.A.1) Déterminer une suite réelle
(b_n)_(n ⩾ 0) telle que
II.A.2) En déduire un exemple de suite
(a_n)_(n ⩾ 0) vérifiant II. 1 mais ne convergeant pas vers 1 .
II.B - L'hypothèse II. 1 n'entraîne pas la propriété II. 3
II.B.1) Donner le développement en série entière de la fonction
t ↦ 1/((1 − t)^2) ainsi que son rayon de convergence. Préciser si la série converge aux bornes de l'intervalle de convergence.
II.B.2) On considère les fonctionsφ : x ↦ 1/((1 − x^2)^2) et
ψ : x ↦ 1/((1 + x)^2(1 − x)) . Déterminer des suites
(u_n)_(n ∈ ℕ) et
(v_n)_(n ∈ ℕ) telles que, pour tout
x ∈ ] − 1, 1[ ,
II.B.2) On considère les fonctions
On explicitera en fonction de
n , suivant la parité de
n , les réels
u_n et
v_n .
II.B.3) Calculerv˜_n (moyenne arithmétique des nombres
v_0, …, v_n ).
II.B.4) Construire à l'aide deψ un exemple de suite
(a_n)_(n ⩾ 0) vérifiant II. 1 mais ne vérifiant pas la propriété II.3.
II.B.3) Calculer
II.B.4) Construire à l'aide de
Jusqu'à la fin de cette partie, on continue de supposer II. 1 et on fait l'hypothèse supplémentaire :
L'objectif principal, après quelques observations concernant la suite
(a˜_n)_(n ⩾ 0) , est de démontrer la propriété II. 3 (théorème de Hardy et Littlewood).
II.C - Majoration de la suite(a˜_n)_(n ⩾ 0)
II.C.1) Pour toutx ∈ [0, 1[ et tout
n ∈ ℕ , montrer que
f(x) ⩾ A_n x^n .
II.C.2) Montrer l'existence d'un entierN > 0 tel que
II.C - Majoration de la suite
II.C.1) Pour tout
II.C.2) Montrer l'existence d'un entier
II.C.3) En déduire que la suite
(a˜_n)_(n ⩾ 0) est majorée.
II.D - Minoration, à partir d'un certain rang, de(a˜_n)_(n ⩾ 0) par un réel
> 0
II.D - Minoration, à partir d'un certain rang, de
On désigne par
μ > 0 un majorant de la suite
(a˜_n)_(n ⩾ 0) : ∀n ∈ ℕ, a˜_n ⩽ μ .
II.D.1) a) Pour toutx ∈ ] − 1, 1[ , montrer que
(1 − x)∑_(k = 0)^(+ ∞)A_k x^k = f(x) .
b) En déduire que pour toutx ∈ [0, 1[ et tout
N ∈ ℕ^∗
II.D.1) a) Pour tout
b) En déduire que pour tout
c) En déduire que pour tout
x ∈ [0, 1[ et tout
N ∈ ℕ^∗
II.D.2) Soit
λ un réel strictement positif.
a) Montrer qu'il existe un entierN_0 > 0 tel que pour tout
N ⩾ N_0 ,
a) Montrer qu'il existe un entier
b) Montrer que pour tout
N ⩾ N_0
c) Déterminer en fonction de
λ la limite, quand
N tend vers l'infini, du membre de droite dans l'inégalité précédente.
d) Montrer qu'il existe un réelλ > 0 tel que cette limite soit strictement positive.
II.D.3) Conclure qu'il existe un réelν > 0 tel qu'à partir d'un certain rang on ait
a˜_n ⩾ ν .
d) Montrer qu'il existe un réel
II.D.3) Conclure qu'il existe un réel
II.E - Démonstration de la propriété II.3, due à Karamata
Soit
g : [0, 1] → ℝ la fonction telle que
g(x) = 1/x si
x ⩾ e^(− 1) et
g(x) = 0 sinon.
On fixe un réelε ∈ ]0, e^(− 1)[ . On définit deux applications continues
g^+, g^− : [0, 1] → ℝ ainsi :
− g^+ est affine sur
[e^(− 1) − ε, e^(− 1)] et coüncide avec
g sur
[0, e^(− 1) − ε] ∪ [e^(− 1), 1] ;
On fixe un réel
-
g^− est affine sur[e^(− 1), e^(− 1) + ε] et coïncide avecg sur[0, e^(− 1)[ ∪ [e^(− 1) + ε, 1] .
Pour tout entier
N > 0 on pose
x_N = e^(− 1/N) .
On rappelle que dans cette sous-partie, on fait les hypothèses II. 1 et II. 4
II.E.1) Calculer∫_0^1 g^+(t)dt et
∫_0^1 g^−(t)dt .
II.E.2) SoitP un polynôme à coefficients réels. Montrer que
On rappelle que dans cette sous-partie, on fait les hypothèses II. 1 et II. 4
II.E.1) Calculer
II.E.2) Soit
On considérera d'abord le cas particulier
P(x) = x^k , où
k ∈ ℕ .
II.E.3) Établir l'existence de deux polynômesP, Q à coefficients réels tels que :
II.E.3) Établir l'existence de deux polynômes
II.E.4) Établir l'existence d'un entier
N_1 > 0 tel que pour tout entier
N ⩾ N_1 ,
et
II.E.5) Déduire des trois questions précédentes que pour tout entier
N ⩾ N_1
II.E.6) Conclure.
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