WikiPrépaLivrets

Pour tout z∈Cz \in \mathbb{C} tel que ∣z∣<1|z| < 1, on définit les deux produits infinis suivants :

P1(z)=∏k=1+∞(1+zk)etP2(z)=∏k=1+∞(1−z2k−1)P_1(z) = \prod_{k=1}^{+\infty} (1+z^k)   \text{et}   P_2(z) = \prod_{k=1}^{+\infty} (1-z^{2k-1})

On pose alors f(z)=P1(z)P2(z)f(z) = P_1(z) P_2(z).

  1. Montrer que ff est bien définie pour ∣z∣<1|z| < 1.
  2. En exprimant 1+zk1+z^k sous forme d'un quotient, simplifier l'expression de f(z)f(z).

1.

Pour la question 1, utiliser la convergence de la série géométrique ∑∣z∣k\sum |z|^k.

2.

Pour la question 2, utiliser l'identité 1+w=1−w21−w1+w = \frac{1-w^2}{1-w} et regarder le produit partiel ∏k=1N1−z2k1−zk\prod_{k=1}^N \frac{1-z^{2k}}{1-z^k}.

Idées clés

•

Convergence absolue des produits infinis.

•

Manipulation de produits télescopiques ou de regroupement.

•

Séparation des indices pairs et impairs.

Résolution.

  1. La convergence des produits ∏(1+zk)\prod (1+z^k) et ∏(1−z2k−1)\prod (1-z^{2k-1}) est assurée par la convergence absolue des séries ∑zk\sum z^k et ∑z2k−1\sum z^{2k-1} pour ∣z∣<1|z| < 1. Ces deux séries sont des séries géométriques (ou des sous-familles de la série géométrique) dont la raison est de module strictement inférieur à 1.
    f est bien deˊfinie sur le disque uniteˊ ouvert D(0,1).\boxed{ f \text{ est bien définie sur le disque unité ouvert } D(0,1). }

  2. Utilisons l'identité suggérée : 1+zk=1−z2k1−zk1+z^k = \frac{1-z^{2k}}{1-z^k}. Le produit partiel de P1(z)P_1(z) s'écrit :
    ∏k=1N(1+zk)=∏k=1N1−z2k1−zk=∏k=1N(1−z2k)∏k=1N(1−zk)\prod_{k=1}^{N} (1+z^k) = \prod_{k=1}^{N} \frac{1-z^{2k}}{1-z^k} = \frac{\prod_{k=1}^{N} (1-z^{2k})}{\prod_{k=1}^{N} (1-z^k)}
    En passant à la limite quand N→+∞N \to +\infty :
    P1(z)=∏k=1+∞(1−z2k)∏k=1+∞(1−zk)P_1(z) = \frac{\prod_{k=1}^{+\infty} (1-z^{2k})}{\prod_{k=1}^{+\infty} (1-z^k)}
    Or, l'ensemble des entiers naturels non nuls N∗\mathbb{N}^* est la réunion disjointe des entiers pairs et des entiers impairs. On peut donc séparer le produit au dénominateur :
    ∏k=1+∞(1−zk)=(∏p=1+∞(1−z2p))×(∏p=1+∞(1−z2p−1))\prod_{k=1}^{+\infty} (1-z^k) = \left( \prod_{p=1}^{+\infty} (1-z^{2p}) \right) \times \left( \prod_{p=1}^{+\infty} (1-z^{2p-1}) \right)
    En réinjectant cette égalité dans l'expression de P1(z)P_1(z), on obtient par simplification des termes pairs :
    P1(z)=∏k=1+∞(1−z2k)(∏k=1+∞(1−z2k))(∏k=1+∞(1−z2k−1))P_1(z) = \frac{\prod_{k=1}^{+\infty} (1-z^{2k})}{\left( \prod_{k=1}^{+\infty} (1-z^{2k}) \right) \left( \prod_{k=1}^{+\infty} (1-z^{2k-1}) \right)}
    D'où :
    P1(z)=1∏k=1+∞(1−z2k−1)=1P2(z)P_1(z) = \frac{1}{\prod_{k=1}^{+\infty} (1-z^{2k-1})} = \frac{1}{P_2(z)}
    On en déduit finalement :
    f(z)=1\boxed{ f(z) = 1 }

Vérifier la non-annulation des dénominateurs lors de la simplification.

La décomposition d'un produit sur tous les entiers en produits sur les pairs et les impairs est une technique classique.